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La santé mentale et les jeunes, un enjeu majeur trop souvent ignoré

La santé mentale des jeunes est un sujet crucial de notre société, simplement, il est encore trop souvent mis de côté ou non-pris au sérieux. Alors que les problèmes psychologiques tels que l’anxiété ou la dépression explosent parmi les jeunes, les moyens mis en place pour les accompagner et les soutenir restent insuffisants. Malgré quelques avancées, les infrastructures déjà présentes, peinent à répondre aux différents problèmes liés à la santé mentale. Une augmentation inquiétante des troubles psychologiques : En Belgique, les chiffres liés à la santé mentale chez les jeunes augmentent considérablement. Selon l’UNICEF, en 2022, 16,3% des jeunes âgés entre 10 et 19 ans en Belgique, sont diagnostiqués avec un trouble mental et selon l’Institut Sciensano (belge), un jeune sur trois souffrirait de troubles anxieux ou dépressifs. La pandémie de Covid-19 a, selon l’UChicago Medecine, aggravé la situation, entraînant une hausse des consultations psychologiques pour des cas de détresse profonde. Les causes de ces troubles sont souvent liées à la pression académique ou scolaire, les informations quotidiennes liées aux conflits mondiaux par exemple et la précarité économique. Malgré cette réalité, les jeunes ont du mal à parler de ce qui leur pèse, en raison de la stigmatisation qui entoure la santé mentale et de la non-prise au sérieux des problèmes qui les touchent. Des services saturés et insuffisamment financés : Le principal problème lié à la santé mentale en Belgique réside dans le manque de structures accessibles, en termes financier et temporel, aux jeunes. En effet, tant en Wallonie qu’en Flandre et à Bruxelles, les services psychologiques et psychiatriques souffrent d’un manque de financement et de sous-effectif. Le délai pour obtenir une consultation avec un psychologue et ou un psychiatre peut atteindre plusieurs mois, décourageant ainsi les jeunes à consulter. Bien que des initiatives aient déjà été mises en place, telles que le remboursement partiel de la consultation via l’INAMI, cela ne reste pas suffisant étant donné le long délai avant d’obtenir une consultation. Les écoles et les universités en première ligne : Face à l’augmentation des troubles psychologiques chez les jeunes, certaines écoles et universités ont mis en place des plateformes/cellules de soutien afin de libérer la parole autour de ce sujet encore bien tabou dans de nombreux espaces. Cependant, ces espaces d’accompagnement, sont encore trop souvent méconnus des jeunes ou alors, ils n’arrivent pas à franchir le pas s’ils ne sont pas accompagnés de quelqu’un dans leur démarche.  La santé mentale des jeunes en Belgique est un enjeu majeur de la société actuelle trop souvent mis à la marge des discussions et débats publics. Arriverons-nous, un jour, à voir une société où la santé mentale est prise au sérieux, les jeunes sont accompagnés et les chiffres liés aux troubles psychologiques baissent ? C’est en cours et nous, en tant que jeunes libéraux mais avant tout jeunes, y croyons très fortement car ce sujet nous touche tout particulièrement. Shana Rojtman – – Van Wynsberghe Rédactrice

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Quand la sécurité devient un privilège : pourquoi les dispositifs d’urgence échouent face à la diversité des besoins ?

