En 2022, l’Union européenne a 30 ans.
C’était le 7 février 1992 à Maastricht, douze pays[1] se mettaient d’accord sur le traité fondateur de l’Union Européenne.
Depuis, l’UE a beaucoup changé et fait l’objet aujourd’hui de beaucoup de critiques voire de certaines divergences en son sein.
Alors, le 9 mai 2021 à l’initiative du Parlement européen, de la Commission européenne et du Conseil de l’UE, la Conférence sur l’avenir de l’Europe a été lancée. À travers cette conférence, ces trois institutions souhaitent donner la possibilité aux citoyens européens de s’exprimer et d’échanger sur différentes thématiques pour repenser le vieux continent.
À cette fin, une plateforme web multilingue a été mise en ligne et des événements ont été organisés à travers l’Europe sur le plan européen, national, régional et parfois même local. Cet exercice de démocratie participative a pour objectif d’amener des contributions citoyennes aux réflexions des institutions européennes et devrait parvenir à des conclusions à la fin du printemps 2022. Les trois organes institutionnels se sont engagés à donner suite, dans la mesure de leurs compétences, aux recommandations formulées lors des différentes sessions.
Depuis le lancement en mai 2021, 5.993 événements ont été organisés en présentiel et en virtuel partout sur le vieux continent, et au total ce sont plus de 500.000 européens qui ont amenés leurs contributions. Tous pays confondus, la plateforme a reçu un peu plus de 16.000 idées.
Dans ce sens, deux JeunesMR, Merveille Siassia 30 ans, conseiller communal MR-IC de La Louvière, et Liridon Demiri, originaire de Evere et étudiant en droit âgé de 19 ans, ont participés à des sessions de discussions organisées dans le cadre de cette grande réflexion sur l’avenir de l’Europe, l’un au sein du Parlement wallon, et le second auprès du Parlement bruxellois. À la suite de ces événements, le PiccoloMag a recueilli leurs expériences.
[1] Belgique, Allemagne, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Danemark, Irlande, Royaume-Uni, Grèce, Espagne, Portugal

L’hackathon du Parlement wallon
Merveille Siassia a participé à l’Hackathon du Parlement wallon les 20 et 21 novembre derniers, qui regroupait vingt-six citoyens originaires de Wallonie âgés entre 22 et 36 ans.
Les participants se sont répartis en six équipes pour créer et défendre un projet autour de deux thématiques : le premier thème était l’impact des modes de vies sains et du changement climatique sur la qualité de la vie en Europe, le deuxième concernait les barrières à l’emploi des jeunes en Europe. Cinq intervenants spécialisés ont accompagné les discussions, et ont aussi participé en tant que jury pour désigner les deux projets les plus convaincants.
Les différents projets ont été défendus à l’assemblée du Parlement wallon par un rapporteur désigné dans chaque groupe, Merveille a défendu son projet relatif aux barrières à l’emploi chez les jeunes européens.
Les deux projets retenus ont été déposés sur la plateforme numérique de la Conférence, et les données récoltées seront utilisées par les organes institutionnels de l’UE pour repenser l’avenir de l’Europe.
Le compte rendu de l’hackathon est disponible sur le site du Parlement wallon.
Le Panel citoyen du Parlement bruxellois
À l’occasion de cette même Conférence sur l’avenir de l’Europe, Liridon Demiri a participé du 5 au 6 février 2022 au Panel citoyen organisé par le Parlement bruxellois avec 40 jeunes bruxelloises et bruxellois entre 18 et 30 ans sélectionnés parmi 750 inscrits.
Les participants ont déterminé les sujets de discussions suivants : le fonctionnement des institutions européennes, la participation citoyenne, y compris le droit de vote, l’identité européenne, la problématique de l’information et de l’éducation
Après une présentation des thèmes et des enjeux par des experts, les participants se sont réunis en cinq groupes, et devait choisir deux sujets sur lesquels mettre en commun leurs idées et développer des recommandations à défendre au sein de l’hémicycle en présence des autres participants, des médiateurs, et de Rachid Madrane (PS), président du Parlement de la région bruxelloise.
Chaque groupe a nommé un rapporteur pour présenter les recommandations et Liridon était le rapporteur de son groupe sur la problématique de l’éducation.
Les recommandations ont été adoptées comme lors d’une séance plénière classique, après la présentation des textes, il était possible de débattre et d’émettre des amendements, suivi du vote. Sur 40 recommandations émises, 38 ont été adoptées.
Elles ont également été transmises via la plateforme numérique et serviront aux institutions de l’UE pour repenser son avenir.
D’après Liridon, les discussions portant sur le renforcement de l’histoire nationale ont été les plus animées, certains argumentant la nécessité de mieux connaître l’histoire, alors que d’autres craignant que cela ne renforce des idées de mouvance identitaire.
Par contre, l’idée d’une semaine européenne consacré aux Etats-membres à remporter une nette adhésion.
Le compte rendu du Panel citoyen est disponible sur le site du Parlement bruxellois.
Pourquoi avoir participé à ces évènements, et recommanderiez à d’autres jeunes d’y participer ?
Tous les deux sont convaincus qu’une Europe forte, unie et solidaire est nécessaire tant sur le plan économique et social pour ses citoyens, que sur la scène internationale pour faire face aux autres grandes puissances.
Pour Liridon, prendre la parole est essentiel dans une démocratie et pouvoir participer à des ateliers de réflexion permet de faire entendre sa voix, et écouter les idées des autres. Participer c’est aussi s’impliquer dans son avenir, souligne-t-il.
Ces évènements sont un échange d’idées, une collaboration entre différents individus pas forcément d’accord et qui en même temps parviennent à un résultat.
Quant à Merveille, ces débats sont l’opportunité de pouvoir exprimer ses opinions, confronter ses idées à d’autres, mais aussi apprendre à écouter les idées d’autres personnes. C’est un échange de point de vue qui nourrit la pensée, et qui, dans ce cas, alimente la réflexion sur le développement de la société européenne.
En tant que jeunes, quelle serait pour vous l’Europe du futur idéale ?
Tous les deux souhaitent une Europe plus proche de ses citoyens, que ces derniers soient mieux informés des projets et politiques menés à l’échelle européenne. Que les européens soient plus souvent sollicités pour exprimer leurs avis et faire avancer l’UE ensemble.
Ils estiment qu’il serait nécessaire d’harmoniser certaines actions pour une meilleure cohésion sociale et économique dans l’espace européen, mais aussi pour être plus compétitif sur la scène internationale, et retravailler l’industrie européenne afin de ne pas avoir à se tourner vers l’extérieur face à des situations difficiles.
Selon eux, l’Europe idéale serait une Europe forte d’idées, de culture, de politiques communes et qui se place sur l’échiquier mondial en prenant position ensemble.
Sources :
Interview du 12 février avec Liridon Demiri et Merveille Siassia
https://www.parlement-wallonie.be/wp-content/uploads/2021/12/20211121_Hackathon.pdf
https://futureu.europa.eu/?locale=fr
https://futureu.europa.eu/pages/about
https://www.consilium.europa.eu/fr/policies/conference-on-the-future-of-europe/