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« Femme, vie, liberté » : un cri qui traverse des frontières

« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. […] » – Simone Veil. Le slogan “Femme, Vie, Liberté”, né en Iran et repris dans de nombreux mouvements féministes à travers le monde, symbolise le combat pour les droits des femmes : vivre librement, disposer de son corps et de son avenir, et participer pleinement à la société. Si ce cri de liberté résonne dans les pays où les droits des femmes sont attaqués, il nous oblige à interroger nos propres sociétés et à mesurer ce que signifie vraiment être libre. « Afghanistan : un miroir des luttes pour les droits des femmes » En Afghanistan sous le régime des Talibans, ce combat est une question de survie. Depuis 2021, les femmes afghanes subissent des restrictions sévères : interdiction d’aller à l’université, limitation de l’accès à l’emploi, obligation de se couvrir entièrement, interdiction de pratiquer un sport ou de s’exprimer ou chanter en public. Ces femmes peuvent être victimes de violence physique ou sociale si elles osent protester. Pour elles, “Femme, Vie, Liberté” n’est pas un slogan abstrait, mais un cri pour préserver leur existence et leur dignité. Comparer les sociétés occidentales et l’Afghanistan peut surprendre, mais cela souligne l’importance de la vigilance. Dans les pays occidentaux, la liberté des femmes est souvent perçue comme acquise, ce qui peut engendrer l’indifférence face aux inégalités persistantes, contrairement aux autres pays, où les femmes ont conscience que leurs droits ne sont pas garantis. Les sociétés occidentales face à la question de la liberté Dans les sociétés occidentales, la situation est différente mais pas parfaite. Les droits des femmes y sont légalement protégés : accès à l’éducation, égalité professionnelle, droit à disposer de son corps (avortement inscrit dans la constitution en France). Pourtant, des inégalités persistent : écart salarial, violences sexuelles et sexistes, représentation insuffisante dans la politique et les entreprises ainsi que les pressions sociales qui dictent souvent le rôle des femmes. Le slogan “Femme, Vie, Liberté” nous rappelle que la liberté n’est pas seulement juridique, mais qu’elle nécessite aussi d’une égalité de fait. La lutte pour les droits des femmes : un combat toujours d’actualité Pour les libéraux, les droits des femmes restent un combat de chaque instant. Ils sont le fruit de combats menés avec force et courage et une vigilance qui jamais ne doit faiblir. Un exemple belge de femme ayant mené un combat sans relâche pour les droits des femmes et filles est Marie Popelin. Dans certains pays, les femmes subissent encore des violences et leurs droits sont remis constamment en question comme s’ils n’étaient que des accessoires. En Iran, la mort de Mahsa Amini en 2022, arrêtée pour « port du voile jugé incorrect » a redéclenché un mouvement massif de manifestations, sous le slogan « Femme, Vie, Liberté » ; symbole de la résistance contre l’oppression. Conclusion “Femme, Vie, Liberté” n’est pas seulement un cri universel qui transcende les frontières. Il est un rappel que la liberté et l’égalité des femmes sont à la fois des droits fondamentaux et une responsabilité collective. Protéger et défendre les droits des femmes est ainsi un combat global et quotidien, car la liberté d’une femme est un indicateur de la liberté de tous. Shana Rojtman – Van Wynsberghe Journaliste

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La situation des femmes dans le monde : entre progrès et défis persistants

À l’occasion de la Semaine des droits des femmes, il est essentiel de dresser un bilan de la situation des femmes à travers le monde. Alors que des avancées majeures ont été réalisées, les inégalités persistent, rappelant que l’égalité réelle reste un combat quotidien. La Belgique a écrit certaines des plus belles pages de l’histoire des droits des femmes en Europe. Les femmes ont obtenu le droit de vote pour les élections communales le 15 avril 1920. Figure emblématique, Jane Brigode, féministe et première femme à présider un parti, le parti liberal, entre 1937 et 1947, a marqué l’histoire par son engagement pour le suffrage féminin. Pourtant, il faudra attendre 1948 pour que les Belges accordent enfin le droit de vote aux femmes. Aujourd’hui, la Belgique se distingue par une représentation politique féminine relativement élevée, avec près de 42 % de députées à la Chambre. Cependant, les inégalités salariales persistent, les femmes gagnant en moyenne 20 % de moins que les hommes (bien que ce chiffre reste à nuancer), et les violences conjugales restent un fléau, selon l’IWEPS, ce sont en moyenne trois plaintes déposées chaque jour. En Europe, des avancées inégales En Islande, pays souvent cité en exemple, l’égalité salariale est une réalité depuis 2018, grâce à une législation stricte imposant aux entreprises de prouver qu’elles rémunèrent équitablement leurs employés. À l’inverse, en Pologne, les droits des femmes reculent : l’accès à l’avortement est quasi impossible depuis 2020, et les manifestations pour les droits reproductifs sont réprimées. En France, malgré des lois ambitieuses contre les violences conjugales, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint. En Afrique, entre traditions et modernité Au Rwanda, les femmes occupent 61 % des sièges au Parlement, un record mondial. Cette avancée s’explique par des quotas stricts et une volonté politique forte après le génocide de 1994. Pourtant, dans d’autres pays africains, les traditions pèsent lourd : au Niger, le taux de mariage précoce atteint 76 %, et l’accès à l’éducation reste un privilège pour les filles. En Afrique du Sud, malgré une constitution progressiste, les violences faites aux femmes sont endémiques, avec plus de 10 000 viols signalés chaque année. En Asie, des contrastes saisissants En Inde, les femmes sont de plus en plus présentes dans les secteurs technologiques et politiques, mais les violences sexuelles et les discriminations restent monstrueuses. En 2022, près de 32 000 viols ont été enregistrés, et les mariages forcés persistent dans les zones rurales. À l’inverse, en Corée du Sud, les femmes sont parmi les mieux éduquées au monde, mais elles subissent une pression sociale intense, avec des taux de suicide féminins parmi les plus élevés de l’OCDE. En Amérique, des combats toujours d’actualité Aux États-Unis, l’annulation de l’arrêt Roe v. Wade en 1973 a marqué un recul historique pour les droits des femmes, laissant chaque État libre d’interdire ou de restreindre l’avortement. Au Brésil, sous la présidence de Jair Bolsonaro, les politiques conservatrices ont affaibli les droits, tandis qu’en Argentine, la légalisation de l’avortement en 2020 a marqué une victoire majeure pour les féministes. En Belgique aussi, le combat continue Si la Belgique peut s’enorgueillir de certaines avancées, comme une parité en politique ou la reconnaissance des violences conjugales comme crime, le chemin vers l’égalité réelle est encore long. Les inégalités salariales, le plafond de verre dans les entreprises, et la charge mentale inégale au sein des foyers rappellent que les droits des femmes ne sont jamais définitivement acquis. La Semaine des droits des femmes est l’occasion de rappeler que chaque progrès est le fruit de luttes, et que la vigilance reste de mise, y compris dans un pays aussi avancé que le nôtre. Et vous, que pensez-vous des défis qui restent à relever pour l’égalité femmes-hommes en Belgique et dans le monde ? Justin Thomas Journaliste