Que faire lorsqu’on est confronté à une situation d’urgence — une crise médicale, une agression, un incendie — sans pouvoir appeler les secours ? C’est une réalité pour de nombreuses personnes sourdes, malentendantes ou ayant des troubles de locution. Pour répondre à ce besoin, le 112 a mis en place une application dotée d’un chat, censé permettre de contacter les services d’urgence par message écrit. Ce dispositif, pensé comme une solution d’égalité d’accès à la sécurité, devait offrir une alternative aux appels téléphoniques classiques. Au moment critique, le chat a échoué. Cette défaillance technique peut entraîner des conséquences graves, laissant la personne porteuse d’un handicap sensoriel ou verbal sans assistance. Dès que le problème a été médiatisé, la députée Julie Tatton a interpellé le gouvernement en commission parlementaire. Peu après, le ministre Bernard Quintin a annoncé qu’une « attention particulière » serait portée à la résolution de ce problème : « Nous renforçons les possibilités d’interaction non verbale lors des appels d’urgence, notamment pour les personnes malentendantes (sourdes et ayant des troubles de communication), et nous menons des actions pour le faire connaître au public. » Cette déclaration constitue une reconnaissance politique du problème. Mais elle met également en lumière une faille institutionnelle : pourquoi une défaillance dans un service destiné à une population vulnérable n’a-t-elle été détectée qu’après une médiatisation publique ? Ce n’est pas seulement une question de gestion technique : c’est le signe d’un modèle institutionnel centré sur une norme dominante, où l’accès à la sécurité reste conditionné à la capacité de fonctionner dans le cadre de cette norme. Une réponse politique ponctuelle, mais une défaillance systémique La mise en place du chat du 112 répondait à une volonté politique légitime : rendre les services d’urgence accessibles aux personnes qui ne peuvent pas utiliser la voie téléphonique classique. Cependant, le fait que le dispositif ait été opérationnel sans véritable contrôle ni test approfondi révèle une faille dans la gestion des services publics. L’accessibilité est trop souvent pensée comme une correction secondaire, et non comme une composante essentielle du dispositif de sécurité. Les services d’urgence sont conçus prioritairement pour les usagers « standardisés », capables de s’exprimer verbalement, laissant les autres à une prise en charge de second ordre. Le sociologue Robert Castel a théorisé ce modèle d’exclusion implicite dans son analyse des sociétés modernes : « La protection sociale repose sur un modèle d’intégration où la reconnaissance des droits est fondée sur la conformité à un modèle dominant de citoyenneté. Toute déviation par rapport à ce modèle crée une situation de vulnérabilité structurelle. » Autrement dit, l’accès aux services publics reste conditionné à la capacité de se conformer à une norme d’interaction sociale. Ce n’est pas une exclusion explicite, mais une incapacité systémique à concevoir la sécurité comme un droit fondamental garanti à toutes et tous. Une nouvelle initiative, un ancien schéma d’exclusion Le 8 mars dernier, lors de la Journée Internationale des Droits des femmes, le ministre Yves Coppieters a annoncé une série de mesures pour renforcer la lutte contre les violences conjugales. En visite au Pôle de Ressources Spécialisées en Violences Conjugales et Intrafamiliales à Liège, il a présenté deux axes stratégiques : L’augmentation des moyens alloués au Pôle DIViCo (Dispositif de Lutte contre les Violences dans le Couple) ; La création d’un numéro d’appel unique à trois chiffres pour simplifier et centraliser la prise en charge des victimes. C’est là que réside le cœur du problème systémique : cette nouvelle initiative est pensée pour répondre aux besoins de la majorité — des victimes capables de passer un appel vocal en cas d’urgence. Les victimes sourdes, malentendantes, ou ayant un trouble de locution, pourtant exposées à un risque accru de violences intrafamiliales, risquent d’être laissées de côté dans la conception du dispositif. L’idée d’un numéro d’appel unique à trois chiffres repose sur un principe d’accès facilité : une solution simple à mémoriser, rapide à composer, et censée garantir une réponse immédiate en cas d’urgence. Mais une telle initiative, bien qu’efficace pour la majorité, soulève une question fondamentale : Faciliter l’accès le rend-il réellement accessible à toutes et tous ? les femmes porteuses d’un handicap sensoriel ou verbal, incapables d’utiliser un appel vocal classique, seront-elles prises en compte dans la mise en œuvre de cette initiative ? Ce paradoxe, entre une volonté d’accessibilité et une exclusion persistante, est d’autant plus problématique que ces femmes sont justement plus exposées au risque de violences. Les femmes en situation de handicap sont deux fois plus menacées par les violences domestiques que les autres femmes. En France, une étude de la DREES, publiée en juillet 2020, a révélé que 9 % des femmes handicapées ont été victimes de violences physiques et/ou sexuelles, contre 5,8 % des femmes sans handicap. Cette vulnérabilité accrue découle directement d’une structure institutionnelle centré sur une norme fonctionnelle standardisée, ignorant leurs besoins spécifiques en matière de sécurité et d’efficacité dans la prise en charge. Cette tendance à négliger la diversité des profils des victimes se reflète également dans le fonctionnement concret des dispositifs de protection : Données clés sur les violences conjugales (2023) 82 interventions du dispositif DIViCo en un an 13 067 appels à la ligne d’écoute spécialisée (soit une moyenne de 36 appels/jour) 22 % des appels effectués par des proches ou des professionnels 2 % des appels émanant des auteurs de violences Mais combien de ces appels concernent des victimes en situation de handicap ? L’absence de ces données reflète la lacune institutionnelle dans la prise en compte des besoins spécifiques. Si ces dispositifs échouent pour les victimes en situation de handicap, c’est précisément parce que le système est calibré pour répondre uniquement au standard majoritaire. Un modèle d’exclusion ancré dans l’organisation du système. Cette logique d’exclusion systémique n’est pas une simple faille technique : elle est le produit d’une organisation institutionnelle qui laisse systématiquement en marge les besoins des minorités vulnérables. On observe une dynamique similaire dans l’accès à la santé : selon une étude du Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE), les personnes en situation de

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Le cannabis dans le milieu médical

