Le fil du libéralisme entre les mains d’Atropos ?

L’épopée du libéralisme est écrite avec des mots-clés tels que liberté et tolérance. 

C’est l’histoire d’une humanité qui a été sous le joug des régimes oppressifs pendant des milliers d’années. Une humanité privée de droits sociaux, politiques et d’opportunités économiques. Suite à l’effondrement du communisme, la lecture libérale de la politique s’est étendue dans le monde. Cette domination se renforce sur la base de deux principes qui distinguent le libéralisme de ses rivaux: son dynamisme et son autocritique. Avant d’aborder la question principale de l’article et de mettre en lumière les deux caractéristiques précédentes, palpons le corps du libéralisme pour en revoir les détails, quoique superficiellement. Le libéralisme a une nature multiforme dont chacune est spécifique à un climat particulier au fil du temps. Le libéralisme est plus une interprétation de l’univers social qu’une idéologie légitimatrice d’un ordre existant. Car par sa quiddité il est non-prescriptif et s’abreuve de l’expérience. La pensée libérale est préoccupée par l’individualité, la diversité, la liberté d’expression et la justice sociale, en d’autre terme, elle est un moraliste qui prône les valeurs civiques. Cependant, toutes ses spécifications mentionnées ne peuvent toujours pas définir le libéralisme, puisqu’il y a des libéralismes. Mais si nous voulons parler au singulier, il fonde l’autonomie individuelle sur la dénégation de toutes les souverainetés absolues.

Selon Timothy Garton Ash, historien à l’université d’Oxford, le fait qu’il y ait tant de livres qui diagnostiquent la mort du libéralisme prouve qu’il est toujours vivant. Certes, le libéralisme est aujourd’hui confronté à des grands défis mondiaux comme le changement climatique, la montée de la Chine, les pandémies et le populisme,  mais ce n’est pas la première fois qu’il rencontre des crises. Il a déjà survécu à trois grandes crises, la première guerre mondiale – crise de l’impérialisme, la deuxième guerre mondiale – crise du fascisme et le défi communiste dans les années 1950 à 1970. Alors, il y a des fortes chances que libéralisme fasse à nouveau son grand retour, mais comment ?

Le libéralisme est dynamique et autocritique, il s’élabore et se modifie progressivement en adoptant certaines idées de ses adversaires et en pratiquant les meilleurs. Par exemple, il a appris du communisme à accorder une valeur non seulement à la liberté mais aussi à l’égalité. Ce libéralisme dynamique se trouve aussi en Belgique. 

Le fil de la vie du libéralisme se tisse et déroule encore s’il protège le pouvoir judiciaire indépendant des populistes et des autoritaires, la société pluraliste, l’indépendance des médias, la solidarité, l’égalité etc. Être libéral est difficile à définir. Mais l’un de ses éléments a toujours été l’optimisme, même si le mot lui-même disparaît, sa foi ne disparaîtra pas.



Sources: 

Timothy Garton Ash, « The future of liberalism »,

Prospect, 9 December 2020, The future of liberalism – Prospect Magazine.

Pierre Rosanvallon, « Le capitalisme utopique », L’histoire de l’idée de marché, Seuil, 1979, Paris.

Brice Couturier, « Le libéralisme n’est pas ce que vous croyez … », Radiofrance,

Le libéralisme n’est pas ce que vous croyez… (radiofrance.fr).

Florent Basch, « La réalité est toujours plus conservatrice que l’idéologie », Contrepoints,

18 Octobre 2013, La réalité est toujours plus conservatrice que l’idéologie – Contrepoints.

Johan Rivaland, « Pourquoi le libéralisme n’est pas une idéologie ? », Contrepoints,

7 Avril 2017, Pourquoi le libéralisme n’est pas une idéologie – Contrepoints.