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Interdire les réseaux sociaux aux jeunes : solution ou illusion ?

Depuis le 10 décembre, les jeunes Australiens de moins de 16 ans n’ont officiellement plus accès aux réseaux sociaux. Une première mondiale qui suscite beaucoup d’attention. Cette initiative pourrait bien annoncer une tendance plus large, car plusieurs pays européens envisagent des mesures similaires. La France s’est déjà engagée dans cette voie. Le 26 janvier dernier, une loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans a été adoptée. Son application est prévue entre septembre 2026 et janvier 2027. En Belgique, les ministres Matz et Galant plaident également pour une interdiction similaire au niveau européen. Les dangers des réseaux sociaux pour les jeunes ne sont plus à démontrer. Addiction aux écrans, cyberharcèlement, exposition à des contenus violents ou sexuels ou encore pression sociale permanente font désormais partie des préoccupations majeures. Face à ces risques, l’interdiction apparaît pour certains comme une solution évidente. Mais est-elle réellement efficace pour résoudre ces problèmes ? Aujourd’hui, le seul cas concret que l’on peut analyser est celui de l’Australie, qui applique cette interdiction depuis deux mois. Les plateformes ont dû mettre en place des systèmes de vérification de l’âge des utilisateurs. Les méthodes varient. Certaines demandent des documents d’identité tandis que d’autres utilisent l’intelligence artificielle ou la reconnaissance faciale afin d’estimer l’âge des utilisateurs. Ces technologies restent toutefois imparfaites et soulèvent des questions importantes en matière de protection de la vie privée. La réforme a eu un premier effet immédiat avec la suppression massive de comptes appartenant à des mineurs. Meta a ainsi supprimé environ 544 000 comptes sur ses plateformes. D’autres entreprises, comme Snapchat, ont préféré suspendre les comptes des utilisateurs concernés jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge requis. Au total, les autorités australiennes estiment que près de 4,7 millions de comptes auraient été supprimés ou restreints en un mois. Cependant, cette interdiction a également provoqué des effets collatéraux. De nombreux jeunes se sont tournés vers des plateformes qui ne sont pas concernées par la loi, notamment des messageries comme Messenger ou WhatsApp, mais aussi vers d’autres applications émergentes comme Yope. Par ailleurs, des stratégies de contournement apparaissent rapidement. On observe l’utilisation de VPN, la falsification de dates de naissance ou encore l’emprunt de comptes appartenant à des proches plus âgés. Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur l’efficacité de cette réforme. Néanmoins, ces premières observations confirment certaines inquiétudes. Une interdiction ne peut fonctionner que si elle s’accompagne de conditions très strictes. Une vérification fiable de l’identité des utilisateurs serait nécessaire, par exemple via un lecteur de carte d’identité ou un système d’identification numérique comme Itsme. Il serait également important de proposer des alternatives plus sûres. Il apparait en effet primordial de développer des réseaux sociaux alternatifs mieux régulés et idéalement européens, qui offriraient un environnement plus protecteur pour les jeunes utilisateurs. Sans cela, le risque est réel de voir les adolescents se tourner vers des plateformes encore moins encadrées que celles qui existent aujourd’hui. Par ailleurs, une interdiction ne doit pas faire oublier un élément fondamental. L’éducation aux médias et au numérique reste essentielle. Les jeunes, mais aussi les adultes, doivent apprendre à comprendre les mécanismes des réseaux sociaux, leurs droits et leurs responsabilités, ainsi que les conséquences de leurs comportements en ligne. Enfin, une question essentielle se pose. Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans ne résoudra pas les dérives qui existent déjà sur ces plateformes. Les jeunes y auront de toute façon accès quelques années plus tard et seront alors confrontés aux mêmes comportements que ceux que l’on observe aujourd’hui, souvent alimentés par des adultes eux-mêmes. C’est pourquoi il est également nécessaire de rappeler une règle simple. Le droit s’applique aussi sur Internet et les comportements inacceptables dans la vie réelle ne devraient pas devenir tolérables derrière un écran. Martin De Meulemeester Journaliste

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Vivre entre mes balles: une vie dans la peur.