Saviez-vous qu’il existe une société belge qui extrait des molécules issues de la plante du cannabis pour les utiliser dans le secteur de la santé ? Le groupe de travail santé a eu l’opportunité d’aller à la rencontre de l’un de ces fondateurs, Flora, bio-ingénieur de formation. En collaboration avec deux autres fondateurs, Lionel et Jonathan, tous deux ingénieurs de gestion, Flora a créé CBX medical, il y a deux ans et demi. Cette société belge est spécialisée dans le développement de produits à base de cannabinoïdes, tel que le cannabidiol (CBD). Ces produits sont uniquement disponibles en pharmacie. Les trois fondateurs sont en effet convaincus des bienfaits pour la santé de ces molécules non-stupéfiantes présentes dans la plante de cannabis. Aujourd’hui, ces produits à base de CBD se vendent surtout dans des CBD shop ou sur internet, alors qu’ils devraient se retrouver en pharmacie où une qualité et un conseil de la part de spécialistes peuvent être assurés. Leur but est de ramener ces produits à base de CBD et d’autres cannabinoïdes non stupéfiant comme le cannabigérol (CBG) dans les pharmacies. Pour cela, une grande partie de leur travail est d’aller sur le terrain, présenter leurs produits aux spécialistes de la santé et donner des formations. CBX medical repose sur deux piliers importants, la science et l’éducation. Pour le pilier scientifique, le CBD a été découvert en 1964, suivi de la découverte du système endocannabinoïde. C’est un sujet de recherche en pleine effervescence car il y a encore pleins de choses à découvrir et CBX essaye de le faire de différentes manières. Ils ont par exemple coordonné des mémoires au sein d’universités européennes notamment avec la faculté de pharmacie de l’Université Libre de Bruxelles et l’Université de Gembloux. De plus, ils ont aussi créé une fondation, la « CBX Foundation » dont la première initiative a été de créer un concours pour la recherche académique, qui récompense les meilleurs sujets de mémoire : la « Research Award for cannabis in Europe (RACE) ». La prochaine édition de RACE est prévue en 2024 et les étudiants peuvent déjà s’inscrire. Le but de CBX à travers ces initiatives est de stimuler le corps académique à s’intéresser à la plante de cannabis et toutes ces utilisations pour pousser la recherche en Europe. Pour le pilier éducation, Flora attire notre attention sur le manque de connaissances du monde médical au sujet des cannabinoïdes. Elle nous explique qu’au début du projet, CBX a vite été confronté à des problèmes lors de la présentation de leurs produits dans les pharmacies car ces derniers pensaient soit qu’il s’agissait de drogues soit ils ne savaient pas comment utiliser ces produits. Dans une logique de former ces professionnels, CBX medical a donc mis en place une série de formation pour les professionnels de la santé. Une autre activité complémentaire à leurs 2 piliers est la mise en place d’un champ expérimental l’année passée, dans la région de Chaumont-Gistoux, pour aider à développer la filière au niveau de l’agriculture en Belgique. Ils y ont planté deux variétés autorisées au niveau de l’Europe car elles ont une concentration inférieure à 0,3% de THC. Cette expérience va être réitérée cette année dans la commune de Lasne. A côté de cette plantation, CBX a aussi fait une exposition sur l’utilisation « zéro déchet » de la plante de cannabis, où ils ont illustré l’utilité de toutes les parties de cette plante. En plus d’être acteur dans la recherche, ils ont leur gamme de produits vendus en pharmacie qui répond à trois catégories de besoins : (1) bouger, (2) relaxer et (3) régénérer. Ces produits n’ont pas d’effets planant car ils ne contiennent pas de THC. Par exemple, dans la catégorie « bouger » on retrouve un gel refroidissant à base de CBD, le canflex, et un gel chaud à base de CBG, le canmove, pour les articulations et muscles. Laetitia Tursugian, déléguée santé

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Adrien Proust, anticipateur du Covid ?

Adrien Proust, anticipateur du Covid ? Par Gauthier Jacques Le 18 novembre dernier, nous célébrions le bicentenaire de la mort de Marcel Proust (1871-1922), célèbre auteur de la Recherche. Mais connaissez-vous son père, Adrien Proust ?  Adrien Proust est né en 1834 et se maria en 1870 avec Jeanne-Clémence Weil. Adrien Proust fut professeur à la faculté de médecine de Paris et grand hygièniste, conseiller du gouvernement pour la lutte contre les épidémies. Adrien Proust est un des premiers médecins à établir des règles de distanciation physique. Auteur d’une vingtaine de livres, il fut l’un des penseurs européens majeurs de la quarantaine, du cordon sanitaire moderne et du confinement à l’époque où la peste, la fièvre jaune et le choléra avaient le vent en poupe et étaient très meurtriers. Occupé par toutes ses activités, il ne fut guère présent auprès de Marcel et Robert, ses deux enfants.

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Rencontre avec Yannis Bakhouche

Article de Laetitia Tursugian