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Vivre entre mes balles: une vie dans la peur.

Depuis plusieurs mois, il est difficile de ne pas ressentir la pression qui pèse sur les habitants de plusieurs communes du pays. En cause : la recrudescence des fusillades en ce début d’année 2025. Si ce phénomène n’est pas nouveau, le fait que de plus en plus de civils soient touchés — blessés ou tués — alarme profondément. À Anderlecht, la commune la plus touchée, les habitants vivent dans une inquiétude croissante. Je souhaite ici partager les émotions, les peurs et les réflexions de ceux qui, au quotidien, voient leur environnement devenir de plus en plus menaçant. LE CONTEXTE En 2024, on a recensé 92 fusillades dans la région de Bruxelles-Capitale, selon la police fédérale. Interrogée par la RTBF en février 2025, Astrid De Schutter, chercheuse à l’Institut flamand de la paix, confirmait que « la plupart des violences à Bruxelles sont effectivement liées au milieu de la drogue ». Ce lien est bien connu, même si la proportion exacte des fusillades réellement imputables à ces réseaux reste floue. La majorité, néanmoins, le serait. Cette situation impactait évidemment les habitants des communes les plus touchées, mais ceux-ci trouvaient encore le moyen de se rassurer. « Si l’on ne traînait pas la nuit dans les endroits sensibles, on n’avait rien à craindre », confiaient certains. Des fusillades non liées au trafic de drogue existaient toutefois déjà. Moins nombreuses, certes, mais bien présentes. En août 2024, un père de famille a été tué lors d’une intrusion à domicile à Ixelles. En octobre de la même année, un homme a été blessé par balle à Cureghem alors qu’il se rendait à la boulangerie. On parlait alors de malchance. LA SITUATION ACTUELLE En 2025, la situation semble avoir chamboulé la tendance. Les victimes civiles des fusillades sont plus nombreuses. Sur base d’une analyse des fusillades survenues en ce début d’année, 33 % des victimes ne semblent pas être liées au trafic de drogue (contre 14 % en 2024). Ce qui relevait autrefois d’un règlement de comptes entre dealers est désormais devenu une véritable affaire de sécurité publique. Autrefois, se balader en rue le soir n’était pas recommandé à Anderlecht. Aujourd’hui, cela devient presque impossible sans entendre, sur un ton à la fois humoristique et inquiet : « Attention à ne pas te faire tirer dessus ». Le sentiment d’abandon grandit parmi les riverains. Beaucoup disent ne plus se sentir protégés, ni par la police ni par les autorités communales. Certains envisagent de déménager, tandis que d’autres créent des groupes de vigilance sur les réseaux sociaux. La peur n’est plus une émotion passagère : elle est devenue une norme dans l’une des communes les plus peuplées du royaume. Le constat est brutal mais réel : les victimes de fusillades ne sont plus uniquement des trafiquants de drogue, mais aussi des civils. La faute à qui ? À des tireurs de plus en plus jeunes et facilement recrutables, ou à une explosion des violences liées au trafic de drogue ? Pourtant, les chiffres ne semblent pas confirmer cette dernière hypothèse. Le problème semble donc se situer ailleurs. Mais où ? L’AVIS DES PARTIS ET DE LEURS ORGANISATIONS DE JEUNESSE SUR LA LÉGALISATION DU CANNABIS Le MR et les Jeunes MR Le MR est contre la légalisation du cannabis. Son président, Georges-Louis Bouchez, déclarait au micro de LN24 en avril dernier : « Pourquoi on le ferait pour le cannabis et pas pour les autres drogues ? C’est envoyer un signal très négatif à un moment où on devrait plutôt dire à nos concitoyens : “La drogue, ça détruit des États, ça détruit des vies, des familles.” On doit lutter contre. » Il estime également qu’il serait judicieux d’appliquer des sanctions aux consommateurs. Selon lui : « Aujourd’hui, quelqu’un qui fume son pétard doit savoir qu’il a peut-être financé les talibans (…) Quelqu’un qui prend de l’héroïne les a aussi financés. C’est la réalité géopolitique. » Les Jeunes MR, en revanche, sont historiquement pour la légalisation du cannabis. Ils plaident pour un encadrement rigoureux ainsi que pour des investissements dans la prévention et la sensibilisation. Cette divergence n’est pas nouvelle. En 2014 déjà, la présidente des Jeunes MR expliquait à la RTBF : « La situation actuelle est hypocrite : on autorise la détention, mais on interdit la vente. » Le PS et les Jeunes Socialistes Le PS est pour la légalisation du cannabis. Le député et vice-président du PS bruxellois, Martin Casier, explique que cette position s’inscrit dans un contexte d’augmentation de la consommation de drogues dures et de l’omniprésence de réseaux criminels et mafieux dans notre pays. Le PS plaide pour une légalisation encadrée par des balises claires : accès interdit aux mineurs, taxation ciblée, interdiction de la publicité, production limitée et autorisée sous conditions strictes. En parallèle, le parti soutient la création de structures locales de réduction des risques, de traitement, ainsi qu’un renforcement des services de police et de justice pour lutter contre le trafic de drogues à grande échelle. Du côté des Jeunes Socialistes, la position est proche de celle du parti, selon un membre de l’organisation que nous avons contacté. Les Engagés et Génération Engagée Les Engagés sont pour la légalisation du cannabis. Sur leur site internet, ils défendent un modèle dans lequel l’État produirait le cannabis, assurerait la prévention et accompagnerait les consommateurs. Ils soutiennent également le cannabis thérapeutique comme alternative aux dérivés morphiniques. Selon eux, la répression actuelle favorise la stigmatisation, l’exclusion sociale et l’entrée dans la délinquance. Génération Engagée, l’organisation de jeunesse du parti, n’a pas encore débattu officiellement de la question. Son président, Noah Devillers, se dit toutefois personnellement favorable à la légalisation, tout en précisant que cette position n’engage que lui. Une ligne officielle reste à définir, mais une dynamique semble se dessiner. Ecolo et EcoloJ Ecolo est pour la légalisation du cannabis. Dans leur programme 2024, ils proposent de réglementer le marché afin de mieux contrôler la production et la distribution. Cela passerait notamment par une interdiction de la publicité, des contrôles stricts du