Depuis plusieurs mois, il est difficile de ne pas ressentir la pression qui pèse sur les habitants de plusieurs communes du pays. En cause : la recrudescence des fusillades en ce début d’année 2025. Si ce phénomène n’est pas nouveau, le fait que de plus en plus de civils soient touchés — blessés ou tués — alarme profondément. À Anderlecht, la commune la plus touchée, les habitants vivent dans une inquiétude croissante. Je souhaite ici partager les émotions, les peurs et les réflexions de ceux qui, au quotidien, voient leur environnement devenir de plus en plus menaçant. LE CONTEXTE En 2024, on a recensé 92 fusillades dans la région de Bruxelles-Capitale, selon la police fédérale. Interrogée par la RTBF en février 2025, Astrid De Schutter, chercheuse à l’Institut flamand de la paix, confirmait que « la plupart des violences à Bruxelles sont effectivement liées au milieu de la drogue ». Ce lien est bien connu, même si la proportion exacte des fusillades réellement imputables à ces réseaux reste floue. La majorité, néanmoins, le serait. Cette situation impactait évidemment les habitants des communes les plus touchées, mais ceux-ci trouvaient encore le moyen de se rassurer. « Si l’on ne traînait pas la nuit dans les endroits sensibles, on n’avait rien à craindre », confiaient certains. Des fusillades non liées au trafic de drogue existaient toutefois déjà. Moins nombreuses, certes, mais bien présentes. En août 2024, un père de famille a été tué lors d’une intrusion à domicile à Ixelles. En octobre de la même année, un homme a été blessé par balle à Cureghem alors qu’il se rendait à la boulangerie. On parlait alors de malchance. LA SITUATION ACTUELLE En 2025, la situation semble avoir chamboulé la tendance. Les victimes civiles des fusillades sont plus nombreuses. Sur base d’une analyse des fusillades survenues en ce début d’année, 33 % des victimes ne semblent pas être liées au trafic de drogue (contre 14 % en 2024). Ce qui relevait autrefois d’un règlement de comptes entre dealers est désormais devenu une véritable affaire de sécurité publique. Autrefois, se balader en rue le soir n’était pas recommandé à Anderlecht. Aujourd’hui, cela devient presque impossible sans entendre, sur un ton à la fois humoristique et inquiet : « Attention à ne pas te faire tirer dessus ». Le sentiment d’abandon grandit parmi les riverains. Beaucoup disent ne plus se sentir protégés, ni par la police ni par les autorités communales. Certains envisagent de déménager, tandis que d’autres créent des groupes de vigilance sur les réseaux sociaux. La peur n’est plus une émotion passagère : elle est devenue une norme dans l’une des communes les plus peuplées du royaume. Le constat est brutal mais réel : les victimes de fusillades ne sont plus uniquement des trafiquants de drogue, mais aussi des civils. La faute à qui ? À des tireurs de plus en plus jeunes et facilement recrutables, ou à une explosion des violences liées au trafic de drogue ? Pourtant, les chiffres ne semblent pas confirmer cette dernière hypothèse. Le problème semble donc se situer ailleurs. Mais où ? L’AVIS DES PARTIS ET DE LEURS ORGANISATIONS DE JEUNESSE SUR LA LÉGALISATION DU CANNABIS Le MR et les Jeunes MR Le MR est contre la légalisation du cannabis. Son président, Georges-Louis Bouchez, déclarait au micro de LN24 en avril dernier : « Pourquoi on le ferait pour le cannabis et pas pour les autres drogues ? C’est envoyer un signal très négatif à un moment où on devrait plutôt dire à nos concitoyens : “La drogue, ça détruit des États, ça détruit des vies, des familles.” On doit lutter contre. » Il estime également qu’il serait judicieux d’appliquer des sanctions aux consommateurs. Selon lui : « Aujourd’hui, quelqu’un qui fume son pétard doit savoir qu’il a peut-être financé les talibans (…) Quelqu’un qui prend de l’héroïne les a aussi financés. C’est la réalité géopolitique. » Les Jeunes MR, en revanche, sont historiquement pour la légalisation du cannabis. Ils plaident pour un encadrement rigoureux ainsi que pour des investissements dans la prévention et la sensibilisation. Cette divergence n’est pas nouvelle. En 2014 déjà, la présidente des Jeunes MR expliquait à la RTBF : « La situation actuelle est hypocrite : on autorise la détention, mais on interdit la vente. » Le PS et les Jeunes Socialistes Le PS est pour la légalisation du cannabis. Le député et vice-président du PS bruxellois, Martin Casier, explique que cette position s’inscrit dans un contexte d’augmentation de la consommation de drogues dures et de l’omniprésence de réseaux criminels et mafieux dans notre pays. Le PS plaide pour une légalisation encadrée par des balises claires : accès interdit aux mineurs, taxation ciblée, interdiction de la publicité, production limitée et autorisée sous conditions strictes. En parallèle, le parti soutient la création de structures locales de réduction des risques, de traitement, ainsi qu’un renforcement des services de police et de justice pour lutter contre le trafic de drogues à grande échelle. Du côté des Jeunes Socialistes, la position est proche de celle du parti, selon un membre de l’organisation que nous avons contacté. Les Engagés et Génération Engagée Les Engagés sont pour la légalisation du cannabis. Sur leur site internet, ils défendent un modèle dans lequel l’État produirait le cannabis, assurerait la prévention et accompagnerait les consommateurs. Ils soutiennent également le cannabis thérapeutique comme alternative aux dérivés morphiniques. Selon eux, la répression actuelle favorise la stigmatisation, l’exclusion sociale et l’entrée dans la délinquance. Génération Engagée, l’organisation de jeunesse du parti, n’a pas encore débattu officiellement de la question. Son président, Noah Devillers, se dit toutefois personnellement favorable à la légalisation, tout en précisant que cette position n’engage que lui. Une ligne officielle reste à définir, mais une dynamique semble se dessiner. Ecolo et EcoloJ Ecolo est pour la légalisation du cannabis. Dans leur programme 2024, ils proposent de réglementer le marché afin de mieux contrôler la production et la distribution. Cela passerait notamment par une interdiction de la publicité, des contrôles stricts du

