
Récemment, la 25e édition du Parlement Jeunesse a eu lieu. Cet événement a rassemblé 120 jeunes au sein du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Le Parlement Jeunesse réunit chaque année, depuis 25 ans, des jeunes âgés de 17 à 26 ans. Ceux-ci proviennent de tous les horizons et sont issus de toutes les classes sociales. Ces jeunes prennent part à une simulation parlementaire en tant que député d’un pays fictif : la Péjigonie. Pendant une semaine, des débats sont organisés à propos de projets de décrets fictifs proposés par des membres du Parlement Jeunesse. Ces membres jouent le rôle de ministres. À l’occasion de cette édition, nous avons pu interroger la présidente du Parlement Jeunesse, Delara Pouya. Nous la remercions d’avoir accepté de répondre à nos questions.
Pourriez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Delara Pouya, je suis présidente du Parlement Jeunesse depuis 2 ans. Accessoirement, je travaille avec Nathalie Gilson à la chambre des représentants. Je suis aussi étudiante et je fais un deuxième master en science politique.
Quel est le but du Parlement Jeunesse ?
Le but est d’éduquer et d’initier les jeunes à la citoyenneté et à la démocratie. La stratégie du Parlement Jeunesse, pour atteindre cet objectif, est d’organiser une fois par an, pendant une semaine, une simulation parlementaire au sein du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. À cette occasion, 120 jeunes se réunissent dont 80 qui prendront une place de député. Ils débattront et voteront des décrets. Depuis 5 ans, nous avons mis en place un « pôle presse » pour reproduire l’écosystème démocratique. En plus des députés, une dizaine de jeunes tient le rôle de journaliste. Tous les jours, ils réalisent un journal.
Votre rôle en tant que présidente ?
Je suis la présidente de l’ASBL (conseil d’administration). La présidence est assurée par un membre du conseil d’administration. Traditionnellement, c’est le/la président(e) du conseil qui prend le rôle de président(e) de l’assemblée. De ce fait, je suis la présidente du parlement.
Mon rôle est de répartir le temps de parole, de surveiller les débats et voir si le règlement est respecté.
Quelle expérience cela vous a-t-il apporté ?
Au-delà de l’aspect connaissance sur le fonctionnement parlementaire, c’est la difficulté d’être parlementaire. Ça apporte une certaine empathie par rapport au système parlementaire. J’ai beaucoup appris sur l’argumentation, la prise de parole en public et le travail d’équipe (en tant que présidente). Surtout, les rencontres.
Pensez-vous que nous pourrions faire plus d’efforts pour intéresser et sensibiliser les jeunes à la politique ?
La promotion des ASBL comme la nôtre est toujours bien. La participation des jeunes en politique est un débat depuis ces dernières années mais je ne pense pas que les jeunes soient désintéressés par la politique. Statistiquement, on voit une augmentation dans les inscriptions pour le Parlement Jeunesse. Pourtant, on remarque aussi que la plupart des participants sont des étudiants. Je pense qu’il faudrait faire plus d’efforts pour les jeunes issus de milieux défavorisés.
Vous êtes une militante féministe et rédactrice chez « les impactantes » (un média qui lutte contre les stéréotypes chez les femmes), que pourriez-vous dire des jeunes femmes en politique ? Sont-elles suffisamment présentes et représentées, devrions-nous faire plus d’efforts ?
Avec l’expérience que j’ai eu au Parlement Jeunesse, j’ai remarqué que ce sont les femmes qui prennent plus souvent la parole et qui sont plus à l’aise. Quand une d’entre-elle prend la parole, ça motive les autres. C’est un bon indicateur. D’ailleurs, au niveau des inscriptions au Parlement Jeunesse, il y a pratiquement une parité 50-50 hommes et femmes. Je pense que les jeunes femmes ont besoin de modèles en politique, comme Sophie Wilmès. Mais le problème, c’est de pouvoir s’imposer.
Une dernière chose ?
Cette année, au Parlement Jeunesse, on avait des projets de décrets clivants comme sur l’euthanasie ou le sujet du colonialisme dans la scolarité. On pensait que cela serait compliqué mais tout s’est bien passé. J’ai compris que si on encadrait correctement le débat de société et qu’on donne tous les éléments de compréhension, la jeunesse sait s’accorder sur certaines positions. Ce qui est très enrichissant.
Sources :
https://www.parlementjeunesse.be/simulation-parlementaire/
https://www.parlementjeunesse.be/wp-content/uploads/2019/05/Information-du-partenaire-2019-2.pdf
https://www.parlementjeunesse.be