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De la jungle aux docks : la Belgique, plaque tournante du trafic mondial

Aujourd’hui, la Belgique et les Pays-Bas sont devenus les principales portes d’entrée du trafic de drogues en Europe. En 2023, une année record, pas moins de 116 tonnes de cocaïne ont été saisies dans les ports belges. Sachant que les saisies ne représentent qu’une fraction, souvent infime, du marché global, on peut aisément imaginer l’ampleur colossale des quantités qui échappent encore aux contrôles. À cela s’ajoutent d’autres substances comme le cannabis, les drogues de synthèse (ecstasy, kétamine, amphétamines, GHB, LSD, etc.) ou encore l’héroïne. Pour comprendre ce phénomène, il faut s’interroger sur trois éléments : d’où viennent ces drogues ? Pourquoi la Belgique est-elle devenue une plaque tournante du trafic mondial ? Et que deviennent ces substances une fois arrivées dans notre plat pays ? Le cannabis : fumer local La drogue la plus consommée en Belgique est le cannabis. Elle est principalement produite localement, en Belgique ou aux Pays-Bas, dans des serres indoor illégales. Quelques projets pilotes encadrés par l’État existent aux Pays-Bas, mais le cannabis consommé en Belgique provient quasi exclusivement de filières clandestines. Ces cultures nécessitent un environnement précis : éclairage puissant, ventilation, filtres anti-odeur, chauffage climatisé et surtout une grande consommation d’énergie. Les anomalies de consommation signalées par les fournisseurs d’énergie, des branchements électriques illégaux, des odeurs suspectes ou encore des mouvements inhabituels peuvent alerter la police. Des caméras thermiques sont parfois utilisées pour détecter la chaleur des lampes. Bien qu’une part importante du cannabis soit cultivée sur place, on assiste aussi à des importations en provenance du Maroc, d’Espagne, du Pakistan, du Canada ou encore des États-Unis. La cocaïne : du laboratoire clandestin à nos ports La cocaïne provient principalement de Colombie, du Pérou et de Bolivie. Les feuilles de coca y sont transformées, d’abord en pâte brune à l’aide de solvants toxiques, puis en chlorhydrate de cocaïne dans des laboratoires sophistiqués, souvent situés en zones contrôlées par des groupes armés. Une fois compactée, emballée et camouflée chimiquement ou olfactivement, la cocaïne entame son voyage vers l’Europe via les ports d’Amérique du Sud, d’Afrique de l’Ouest ou des Caraïbes. Pourquoi Anvers ? Le port d’Anvers présente plusieurs « avantages » pour les trafiquants : Un volume colossal : plus de 12 millions de conteneurs y transitent chaque année. Moins de 2 % sont contrôlés, un ratio insuffisant pour enrayer le trafic. La fluidité commerciale : un contrôle accru ralentirait la chaîne logistique, essentielle à l’économie. Cela limite donc les capacités d’inspection. Une infiltration criminelle : le nombre élevé d’intermédiaires et d’employés sur place favorise les risques de corruption. Une situation stratégique : proche de Rotterdam, connecté à l’Europe entière, Anvers est un hub idéal pour la redistribution rapide des cargaisons illicites. 2024 : Moins de saisies, mais plus de questions En 2024, les saisies de cocaïne à Anvers ont chuté drastiquement : de 122 tonnes en 2023 à 44 tonnes. Une bonne nouvelle ? Pas vraiment. Car la production mondiale, elle, continue de grimper : entre 2014 et 2022, elle est passée de 869 à 2757 tonnes (+217 %). Rien qu’entre 2022 et 2023, on observe une augmentation de 34 %. En parallèle, les prix au kilo chutent, signe d’une offre qui reste abondante. L’analyse des eaux usées dans plusieurs villes européennes confirme une consommation toujours élevée. Autrement dit, la baisse des saisies reflète surtout l’adaptation des trafiquants, non une diminution du trafic. On peut donc expliquer cette chute de saisies par l’adaptation rapides des méthodes criminelles. Voici ce qui a été observé récemment : Une augmentation du nombre de cargaisons et une diminution des quantités par cargaison, pour réduire les pertes en cas d’interception. Une diversification des routes en passant par l’Afrique de l’Ouest, la mer Noire ou des ports secondaires pour brouiller les pistes. Des dissimulations chimiques : la cocaïne est intégrée dans du plastique, du charbon, ou de la pulpe de fruits, puis extraite dans des laboratoires clandestins en Europe. L’héroïne : une filière en mutation Si la cocaïne domine les saisies, l’héroïne continue de transiter par la Belgique. Traditionnellement produite en Afghanistan, la production a chuté de 95 % depuis 2022 en raison de l’interdiction du pavot par les talibans. Mais les stocks constitués auparavant suffisent encore à alimenter le marché. Les trafiquants s’adaptent en relocalisant la production : Iran, Pakistan, Tanzanie, Birmanie… L’héroïne suit plusieurs routes : la route des Balkans (Turquie, Serbie, Europe occidentale), la route sud (Afrique du Nord) ou encore la route du Caucase. En Belgique, elle entre souvent par voie terrestre, via les pays voisins. Les drogues de synthèses : une industrie belge et néerlandaise Contrairement à l’héroïne, les drogues de synthèse (MDMA, amphétamines, méthamphétamines) sont produites en Europe, notamment en Belgique et aux Pays-Bas, dans des laboratoires clandestins à la logistique impressionnante. Les produits chimiques de base viennent souvent de Chine ou d’Inde. Les laboratoires belges produisent pour le marché local mais aussi pour l’exportation (Europe de l’Est, Scandinavie, Australie). Un exemple marquant : en juillet 2025, un laboratoire en Espagne opéré par un réseau néerlandais produisait jusqu’à 100 kg de MDMA par semaine. 5.    Les NPS : une nouvelle menace insaisissable Les nouvelles substances psychoactives (NPS) représentent un défi croissant. Synthétisées pour imiter les effets de drogues existantes tout en contournant les législations, ces substances – parfois appelées “legal highs” – évoluent à une vitesse vertigineuse. Souvent vendues comme “sels de bain”, “encens” ou “produits de recherche”, elles sont importées depuis la Chine ou l’Inde et redistribuées via des plateformes en ligne ou des circuits parallèles. Les effets sont mal connus, parfois dangereux, et les autorités ont souvent un temps de retard sur leur classification. En Belgique, plusieurs cas d’intoxication sévère ont été recensés ces dernières années, notamment chez les jeunes. Ces substances posent un véritable casse-tête juridique et sanitaire. Une fois en Belgique ? Une distribution bien rodée Une fois les drogues arrivées en Belgique, elles sont rapidement prises en charge par des réseaux locaux de distribution. La cocaïne est souvent divisée en petites quantités dans des lieux de stockage temporaires, avant d’être redistribuée dans