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De la jungle aux docks : la Belgique, plaque tournante du trafic mondial

Aujourd’hui, la Belgique et les Pays-Bas sont devenus les principales portes d’entrée du trafic de drogues en Europe. En 2023, une année record, pas moins de 116 tonnes de cocaïne ont été saisies dans les ports belges. Sachant que les saisies ne représentent qu’une fraction, souvent infime, du marché global, on peut aisément imaginer l’ampleur colossale des quantités qui échappent encore aux contrôles. À cela s’ajoutent d’autres substances comme le cannabis, les drogues de synthèse (ecstasy, kétamine, amphétamines, GHB, LSD, etc.) ou encore l’héroïne. Pour comprendre ce phénomène, il faut s’interroger sur trois éléments : d’où viennent ces drogues ? Pourquoi la Belgique est-elle devenue une plaque tournante du trafic mondial ? Et que deviennent ces substances une fois arrivées dans notre plat pays ? Le cannabis : fumer local La drogue la plus consommée en Belgique est le cannabis. Elle est principalement produite localement, en Belgique ou aux Pays-Bas, dans des serres indoor illégales. Quelques projets pilotes encadrés par l’État existent aux Pays-Bas, mais le cannabis consommé en Belgique provient quasi exclusivement de filières clandestines. Ces cultures nécessitent un environnement précis : éclairage puissant, ventilation, filtres anti-odeur, chauffage climatisé et surtout une grande consommation d’énergie. Les anomalies de consommation signalées par les fournisseurs d’énergie, des branchements électriques illégaux, des odeurs suspectes ou encore des mouvements inhabituels peuvent alerter la police. Des caméras thermiques sont parfois utilisées pour détecter la chaleur des lampes. Bien qu’une part importante du cannabis soit cultivée sur place, on assiste aussi à des importations en provenance du Maroc, d’Espagne, du Pakistan, du Canada ou encore des États-Unis. La cocaïne : du laboratoire clandestin à nos ports La cocaïne provient principalement de Colombie, du Pérou et de Bolivie. Les feuilles de coca y sont transformées, d’abord en pâte brune à l’aide de solvants toxiques, puis en chlorhydrate de cocaïne dans des laboratoires sophistiqués, souvent situés en zones contrôlées par des groupes armés. Une fois compactée, emballée et camouflée chimiquement ou olfactivement, la cocaïne entame son voyage vers l’Europe via les ports d’Amérique du Sud, d’Afrique de l’Ouest ou des Caraïbes. Pourquoi Anvers ? Le port d’Anvers présente plusieurs « avantages » pour les trafiquants : Un volume colossal : plus de 12 millions de conteneurs y transitent chaque année. Moins de 2 % sont contrôlés, un ratio insuffisant pour enrayer le trafic. La fluidité commerciale : un contrôle accru ralentirait la chaîne logistique, essentielle à l’économie. Cela limite donc les capacités d’inspection. Une infiltration criminelle : le nombre élevé d’intermédiaires et d’employés sur place favorise les risques de corruption. Une situation stratégique : proche de Rotterdam, connecté à l’Europe entière, Anvers est un hub idéal pour la redistribution rapide des cargaisons illicites. 2024 : Moins de saisies, mais plus de questions En 2024, les saisies de cocaïne à Anvers ont chuté drastiquement : de 122 tonnes en 2023 à 44 tonnes. Une bonne nouvelle ? Pas vraiment. Car la production mondiale, elle, continue de grimper : entre 2014 et 2022, elle est passée de 869 à 2757 tonnes (+217 %). Rien qu’entre 2022 et 2023, on observe une augmentation de 34 %. En parallèle, les prix au kilo chutent, signe d’une offre qui reste abondante. L’analyse des eaux usées dans plusieurs villes européennes confirme une consommation toujours élevée. Autrement dit, la baisse des saisies reflète surtout l’adaptation des trafiquants, non une diminution du trafic. On peut donc expliquer cette chute de saisies par l’adaptation rapides des méthodes criminelles. Voici ce qui a été observé récemment : Une augmentation du nombre de cargaisons et une diminution des quantités par cargaison, pour réduire les pertes en cas d’interception. Une diversification des routes en passant par l’Afrique de l’Ouest, la mer Noire ou des ports secondaires pour brouiller les pistes. Des dissimulations chimiques : la cocaïne est intégrée dans du plastique, du charbon, ou de la pulpe de fruits, puis extraite dans des laboratoires clandestins en Europe. L’héroïne : une filière en mutation Si la cocaïne domine les saisies, l’héroïne continue de transiter par la Belgique. Traditionnellement produite en Afghanistan, la production a chuté de 95 % depuis 2022 en raison de l’interdiction du pavot par les talibans. Mais les stocks constitués auparavant suffisent encore à alimenter le marché. Les trafiquants s’adaptent en relocalisant la production : Iran, Pakistan, Tanzanie, Birmanie… L’héroïne suit plusieurs routes : la route des Balkans (Turquie, Serbie, Europe occidentale), la route sud (Afrique du Nord) ou encore la route du Caucase. En Belgique, elle entre souvent par voie terrestre, via les pays voisins. Les drogues de synthèses : une industrie belge et néerlandaise Contrairement à l’héroïne, les drogues de synthèse (MDMA, amphétamines, méthamphétamines) sont produites en Europe, notamment en Belgique et aux Pays-Bas, dans des laboratoires clandestins à la logistique impressionnante. Les produits chimiques de base viennent souvent de Chine ou d’Inde. Les laboratoires belges produisent pour le marché local mais aussi pour l’exportation (Europe de l’Est, Scandinavie, Australie). Un exemple marquant : en juillet 2025, un laboratoire en Espagne opéré par un réseau néerlandais produisait jusqu’à 100 kg de MDMA par semaine. 5.    Les NPS : une nouvelle menace insaisissable Les nouvelles substances psychoactives (NPS) représentent un défi croissant. Synthétisées pour imiter les effets de drogues existantes tout en contournant les législations, ces substances – parfois appelées “legal highs” – évoluent à une vitesse vertigineuse. Souvent vendues comme “sels de bain”, “encens” ou “produits de recherche”, elles sont importées depuis la Chine ou l’Inde et redistribuées via des plateformes en ligne ou des circuits parallèles. Les effets sont mal connus, parfois dangereux, et les autorités ont souvent un temps de retard sur leur classification. En Belgique, plusieurs cas d’intoxication sévère ont été recensés ces dernières années, notamment chez les jeunes. Ces substances posent un véritable casse-tête juridique et sanitaire. Une fois en Belgique ? Une distribution bien rodée Une fois les drogues arrivées en Belgique, elles sont rapidement prises en charge par des réseaux locaux de distribution. La cocaïne est souvent divisée en petites quantités dans des lieux de stockage temporaires, avant d’être redistribuée dans

