Thomas Paine, intellectuel, pamphlétaire, philosophe révolutionnaire britannique, américain et français, naquit en 1737 en Grande-Bretagne et décéda à Greenwich Village (New York) en 1809. Il est mondialement connu pour son engagement durant la révolution américaine (1775-1783) en faveur de l’indépendance des treize colonies britanniques en Amérique du Nord. Il a exposé ses positions dans un célèbre pamphlet intitulé Le Sens commun, publié quelques mois avant la signature de la Déclaration d’indépendance américaine en 1776. Dans Le Sens commun (Common sens de son titre original), Paine dénonce l’administration britannique. Le révolutionnaire trouvait anormal qu’une île règne sur un continent. Il sera le précurseur, comme l’évoque l’historien Howard Zinn (1922-2010), à de ce qu’on appel en droit international « le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » (ou droit à l’autodétermination). C’est un principe selon lequel chaque peuple dispose ou devrait disposer du choix libre et souverain de déterminer la forme de son régime politique, indépendamment de toute influence étrangère.

 

Dans son ouvrage pamphlétaire, Thomas Paine propose que les États-Unis se munissent d’une constitution ainsi qu’un canevas à suivre afin de rédiger une Charte des Colonies Unies. Cette charte serait en quelque sorte un Magna Carta américaine. Pour rappel, la Magna Carta originale désigne plusieurs versions d’une charte arrachée pour la première fois par le baronnage anglais au roi Jean sans Terre en juin 1215 après une courte guerre civile qui culmine par la prise de Londres. Les barons, excédés par les demandes militaires et financières du roi et par les échecs répétés en France, y imposent, dans un esprit de retour à l’ordre ancien, leurs exigences : la libération d’otages retenus par le roi, le respect de certaines règles de droit propres à la noblesse, la reconnaissance des franchises ecclésiastiques et bourgeoises, le contrôle de la politique fiscale par un Grand Conseil.

 

Dans son ouvrage Justice agraire, l’auteur « propose un impôt de dix pourcents sur les transmissions de terre lors des successions et d’utiliser les sommes récoltées pour verser à chaque personne à l’âge de 21 ans une dotation de 15 livres puis à toutes les personnes âgées de plus de 50 ans 10 livres par an à vie » (Van Parijs, 2005).

Sources:

Damon Julien, Pauvreté et précarité en chiffres, Les Cahiers français, n° 390, 2016, pp. 8-14.

Lacroix, Jean-Michel. Histoire des États-Unis, PUF, coll. « Quadrige », 2006, p. 74.

Ferry, Jean-Marc. 2016. L’allocation universelle: pour un revenu de citoyenneté. Nouvelle éd. Lexio. Paris: les Éditions du Cerf.

Spence, Thomas.  The Rights of Infants. 1797, p.87.

Vanderborght, Yannick. Van Parijs, Philippe. L’allocation universelle. 2005. Repères 412. Paris: la Découverte