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Débrief’ mag | n°04

Je suis ravie de vous proposer cette nouvelle édition du Debrief !L’aventure a commencé en décembre 2024, lorsque j’ai rejoint les Jeunes MR. Dès janvier 2025, nous avons lancé les candidatures pour former une nouvelle équipe. On m’avait dit que « le magazine devait renaître de ses cendres » et j’ai eu la chance de superviser cette renaissance. Reprendre un magazine qui a changé de nom et de visage au fil des années représentait un vrai défi… mais quel plaisir de le relever, surtout en voyant l’énergie et la motivation de notre nouvelle équipe !Cette reprise du Debrief s’est faite avec un immense enthousiasme. Chacun a apporté sa créativité, son regard et sa passion. C’est grâce à eux que ce magazine retrouve aujourd’hui sa voix. Nous ne sommes peut-être pas nombreux, mais nous avons à cœur de faire vivre un média qui sensibilise, questionne et inspire.Pour rester proches de vous, nous avons relancé l’Instagram du magazine et publié un article chaque semaine, afin de partager nos réflexions et nos découvertes.Le dossier de ce numéro nous a particulièrement touchés. Il aborde un sujet difficile mais essentiel : la Drogue. Un vrai fléau qui touche de plus en plus notre quotidien. Il nous a semblé important d’en parler, d’en explorer toutes les dimensions, visibles comme invisibles. C’est un sujet complexe, mais nécessaire, et nous espérons que ce dossier vous apportera des clés pour mieux le comprendre.Nous vous souhaitons une excellente lecture, en espérant que ce numéro vous fera réfléchir, vous informera et, pourquoi pas, vous donnera envie d’agir pour faire bouger les choses. Mona BencheikhCoordinatrice des projets locaux

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Roumanie 2025 : ingérence numérique, fragilité démocratique

Les rues de Buzău sont désertes ce dimanche après-midi. Après avoir été dans les bureaux de vote, les dizaines de milliers d’électeurs qui composent cette ville de l’Est de la Roumanie sont désormais rivés à leur télévision. Le pays a traversé une période de fortes tensions politiques, mais a finalement choisi la voie de la continuité démocratique. Dimanche 18 mai, Nicusor Dan, maire centriste de Bucarest et indépendant pro européen, a remporté le second tour de l’élection présidentielle avec 54 % des voix, battant le candidat de l’Alliance pour l’unité des Roumains (AUR), George Simion. Tout au long de la campagne, ce dernier s’est imposé comme l’homme fort dans les régions rurales, orthodoxes et moins favorisées. Selon Le Monde, « un fort sentiment d’humiliation et de frustration vis-à-vis de l’Ouest alimente l’euroscepticisme. La rhétorique flamboyante de Simion – surtout sur les réseaux sociaux –, son opposition à l’aide militaire à l’Ukraine, ses attaques contre la presse et son discours nationaliste l’ont imposé comme le héraut d’un ressentiment populaire anti-système. Une dynamique qui rappelle à plus d’un titre celle du trumpisme aux États-Unis. Cette victoire, saluée par les capitales européennes, intervient à l’issue d’un processus électoral chaotique, marqué par des ingérences étrangères et un soupçon de manipulation numérique. C’est peu dire que cette présidentielle roumaine a déjoué tous les scénarios. Le premier tour initial, en novembre 2024, avait été annulé par la Cour constitutionnelle, après la percée inattendue de l’extrême droite. Le succès fulgurant de Calin Georgescu, alimenté par une campagne virale sur TikTok et des milliers de comptes relais coordonnés, avait fait craindre une prise de contrôle algorithmique de la démocratie. L’ingérence étrangère – bien que difficile à prouver formellement – a fini par provoquer une crise politique dans le pays. Le vice-président américain J.D. Vance a qualifié l’annulation du premier tour de véritablehumiliation : « Si votre démocratie peut être détruite avec quelques centaines de milliers de dollars de publicité numérique d’un pays étranger, alors elle n’est pas très forte. » Quant à l’exclusion de Georgescu des nouvelles élections, elle a été dénoncée comme une nouvelle manipulation de l’Union européenne. « Bruxelles reproche aux Roumains d’avoir mal voté », on dit certains avec ironie. Et alors qu’on se souvient du soutien d’Elon Musk à l’AfD en Allemagne, c’est cette fois Pavel Durov, libertarien opposé au régime du Kremlin, milliardaire et fondateur de Telegram, qui dénonce ce qu’il qualifie de fraude électorale après la victoire de Nicusor Dan : « On ne combat pas les « ingérences électorales » en faisant de l’ingérence électorale. » Mardi, George Simion a annoncé qu’il demandait à son tour l’annulation de l’élection présidentielle en raison… d’« ingérences extérieures » Que retenir de cet événement ? Il semble évident que les réseaux sociaux et les plateformes numériques ne sont plus de simples relais d’opinion : ils en sont devenus des acteurs à part entière, capables de structurer l’agenda, de polariser les débats, voire de fausser le jeu électoral. Dans ce nouvel écosystème, les démocraties doivent apprendre à se défendre sans pour autant céder à la censure. Car l’ingérence numérique est une notion aux contours flous. En ce sens, l’épisode roumain n’est peut-être qu’un avant-goût de ce qui nous attend bientôt. Pour aller plus loin :« Roumanie : le candidat centriste pro-occidental Nicusor Dan remporte la présidentielle » (L’Écho, 18 mai 2025) « Election présidentielle en Roumanie : essor nationaliste inédit sur fond de fractures territoriales » (Le Monde, 18 mai 2025) « Menaces numériques sur les élections dans les démocraties européennes » (Le Monde, 18 février 2025) « Pavel Durov, PDG de Telegram, accuse la France d’avoir cherché à “censurer des voixconservatrices” en Roumanie » (Le Monde, 19 mai 2025) Marin Buyse Rédacteur