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Débrief’ mag | n°04

Je suis ravie de vous proposer cette nouvelle édition du Debrief !L’aventure a commencé en décembre 2024, lorsque j’ai rejoint les Jeunes MR. Dès janvier 2025, nous avons lancé les candidatures pour former une nouvelle équipe. On m’avait dit que « le magazine devait renaître de ses cendres » et j’ai eu la chance de superviser cette renaissance. Reprendre un magazine qui a changé de nom et de visage au fil des années représentait un vrai défi… mais quel plaisir de le relever, surtout en voyant l’énergie et la motivation de notre nouvelle équipe !Cette reprise du Debrief s’est faite avec un immense enthousiasme. Chacun a apporté sa créativité, son regard et sa passion. C’est grâce à eux que ce magazine retrouve aujourd’hui sa voix. Nous ne sommes peut-être pas nombreux, mais nous avons à cœur de faire vivre un média qui sensibilise, questionne et inspire.Pour rester proches de vous, nous avons relancé l’Instagram du magazine et publié un article chaque semaine, afin de partager nos réflexions et nos découvertes.Le dossier de ce numéro nous a particulièrement touchés. Il aborde un sujet difficile mais essentiel : la Drogue. Un vrai fléau qui touche de plus en plus notre quotidien. Il nous a semblé important d’en parler, d’en explorer toutes les dimensions, visibles comme invisibles. C’est un sujet complexe, mais nécessaire, et nous espérons que ce dossier vous apportera des clés pour mieux le comprendre.Nous vous souhaitons une excellente lecture, en espérant que ce numéro vous fera réfléchir, vous informera et, pourquoi pas, vous donnera envie d’agir pour faire bouger les choses. Mona BencheikhCoordinatrice des projets locaux

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Roumanie 2025 : ingérence numérique, fragilité démocratique

Les rues de Buzău sont désertes ce dimanche après-midi. Après avoir été dans les bureaux de vote, les dizaines de milliers d’électeurs qui composent cette ville de l’Est de la Roumanie sont désormais rivés à leur télévision. Le pays a traversé une période de fortes tensions politiques, mais a finalement choisi la voie de la continuité démocratique. Dimanche 18 mai, Nicusor Dan, maire centriste de Bucarest et indépendant pro européen, a remporté le second tour de l’élection présidentielle avec 54 % des voix, battant le candidat de l’Alliance pour l’unité des Roumains (AUR), George Simion. Tout au long de la campagne, ce dernier s’est imposé comme l’homme fort dans les régions rurales, orthodoxes et moins favorisées. Selon Le Monde, « un fort sentiment d’humiliation et de frustration vis-à-vis de l’Ouest alimente l’euroscepticisme. La rhétorique flamboyante de Simion – surtout sur les réseaux sociaux –, son opposition à l’aide militaire à l’Ukraine, ses attaques contre la presse et son discours nationaliste l’ont imposé comme le héraut d’un ressentiment populaire anti-système. Une dynamique qui rappelle à plus d’un titre celle du trumpisme aux États-Unis. Cette victoire, saluée par les capitales européennes, intervient à l’issue d’un processus électoral chaotique, marqué par des ingérences étrangères et un soupçon de manipulation numérique. C’est peu dire que cette présidentielle roumaine a déjoué tous les scénarios. Le premier tour initial, en novembre 2024, avait été annulé par la Cour constitutionnelle, après la percée inattendue de l’extrême droite. Le succès fulgurant de Calin Georgescu, alimenté par une campagne virale sur TikTok et des milliers de comptes relais coordonnés, avait fait craindre une prise de contrôle algorithmique de la démocratie. L’ingérence étrangère – bien que difficile à prouver formellement – a fini par provoquer une crise politique dans le pays. Le vice-président américain J.D. Vance a qualifié l’annulation du premier tour de véritablehumiliation : « Si votre démocratie peut être détruite avec quelques centaines de milliers de dollars de publicité numérique d’un pays étranger, alors elle n’est pas très forte. » Quant à l’exclusion de Georgescu des nouvelles élections, elle a été dénoncée comme une nouvelle manipulation de l’Union européenne. « Bruxelles reproche aux Roumains d’avoir mal voté », on dit certains avec ironie. Et alors qu’on se souvient du soutien d’Elon Musk à l’AfD en Allemagne, c’est cette fois Pavel Durov, libertarien opposé au régime du Kremlin, milliardaire et fondateur de Telegram, qui dénonce ce qu’il qualifie de fraude électorale après la victoire de Nicusor Dan : « On ne combat pas les « ingérences électorales » en faisant de l’ingérence électorale. » Mardi, George Simion a annoncé qu’il demandait à son tour l’annulation de l’élection présidentielle en raison… d’« ingérences extérieures » Que retenir de cet événement ? Il semble évident que les réseaux sociaux et les plateformes numériques ne sont plus de simples relais d’opinion : ils en sont devenus des acteurs à part entière, capables de structurer l’agenda, de polariser les débats, voire de fausser le jeu électoral. Dans ce nouvel écosystème, les démocraties doivent apprendre à se défendre sans pour autant céder à la censure. Car l’ingérence numérique est une notion aux contours flous. En ce sens, l’épisode roumain n’est peut-être qu’un avant-goût de ce qui nous attend bientôt. Pour aller plus loin :« Roumanie : le candidat centriste pro-occidental Nicusor Dan remporte la présidentielle » (L’Écho, 18 mai 2025) « Election présidentielle en Roumanie : essor nationaliste inédit sur fond de fractures territoriales » (Le Monde, 18 mai 2025) « Menaces numériques sur les élections dans les démocraties européennes » (Le Monde, 18 février 2025) « Pavel Durov, PDG de Telegram, accuse la France d’avoir cherché à “censurer des voixconservatrices” en Roumanie » (Le Monde, 19 mai 2025) Marin Buyse Rédacteur

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L’inclusion avance: des progrès réels dans les droits des personnes LGBTQIA+ 

 À l’occasion de la semaine des fiertés et du mois des fiertés en juin, mon article portera sur les avancées effectuées par la Belgique ou dans le monde dans les droits des personnes LGBTQIA+. Il portera également sur les défis que ces personnes rencontrent dans le monde.   1. Des avancées concrètes à l’échelle mondiale Depuis une vingtaine d’années, les droits des personnes LGTBQIA+ ont connu des progrès notables. Le mariage pour tous, l’adoption homoparentale, la reconnaissance des identités transgenres ou encore l’adoption de lois anti-discrimination sont  devenues des réalités dans un nombre encore croissant de pays. Cuba, Chili, ou plus récemment la Grèce ainsi que la Slovénie ont légalisé le mariage pour tous. De nombreux pays, encore conservateurs sur la question, ont tout de même réalisé certaines avancées notamment pour les personnes transgenres ; ceci est le cas du Népal ou du Bhoutan par exemple. Même si tous les droits, ne sont pas encore totalement universellement garantis, es changements s’accélèrent souvent sous l’effet de mobilisations citoyennes ou politiques ainsi que de pressions internationales. Cette évolution, bien que progressive, démontre qu’un réel changement est en cours pour apporter aux personnes LGTBQIA+, plus de dignité humaine.   2. La Belgique : pionnière mais toujours confrontée à des défis La Belgique est l’un des pays les plus avancés en matières de droits pour les personnes LGBTQIA+. Le mariage pour tous y est légal depuis 2003, l’adoption pour les personnes de même sexe depuis 2006 et enfin, depuis 2018, les personnes transgenres peuvent changer de genre à l’état civil sans opération chirurgicale requise ou évaluation psychiatrique. Des lois protègent également contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle, au genre etc. notamment dans l’emploi, marquant ainsi clairement une certaine avancée au niveau des droits humains. Cependant, derrière ce cadre légal instauré, des défis persistent. Les violences homophobes et transphobes ne diminuent pas : en 2024, en Belgique, 136 dossiers sont liés à des cas de violences ou discriminations envers les personnes LGBTQIA+ et parmi ceux-là, 35% concernent des actes de haine à caractère homophobe/ lesbiphobe/ biphobe. Le harcèlement scolaire lié à l’orientation sexuelle ne diminue pas non plus . L’inclusion réelle ne se mesure pas uniquement aux lois mais aussi à leur application et à l’évolution des mentalités.   3. Des voix de plus en plus audibles : les jeunes prennent la parole L’une des grandes forces actuelles du mouvement LGBTQIA+ est la visibilité. Que ce soit lors des prides ou simplement parce que les jeunes prennent la parole, le mouvement se fait de plus en plus visible. De plus en plus de jeunes font leur coming-out pour porter fièrement un message de tolérance et de fierté, ils n’hésitent pas non plus à briser les tabous autour de l’homosexualité par exemple et à revendiquer davantage la liberté d’être soi tout en dénonçant les discriminations subies.   4. Un combat loin d’être terminé mais porteur d’espoir Malgré ces avancées, le combat reste fragile. Dans plus de 60 pays, l’homosexualité est criminalisée, et dans certains états, les personnes homosexuelles ou transgenres risquent la peine de mort. Mais au lieu de freiner ces luttes, les mouvements se renforcent et créent de la solidarité entre eux. Le message est clair : les droits LGBTQIA+ sont des droits humains fondamentaux. Il est important pour nous, en tant que jeunes libéraux de continuer à ouvrir les esprits sur la question LGBTQIA+, la tolérance fait une société. Shana Rojtman – Van Wynsberghe Rédactrice

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Le grand retour du nucléaire en Belgique