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L’inclusion avance: des progrès réels dans les droits des personnes LGBTQIA+ 

 À l’occasion de la semaine des fiertés et du mois des fiertés en juin, mon article portera sur les avancées effectuées par la Belgique ou dans le monde dans les droits des personnes LGBTQIA+. Il portera également sur les défis que ces personnes rencontrent dans le monde.   1. Des avancées concrètes à l’échelle mondiale Depuis une vingtaine d’années, les droits des personnes LGTBQIA+ ont connu des progrès notables. Le mariage pour tous, l’adoption homoparentale, la reconnaissance des identités transgenres ou encore l’adoption de lois anti-discrimination sont  devenues des réalités dans un nombre encore croissant de pays. Cuba, Chili, ou plus récemment la Grèce ainsi que la Slovénie ont légalisé le mariage pour tous. De nombreux pays, encore conservateurs sur la question, ont tout de même réalisé certaines avancées notamment pour les personnes transgenres ; ceci est le cas du Népal ou du Bhoutan par exemple. Même si tous les droits, ne sont pas encore totalement universellement garantis, es changements s’accélèrent souvent sous l’effet de mobilisations citoyennes ou politiques ainsi que de pressions internationales. Cette évolution, bien que progressive, démontre qu’un réel changement est en cours pour apporter aux personnes LGTBQIA+, plus de dignité humaine.   2. La Belgique : pionnière mais toujours confrontée à des défis La Belgique est l’un des pays les plus avancés en matières de droits pour les personnes LGBTQIA+. Le mariage pour tous y est légal depuis 2003, l’adoption pour les personnes de même sexe depuis 2006 et enfin, depuis 2018, les personnes transgenres peuvent changer de genre à l’état civil sans opération chirurgicale requise ou évaluation psychiatrique. Des lois protègent également contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle, au genre etc. notamment dans l’emploi, marquant ainsi clairement une certaine avancée au niveau des droits humains. Cependant, derrière ce cadre légal instauré, des défis persistent. Les violences homophobes et transphobes ne diminuent pas : en 2024, en Belgique, 136 dossiers sont liés à des cas de violences ou discriminations envers les personnes LGBTQIA+ et parmi ceux-là, 35% concernent des actes de haine à caractère homophobe/ lesbiphobe/ biphobe. Le harcèlement scolaire lié à l’orientation sexuelle ne diminue pas non plus . L’inclusion réelle ne se mesure pas uniquement aux lois mais aussi à leur application et à l’évolution des mentalités.   3. Des voix de plus en plus audibles : les jeunes prennent la parole L’une des grandes forces actuelles du mouvement LGBTQIA+ est la visibilité. Que ce soit lors des prides ou simplement parce que les jeunes prennent la parole, le mouvement se fait de plus en plus visible. De plus en plus de jeunes font leur coming-out pour porter fièrement un message de tolérance et de fierté, ils n’hésitent pas non plus à briser les tabous autour de l’homosexualité par exemple et à revendiquer davantage la liberté d’être soi tout en dénonçant les discriminations subies.   4. Un combat loin d’être terminé mais porteur d’espoir Malgré ces avancées, le combat reste fragile. Dans plus de 60 pays, l’homosexualité est criminalisée, et dans certains états, les personnes homosexuelles ou transgenres risquent la peine de mort. Mais au lieu de freiner ces luttes, les mouvements se renforcent et créent de la solidarité entre eux. Le message est clair : les droits LGBTQIA+ sont des droits humains fondamentaux. Il est important pour nous, en tant que jeunes libéraux de continuer à ouvrir les esprits sur la question LGBTQIA+, la tolérance fait une société. Shana Rojtman – Van Wynsberghe Rédactrice

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Le grand retour du nucléaire en Belgique

En avril dernier, le Parlement fédéral a voté la modification de la loi de 2003 sur la sortie du nucléaire. Ce vote acte un changement de paradigme, longtemps défendu par le MR, dans les politiques énergétiques belges. La fin du calendrier de sortie du nucléaire étant désormais prononcée, le gouvernement se tourne vers l’avenir, en cherchant à prolonger les infrastructures existantes et à en construire de nouvelles. La société semble soutenir cette décision, mais comment expliquer que le nucléaire, longtemps décrié, retrouve aujourd’hui la cote ? Pour comprendre cette évolution de l’opinion publique sur un sujet aussi clivant, marqué à la fois par l’espoir et la peur, un retour historique s’impose. Dans les années 1970, la Belgique démarre la construction des centrales de Tihange et de Doel. Le dernier réacteur est achevé en 1985. Cette période est marquée par un optimisme technologique : le nucléaire incarne l’avenir et le progrès. Mais en 1986, la catastrophe de Tchernobyl refroidit brutalement cet enthousiasme. Ce drame, la plus grande catastrophe nucléaire de l’histoire, suscite peurs et inquiétudes parmi les citoyens belges. De ce traumatisme naissent les mouvements antinucléaires, qui sont repris et portés par les écologistes dans les années 1990 et 2000. Ces mouvements influencent fortement le débat public de l’époque. En 2003, les Écolos remportent une victoire : la loi sur la sortie du nucléaire est votée, prévoyant l’arrêt progressif de toutes les centrales belges à partir de 2015. Dans les années 2010, les découvertes de microfissures dans certains réacteurs ravivent les craintes de la population. La fermeture de Doel 3 en 2022 et de Tihange 2 en 2023 marque le début du démantèlement des centrales belges. L’arrêt de Tihange 3 et Doel 4 était prévu pour 2025. Mais en 2022, la guerre en Ukraine éclate et entraîne une crise énergétique. La dépendance européenne, et belge, aux énergies fossiles russes fait exploser les prix de l’énergie. Face à cette crise, et sous l’impulsion du MR, le gouvernement décide de prolonger ces deux réacteurs pour dix années supplémentaires. Cette crise énergétique opère un tournant dans l’opinion publique belge et européenne. La crise a révélé notre dépendance aux énergies fossiles importées. Sans alternative immédiate au nucléaire, cette situation a représenté une perte de souveraineté énergétique. Cela explique pourquoi une majorité de la population soutient aujourd’hui un retour du nucléaire, perçu comme un moyen de redevenir producteur d’énergie et de renforcer notre autonomie. Ce regain d’intérêt pour le nucléaire se reflète aussi dans le discours politique et trouve son incarnation dans la figure de Mathieu Bihet, jeune ministre MR de l’Énergie, pour qui ce virage était indispensable. Il nous a fait le plaisir de développer sa vision en répondant à l’interview qui suit :             Interview de Monsieur le Ministre de l’Énergie, Mathieu Bihet Pourquoi ce retour en force du nucléaire en Belgique ? Parce que pendant trop longtemps, l’énergie nucléaire a été le parent pauvre de notre politique énergétique. Par dogmatisme, par idéologie pure. C’était presque devenu un gros-mot. Aujourd’hui, grâce au Mouvement réformateur (MR), le nucléaire fait son grand retour dans notre mix énergétique. Nous opérons un changement de paradigme clair avec le passé, en passant d’un antinucléarisme primaire à un mix énergétique qui repose sur deux piliers : le nucléaire ET le renouvelable. Nous pensons qu’il est primordial de réduire la dépendance de notre pays aux importations pour mieux résister aux crises et à l’instabilité internationale. L’objectif avec le nucléaire est d’assurer une énergie durable, bas carbone, souveraine et abordable pour les citoyens et compétitive pour nos entreprises. Le retour du nucléaire, c’est le retour du bon sens ! La construction d’un nouveau réacteur (SMR) est prévue, mais les communes ne sont-elles pas réticentes à une construction de ce type sur leur territoire ? Il est normal que des questions se posent, tout changement implique son lot d’interrogations. La volonté du Gouvernement est de continuer la recherche et l’investissement sur les SMR. Il faut savoir que ces réacteurs modulaires sont très différents des réacteurs classiques. Ils sont conçus pour être plus compacts et plus faciles à intégrer dans l’environnement, pour répondre à des besoins locaux d’entreprises intenses en consommation d’énergie, par exemple. Le moment venu, le travail de concertation et de transparence sera central. Le soutien local ne se décrète pas, il se construit. L’énergie est indispensable pour notre indépendance, mais, avec ce virage vers le nucléaire, ne risque-t-on pas de tomber dans une dépendance aux pays producteurs d’uranium ? C’est une bonne question. Mais le risque de dépendance est moindre qu’avec les énergies fossiles comme le gaz ou le pétrole. Oui, l’uranium est importé. Mais sa densité énergétique est telle qu’il en faut très peu pour produire énormément d’électricité. Contrairement au gaz, il ne dépend pas de flux continus ni de partenaires instables. De plus, l’uranium provient de plusieurs régions du monde démocratiques et stables (Canada, Australie, etc.), ce qui diversifie les sources et réduit les risques. Sans parler du fait qu’il est stockable sur plusieurs années — un véritable atout stratégique. Quel serait votre mix énergétique idéal ? Un mix équilibré, dans lequel toute source d’énergie décarbonée à sa place. L’avenir énergétique ne repose pas sur une seule technologie, mais sur la complémentarité entre elles. Nous n’avons pas de tabou, nous recherchons le meilleur rapport coûts/bénéfices. Notre approche est pragmatique et équilibrée : nous ne misons pas sur une seule technologie, nous diversifions nos sources pour garantir une transition efficace et maitrisée. Est-ce qu’à long terme vous pensez que la Belgique pourra se passer d’énergie fossile ? La Belgique continue de se diversifier en s’éloignant des combustibles fossiles pour s’orienter vers une électrification accélérée des usages. Mais il faut des mesures pour accompagner cette transition. Ce qui est rare est cher : s’il n’y a pas assez d’électricité produite, elle sera chère. Et on ne fait pas une transition énergétique avec une électricité chère. Pensez-vous qu’un jour nous pourrons devenir des exportateurs d’énergie au même titre que la France ? La Belgique est déjà exportatrice d’électricité à certains moments, notamment grâce à sa production

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LA VIOLENCE NE CONSTRUIT RIEN