En avril dernier, le Parlement fédéral a voté la modification de la loi de 2003 sur la sortie du nucléaire. Ce vote acte un changement de paradigme, longtemps défendu par le MR, dans les politiques énergétiques belges. La fin du calendrier de sortie du nucléaire étant désormais prononcée, le gouvernement se tourne vers l’avenir, en cherchant à prolonger les infrastructures existantes et à en construire de nouvelles. La société semble soutenir cette décision, mais comment expliquer que le nucléaire, longtemps décrié, retrouve aujourd’hui la cote ? Pour comprendre cette évolution de l’opinion publique sur un sujet aussi clivant, marqué à la fois par l’espoir et la peur, un retour historique s’impose. Dans les années 1970, la Belgique démarre la construction des centrales de Tihange et de Doel. Le dernier réacteur est achevé en 1985. Cette période est marquée par un optimisme technologique : le nucléaire incarne l’avenir et le progrès. Mais en 1986, la catastrophe de Tchernobyl refroidit brutalement cet enthousiasme. Ce drame, la plus grande catastrophe nucléaire de l’histoire, suscite peurs et inquiétudes parmi les citoyens belges. De ce traumatisme naissent les mouvements antinucléaires, qui sont repris et portés par les écologistes dans les années 1990 et 2000. Ces mouvements influencent fortement le débat public de l’époque. En 2003, les Écolos remportent une victoire : la loi sur la sortie du nucléaire est votée, prévoyant l’arrêt progressif de toutes les centrales belges à partir de 2015. Dans les années 2010, les découvertes de microfissures dans certains réacteurs ravivent les craintes de la population. La fermeture de Doel 3 en 2022 et de Tihange 2 en 2023 marque le début du démantèlement des centrales belges. L’arrêt de Tihange 3 et Doel 4 était prévu pour 2025. Mais en 2022, la guerre en Ukraine éclate et entraîne une crise énergétique. La dépendance européenne, et belge, aux énergies fossiles russes fait exploser les prix de l’énergie. Face à cette crise, et sous l’impulsion du MR, le gouvernement décide de prolonger ces deux réacteurs pour dix années supplémentaires. Cette crise énergétique opère un tournant dans l’opinion publique belge et européenne. La crise a révélé notre dépendance aux énergies fossiles importées. Sans alternative immédiate au nucléaire, cette situation a représenté une perte de souveraineté énergétique. Cela explique pourquoi une majorité de la population soutient aujourd’hui un retour du nucléaire, perçu comme un moyen de redevenir producteur d’énergie et de renforcer notre autonomie. Ce regain d’intérêt pour le nucléaire se reflète aussi dans le discours politique et trouve son incarnation dans la figure de Mathieu Bihet, jeune ministre MR de l’Énergie, pour qui ce virage était indispensable. Il nous a fait le plaisir de développer sa vision en répondant à l’interview qui suit :             Interview de Monsieur le Ministre de l’Énergie, Mathieu Bihet Pourquoi ce retour en force du nucléaire en Belgique ? Parce que pendant trop longtemps, l’énergie nucléaire a été le parent pauvre de notre politique énergétique. Par dogmatisme, par idéologie pure. C’était presque devenu un gros-mot. Aujourd’hui, grâce au Mouvement réformateur (MR), le nucléaire fait son grand retour dans notre mix énergétique. Nous opérons un changement de paradigme clair avec le passé, en passant d’un antinucléarisme primaire à un mix énergétique qui repose sur deux piliers : le nucléaire ET le renouvelable. Nous pensons qu’il est primordial de réduire la dépendance de notre pays aux importations pour mieux résister aux crises et à l’instabilité internationale. L’objectif avec le nucléaire est d’assurer une énergie durable, bas carbone, souveraine et abordable pour les citoyens et compétitive pour nos entreprises. Le retour du nucléaire, c’est le retour du bon sens ! La construction d’un nouveau réacteur (SMR) est prévue, mais les communes ne sont-elles pas réticentes à une construction de ce type sur leur territoire ? Il est normal que des questions se posent, tout changement implique son lot d’interrogations. La volonté du Gouvernement est de continuer la recherche et l’investissement sur les SMR. Il faut savoir que ces réacteurs modulaires sont très différents des réacteurs classiques. Ils sont conçus pour être plus compacts et plus faciles à intégrer dans l’environnement, pour répondre à des besoins locaux d’entreprises intenses en consommation d’énergie, par exemple. Le moment venu, le travail de concertation et de transparence sera central. Le soutien local ne se décrète pas, il se construit. L’énergie est indispensable pour notre indépendance, mais, avec ce virage vers le nucléaire, ne risque-t-on pas de tomber dans une dépendance aux pays producteurs d’uranium ? C’est une bonne question. Mais le risque de dépendance est moindre qu’avec les énergies fossiles comme le gaz ou le pétrole. Oui, l’uranium est importé. Mais sa densité énergétique est telle qu’il en faut très peu pour produire énormément d’électricité. Contrairement au gaz, il ne dépend pas de flux continus ni de partenaires instables. De plus, l’uranium provient de plusieurs régions du monde démocratiques et stables (Canada, Australie, etc.), ce qui diversifie les sources et réduit les risques. Sans parler du fait qu’il est stockable sur plusieurs années — un véritable atout stratégique. Quel serait votre mix énergétique idéal ? Un mix équilibré, dans lequel toute source d’énergie décarbonée à sa place. L’avenir énergétique ne repose pas sur une seule technologie, mais sur la complémentarité entre elles. Nous n’avons pas de tabou, nous recherchons le meilleur rapport coûts/bénéfices. Notre approche est pragmatique et équilibrée : nous ne misons pas sur une seule technologie, nous diversifions nos sources pour garantir une transition efficace et maitrisée. Est-ce qu’à long terme vous pensez que la Belgique pourra se passer d’énergie fossile ? La Belgique continue de se diversifier en s’éloignant des combustibles fossiles pour s’orienter vers une électrification accélérée des usages. Mais il faut des mesures pour accompagner cette transition. Ce qui est rare est cher : s’il n’y a pas assez d’électricité produite, elle sera chère. Et on ne fait pas une transition énergétique avec une électricité chère. Pensez-vous qu’un jour nous pourrons devenir des exportateurs d’énergie au même titre que la France ? La Belgique est déjà exportatrice d’électricité à certains moments, notamment grâce à sa production