Ce dimanche 4 mai 2025, des violences ont éclaté en marge de la finale de la Coupe deBelgique de football. Des hooligans brugeois ont attaqué des citoyens bruxellois, et une réplique tout aussi violente leur a été opposée par ces derniers. À raison, les réseaux sociaux s’enflamment, les politiques s’en mêlent, et une nouvelle fois, notre pays est frappé par des tensions communautaires qui s’accroissent. Je souhaite mobiliser ce triste événement pour soulever un constat : dans des moments de crise, le paysage politique belge ne débat plus, il se divise. Et c’est un problème pour notre démocratie. RAPPEL DES FAITS Dimanche dernier, peu avant que la finale de la Coupe de Belgique de football ne débute, une dizaine de supporters brugeois cagoulés ont déboulé dans les rues de la capitale. Problème, ils ne sont pas aux abords du stade, mais dans une zone bien éloignée de celui-ci et aucunement sur le chemin vers les tribunes. Les caillassages et agressions à caractère raciste se multiplient, et les blessés bruxellois s’accumulent. La police n’étant pas présente aux moments des faits, ce sont alors les bruxellois eux-mêmes qui ont décidé de se faire justice, et ont rappliqué en agressant plusieurs supporters brugeois quelque peu après les incidents décrits ci-dessus. Résultat, plusieurs blessés (dont des policiers), une soixantaine d’arrestations administratives, un tollé de réactions politiques et citoyennes, et finalement, une question qui se pose : comment cela a-t-il pu arriver ? UN DÉBAT INVISIBILISÉ Le but de mon article n’est pas de faire le justicier, ni même de rajouter une couche au scandale qu’ont constitué ces incidents : c’est même tout l’inverse. S’indigner est normal, manifester est un droit, et faire entendre sa colère tout autant, mais où sont les politiciens qui font un pas en arrière, se placent au-dessus de la mêlée, et se mettent autour d’une table pour discuter des causes profondes ayant pu engendrer ces incidents ? Avons-nous perdu le sens des responsabilités ? Je dois probablement être utopiste, mais dans ma conception de la politique, après des incidents comme ceux qu’on vient de vivre, le lendemain, au soir, deux acteurs politiques se confrontent en prime-time sur une chaîne de télévision : un représentant du gouvernement, et un représentant de l’opposition. Avec calme et respect, ils discutent de ce qui n’a pas été, de ce qui a causé ceci, et de ce qui peutet va être fait pour régler cela. Ne méprenez pas mes propos, je ne dis pas que la gronde populaire ne doit pas avoir lieu. Je ne dis pas non plus que les politiques doivent être déconnectés de la réalité. Ce que je dénonce, c’est un surplus de manifestations populaires des forces politiques d’opposition, et une absence problématique de débats constructifs avec la majorité. Est-ce une stratégie populiste, révolutionnaire, contestataire ? En tout cas, c’est une manière de faire de la politique qui prône la violence au lieu de l’écoute ; les punchlines plutôt que les discours construits ; les indignations au détriment des solutions. LE PAYS DU CONSENSUS ET DU DIALOGUE, VRAIMENT ? C’est tout naturellement vers cette interrogation que je me dirige pour conclure cet article : si le dialogue entre l’opposition et la majorité n’existe plus dans les moments de crise les plus intenses — comme celui qu’a traversé le pays dimanche dernier, et qui est le reflet d’une tension communautaire palpable dans la société — alors a-t-on perdu notre culture du dialogue et du consensus ? Cette culture et tradition qui ont tant mis en valeur notre pays aux yeux des autres puissances européennes et mondiales. Où est la diplomatie lorsque l’opposition ne souhaite plus dialoguer constructivement avec la majorité ? Avons-nous, face à nous, des forces politiques qui sont véritablement prêtes à gouverner dans le futur ? Comment faire pour redonner envie aux citoyens de s’intéresser à la politique si même les politiques ne s’intéressent pas à leurs propres pairs ? Tant de questions qui suscitent la réflexion sur ce climat de tension permanent qui anime notre société depuis plusieurs mois maintenant. Il y a, derrière, toute une génération qui regarde ce que font leurs aînés et qui se demande si son engagement politique va encore mener à quelque chose. Dans cette société divisée, y a t-il encore un chemin par lequel on recollerait les bouts d’un vase brisé pour retrouver foi en notre classe politique ? Pendant que la majorité s’efforce de construire un projet cohérent, l’opposition gronde et ne propose rien de constructif. On dit souvent que la violence ne résout rien, et c’est vrai. Sauf qu’ici, il n’est plus question de résoudre, il est question de construire. Construire un meilleur vivre ensemble, construire un pays plus fort économiquement, socialement, diplomatiquement. Et pour ça aussi, la violence est contre productive. La grande plaie de notre système politique n’est pas le manque de motivation des citoyens ou des politiques, on le constate bien avec les mouvements électoraux, ou même les engagements citoyens qui explosent, mais bien le fait que cette énergie soit mise au service de l’accroissement d’une division de la société plutôt qu’au profit de la construction d’un projet rassembleur. S’engager pour des causes est devenu monnaie courante, mais s’engager pour des valeurs beaucoup moins. La construction, le dialogue, le respect : incarnons une jeunesse friande de diplomatie et de consensus, et essayons d’apporter notre contribution à cette société qui en a grand besoin. Denis Sova Rédacteur

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Sous quota, Sans projet : Un potentiel étouffé ?