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LA VIOLENCE NE CONSTRUIT RIEN

Ce dimanche 4 mai 2025, des violences ont éclaté en marge de la finale de la Coupe deBelgique de football. Des hooligans brugeois ont attaqué des citoyens bruxellois, et une réplique tout aussi violente leur a été opposée par ces derniers. À raison, les réseaux sociaux s’enflamment, les politiques s’en mêlent, et une nouvelle fois, notre pays est frappé par des tensions communautaires qui s’accroissent. Je souhaite mobiliser ce triste événement pour soulever un constat : dans des moments de crise, le paysage politique belge ne débat plus, il se divise. Et c’est un problème pour notre démocratie. RAPPEL DES FAITS Dimanche dernier, peu avant que la finale de la Coupe de Belgique de football ne débute, une dizaine de supporters brugeois cagoulés ont déboulé dans les rues de la capitale. Problème, ils ne sont pas aux abords du stade, mais dans une zone bien éloignée de celui-ci et aucunement sur le chemin vers les tribunes. Les caillassages et agressions à caractère raciste se multiplient, et les blessés bruxellois s’accumulent. La police n’étant pas présente aux moments des faits, ce sont alors les bruxellois eux-mêmes qui ont décidé de se faire justice, et ont rappliqué en agressant plusieurs supporters brugeois quelque peu après les incidents décrits ci-dessus. Résultat, plusieurs blessés (dont des policiers), une soixantaine d’arrestations administratives, un tollé de réactions politiques et citoyennes, et finalement, une question qui se pose : comment cela a-t-il pu arriver ? UN DÉBAT INVISIBILISÉ Le but de mon article n’est pas de faire le justicier, ni même de rajouter une couche au scandale qu’ont constitué ces incidents : c’est même tout l’inverse. S’indigner est normal, manifester est un droit, et faire entendre sa colère tout autant, mais où sont les politiciens qui font un pas en arrière, se placent au-dessus de la mêlée, et se mettent autour d’une table pour discuter des causes profondes ayant pu engendrer ces incidents ? Avons-nous perdu le sens des responsabilités ? Je dois probablement être utopiste, mais dans ma conception de la politique, après des incidents comme ceux qu’on vient de vivre, le lendemain, au soir, deux acteurs politiques se confrontent en prime-time sur une chaîne de télévision : un représentant du gouvernement, et un représentant de l’opposition. Avec calme et respect, ils discutent de ce qui n’a pas été, de ce qui a causé ceci, et de ce qui peutet va être fait pour régler cela. Ne méprenez pas mes propos, je ne dis pas que la gronde populaire ne doit pas avoir lieu. Je ne dis pas non plus que les politiques doivent être déconnectés de la réalité. Ce que je dénonce, c’est un surplus de manifestations populaires des forces politiques d’opposition, et une absence problématique de débats constructifs avec la majorité. Est-ce une stratégie populiste, révolutionnaire, contestataire ? En tout cas, c’est une manière de faire de la politique qui prône la violence au lieu de l’écoute ; les punchlines plutôt que les discours construits ; les indignations au détriment des solutions. LE PAYS DU CONSENSUS ET DU DIALOGUE, VRAIMENT ? C’est tout naturellement vers cette interrogation que je me dirige pour conclure cet article : si le dialogue entre l’opposition et la majorité n’existe plus dans les moments de crise les plus intenses — comme celui qu’a traversé le pays dimanche dernier, et qui est le reflet d’une tension communautaire palpable dans la société — alors a-t-on perdu notre culture du dialogue et du consensus ? Cette culture et tradition qui ont tant mis en valeur notre pays aux yeux des autres puissances européennes et mondiales. Où est la diplomatie lorsque l’opposition ne souhaite plus dialoguer constructivement avec la majorité ? Avons-nous, face à nous, des forces politiques qui sont véritablement prêtes à gouverner dans le futur ? Comment faire pour redonner envie aux citoyens de s’intéresser à la politique si même les politiques ne s’intéressent pas à leurs propres pairs ? Tant de questions qui suscitent la réflexion sur ce climat de tension permanent qui anime notre société depuis plusieurs mois maintenant. Il y a, derrière, toute une génération qui regarde ce que font leurs aînés et qui se demande si son engagement politique va encore mener à quelque chose. Dans cette société divisée, y a t-il encore un chemin par lequel on recollerait les bouts d’un vase brisé pour retrouver foi en notre classe politique ? Pendant que la majorité s’efforce de construire un projet cohérent, l’opposition gronde et ne propose rien de constructif. On dit souvent que la violence ne résout rien, et c’est vrai. Sauf qu’ici, il n’est plus question de résoudre, il est question de construire. Construire un meilleur vivre ensemble, construire un pays plus fort économiquement, socialement, diplomatiquement. Et pour ça aussi, la violence est contre productive. La grande plaie de notre système politique n’est pas le manque de motivation des citoyens ou des politiques, on le constate bien avec les mouvements électoraux, ou même les engagements citoyens qui explosent, mais bien le fait que cette énergie soit mise au service de l’accroissement d’une division de la société plutôt qu’au profit de la construction d’un projet rassembleur. S’engager pour des causes est devenu monnaie courante, mais s’engager pour des valeurs beaucoup moins. La construction, le dialogue, le respect : incarnons une jeunesse friande de diplomatie et de consensus, et essayons d’apporter notre contribution à cette société qui en a grand besoin. Denis Sova Rédacteur

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