« Mon employeur a refusé d’adapter mon horaire, alors que mon médecin avait clairement indiqué que je ne pouvais pas faire de journée complète. Il m’a dit que ce serait injuste pour les autres. » « Lors de mon stage, on m’a demandé de rester en retrait des clients. Ils avaient peur que mon fauteuil fasse “mauvais effet ». » Ces témoignages ne sont pas isolés. Ils figurent parmi les nombreuses situations documentées par Unia, centre interfédéral pour l’égalité des chances, dans ses rapports annuels. L’institution a enregistré en 2022 une augmentation des signalements de discriminations liées au handicap dans le domaine de l’emploi, notamment pour refus d’aménagements raisonnables, ruptures de contrats abusives et obstacles au maintien dans l’emploi. En Belgique, les dispositifs d’aide à l’insertion professionnelle existent : primes à l’embauche, accompagnement par les services régionaux, actions de sensibilisation, mesures du Plan fédéral Handicap 2021–2024. Et pourtant, les résultats sont consternants. Selon le rapport annuel du SPF BOSA (2022), le taux d’emploi des personnes en situation de handicap dans la fonction publique fédérale plafonne à 1,09 %, loin des 3 % fixés par la réglementation. Dans le secteur privé, il n’existe à ce jour aucune obligation légale contraignante en matière de quotas, contrairement aux pays voisins comme la France ou l’Allemagne. Dans les faits, la majorité des personnes concernées en Belgique restent exclues du monde du travail — non par choix, mais par défaut de politique efficace et de mise en œuvre réelle. Mais ce déficit d’accès à l’emploi révèle un problème structurel plus profond. Une étude de la Fondation Roi Baudouin (2022) montre que 75 % de ces personnes jugent nécessaire de mieux informer et sensibiliser les employeurs à leurs besoins spécifiques. Les obstacles sont multiples : préjugés persistants, discriminations, manque de soutien, absence d’aménagements ou de postes de travail adaptés. C’est dans ce contexte que le Plan fédéral Handicap 2021–2024, lancé sous le gouvernement De Croo, a été présenté comme une étape structurante dans la mise en œuvre de la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes en situation de handicap. Parmi ses 145 mesures, plusieurs portent sur l’insertion professionnelle : procédures de recrutement spécifiques dans la fonction publique fédérale, adaptations envisagées aux indemnités de déplacement, encouragement de l’économie sociale via les marchés publics. Ces initiatives vont dans le bon sens, mais elles restent limitées par des défauts structurels majeurs. Selon le rapport final du plan (avril 2024), plusieurs mesures restent à l’état de projet, sans budget dédié ni pilotage clair. Aucun quota n’est imposé dans le secteur privé, et les mécanismes de suivi sont quasi inexistants. Les indicateurs sont flous, les responsabilités diluées. Certaines actions relèvent davantage de l’intention que de la transformation. Les recrutements spécifiques restent rares et non systématisés. Le taux d’emploi dans la fonction publique n’évolue pas. Quant aux clauses sociales prévues dans les marchés publics, elles sont très peu appliquées, faute de coordination ou de suivi. Un rapport intermédiaire du SPF Sécurité sociale (2023) souligne une mise en œuvre très inégale entre administrations. Le Conseil Supérieur National des Personnes Handicapées (CSNPH) résume la situation dans un avis lucide : « Les mesures sont importantes, mais leur exécution dépend encore trop de la bonne volonté des acteurs. » En l’état, le plan ressemble davantage à un catalogue de bonnes intentions qu’à une politique de transformation apte à corriger une exclusion structurelle. L’exclusion professionnelle commence dès la formation. Une étude de Statbel (2021) indique que seules 15,1 % des personnes ayant une santé fragile suivent une formation professionnelle, contre 54,6 % des personnes en très bonne santé. Peu d’offres prennent en compte les besoins spécifiques : accessibilité numérique, langage clair, présence d’interprètes, rythme adapté. Et même quand la formation est possible, la transition vers l’emploi reste fragile. Les freins sont nombreux : locaux inaccessibles, logiciels incompatibles avec les aides techniques, procédures standardisées, absence de suivi individualisé. Une personne autiste ou avec un trouble psychique sera souvent écartée dès l’entretien. Une personne à mobilité réduite devra continuellement justifier des besoins pourtant évidents. Le droit au travail devient, dans ces conditions, une promesse abstraite. Cette situation ne relève pas d’un oubli. Elle s’inscrit dans une logique institutionnelle où l’inclusion est pensée comme un effort moral, non comme la reconnaissance pleine des compétences et du potentiel. La philosophe Nancy Fraser l’exprime dans Reconnaissance ou Redistribution (2005) : « La reconnaissance sociale est tout aussi essentielle que la redistribution. » Aujourd’hui, les personnes en situation de handicap qui peuvent travailler ne sont pas vues comme des professionnelles légitimes. Elles restent confinées à des rôles passifs. Ce manque de reconnaissance perpétue leur invisibilité sociale et freine les dynamiques économiques. Pourtant, l’OCDE et l’OIT ont montré que l’exclusion coûte cher : jusqu’à 7 % du PIB, selon l’OIT, en pertes de productivité, sous-emploi, et pression accrue sur la sécurité sociale. À l’inverse, les pays qui investissent dans des politiques d’inclusion actives constatent une hausse de la participation, une réduction des inégalités, et une économie plus résiliente. Inclure, ce n’est pas seulement réparer une injustice : c’est aussi un investissement rationnel et durable. Pendant ce temps, les associations tentent de pallier les défaillances publiques. Elles soutiennent, accompagnent, orientent. Mais elles-mêmes sont en difficulté. En 2024, un collectif de 360 associations bruxelloises alertait sur l’instabilité des subventions et l’épuisement des ressources humaines. Certaines ont dû refuser des accompagnements, non par manque de demande, mais faute de personnel. On ne peut pas demander à des structures précaires de compenser des politiques défaillantes. À côté de ces blocages, des pistes prometteuses émergent. L’entrepreneuriat permet à certaines personnes de créer un cadre de travail adapté à leurs besoins. Mais les structures d’accompagnement comme JobYourself ou microStart ne sont pas toujours formées aux spécificités du handicap. Le numérique offre aussi des leviers puissants — télétravail, synthèses vocales, lecteurs d’écran, sous-titrage automatique. Mais ces outils restent sous-utilisés, faute de formations accessibles, d’interfaces inclusives et d’un cadre structurant. Il faut donc repenser le travail comme un droit fondamental à rendre effectif — pas seulement proclamé. Comme le rappelle

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Au cœur de la propagande masculiniste

Quelle est l’origine des flammes qui brûlent dans le regard de ceux qui nous haïssent … ? Le parfum de cette interrogation nous plonge au cœur d’un univers où les femmes sont méprisées, insultées, violentées voire sauvagement assassinées. Insidieuse et fantomatique, la propagande masculiniste inonde tous les réseaux sociaux. Elle empoisonne les esprits des plus jeunes, elle s’invite dans les écoles et elle détruit nos amours contemporains. La communication entre les hommes et les femmes s’est effritée et nombreuses sont les relations qui en furent brûlées. Le présent article ne cherche pas de responsable. Il poursuit l’ambition de plonger son lecteur dans les abysses d’une brûlante réflexion : quelle est l’origine des flammes qui brûlent dans le regard de ceux qui nous haïssent ? Depuis des temps immémoriaux, la domination masculine est considérée comme un « ordre naturel » voire divin. Il n’est donc pas nécessaire de remonter le temps de quelques siècles pour porter notre regard sur une société quelconque où la situation des femmes semblait condamnée pour l’éternité. Observons plutôt les choses telles qu’elles sont aujourd’hui. Observons ce monde où Vladimir Poutine et Donald Trump considèrent la virilité comme l’essence même de notre société. Observons ce chaos où les hurlements et les souffrances des victimes sont enfouis dans l’oubli. Observons toutes les violences faites aux femmes, qu’elles soient symboliques, sexuelles ou psychologiques. Observons les vertiges causés par les maux qui pourrissent la gent féminine d’aujourd’hui. Et considérons l’évidence suivante : les injustices du passé et celles du présent sesoient conjuguées dans une formule maléfique. Ainsi la question demeure : quelle est l’origine des flammes qui brûlent dans le regard de ceux qui nous haïssent ? C’est peut-être au cœur de la « manosphère » que l’on trouvera des pistes. Cette dernière se définit comme un réseau de sites Web et de forums en ligne. Une constellation de la misogynie. Protégés par l’anonymat, des milliers d’hommes échangent des conseils, discutent stratégies de conquête, se vantent de maltraiter les femmes et publient des commentaires sexistes, homophobes et racistes. Parmi toutes les idées vantant la manipulation voire la destruction de la gent féminine, on retrouve, lorsque l’on est attentif, des éléments intéressants. A savoir des peurs, des secrets et des souffrances que les hommes se chuchotent entre eux : « Pourquoi aucune femme ne veut de moi ? ». « Peut-on sortir avec une belle femme lorsque l’on est pauvre ? ». « Serais-je un jour performant sur le plan sexuel ? ». « Pourquoi toutes les femmes me trouvent moches ? ». « Comment devenir riche et musclé ? ». « Pourquoi les femmes sont-elles horribles avec nous ? ». « Comment devenir un mâle alpha ? ». « Après des millénaires de puissance, d’autorité et de domination, que reste-t-il aux hommes ? ». Revenons-en à notre interrogation initiale : quelle est l’origine des flammes qui brûlent dans le regard de ceux qui nous haïssent ? Nous pourrions évoquer des facteurs culturels, juridiques,historiques, religieux voire économiques. Mais notre réflexion perdrait de sa substance. Car les réponses les plus pertinentes sont parfois les plus inaccessibles. En effet, les confidences partagées en ligne trouvent leurs racines dans les larmes des hommes. Ces informations lacrymales sont sources de richesses et de révélations susceptibles d’enrichir notre compréhension. Malheureusement, la manosphère impose l’idée selon laquelle un homme, un « vrai », ne pleure jamais. Et pourtant, … la plus belle force que l’homme peut revendiquer est celle d’avouer sa vulnérabilité. Source :Quelles sont les causes de la violence fondée sur le genre ? – Questions de genre « Mâles in USA », la revanche des hommes blancs en colère Sur les réseaux sociaux, la pensée masculiniste de la « manosphère » cible les jeunes adolescents Mélissa Tshinyama Rédactrice

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La santé mentale et les jeunes, un enjeu majeur trop souvent ignoré

La santé mentale des jeunes est un sujet crucial de notre société, simplement, il est encore trop souvent mis de côté ou non-pris au sérieux. Alors que les problèmes psychologiques tels que l’anxiété ou la dépression explosent parmi les jeunes, les moyens mis en place pour les accompagner et les soutenir restent insuffisants. Malgré quelques avancées, les infrastructures déjà présentes, peinent à répondre aux différents problèmes liés à la santé mentale. Une augmentation inquiétante des troubles psychologiques : En Belgique, les chiffres liés à la santé mentale chez les jeunes augmentent considérablement. Selon l’UNICEF, en 2022, 16,3% des jeunes âgés entre 10 et 19 ans en Belgique, sont diagnostiqués avec un trouble mental et selon l’Institut Sciensano (belge), un jeune sur trois souffrirait de troubles anxieux ou dépressifs. La pandémie de Covid-19 a, selon l’UChicago Medecine, aggravé la situation, entraînant une hausse des consultations psychologiques pour des cas de détresse profonde. Les causes de ces troubles sont souvent liées à la pression académique ou scolaire, les informations quotidiennes liées aux conflits mondiaux par exemple et la précarité économique. Malgré cette réalité, les jeunes ont du mal à parler de ce qui leur pèse, en raison de la stigmatisation qui entoure la santé mentale et de la non-prise au sérieux des problèmes qui les touchent. Des services saturés et insuffisamment financés : Le principal problème lié à la santé mentale en Belgique réside dans le manque de structures accessibles, en termes financier et temporel, aux jeunes. En effet, tant en Wallonie qu’en Flandre et à Bruxelles, les services psychologiques et psychiatriques souffrent d’un manque de financement et de sous-effectif. Le délai pour obtenir une consultation avec un psychologue et ou un psychiatre peut atteindre plusieurs mois, décourageant ainsi les jeunes à consulter. Bien que des initiatives aient déjà été mises en place, telles que le remboursement partiel de la consultation via l’INAMI, cela ne reste pas suffisant étant donné le long délai avant d’obtenir une consultation. Les écoles et les universités en première ligne : Face à l’augmentation des troubles psychologiques chez les jeunes, certaines écoles et universités ont mis en place des plateformes/cellules de soutien afin de libérer la parole autour de ce sujet encore bien tabou dans de nombreux espaces. Cependant, ces espaces d’accompagnement, sont encore trop souvent méconnus des jeunes ou alors, ils n’arrivent pas à franchir le pas s’ils ne sont pas accompagnés de quelqu’un dans leur démarche.  La santé mentale des jeunes en Belgique est un enjeu majeur de la société actuelle trop souvent mis à la marge des discussions et débats publics. Arriverons-nous, un jour, à voir une société où la santé mentale est prise au sérieux, les jeunes sont accompagnés et les chiffres liés aux troubles psychologiques baissent ? C’est en cours et nous, en tant que jeunes libéraux mais avant tout jeunes, y croyons très fortement car ce sujet nous touche tout particulièrement. Shana Rojtman – – Van Wynsberghe Rédactrice

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