Certains suggèrent que la Belgique devrait évoluer vers un pays de quatre Régions. Cette idée se retrouve certainement chez les régionalistes wallingants mais aussi au Nord du pays. Ce modèle gagne en popularité en partie parce que la Région Bruxelles-Capitale a pris plus de poids suite à une réforme antérieure de l’Etat et gère de facto des compétences communautaires. En outre, il est évident que la complexité inédite de l’Etat belge nous pousse à réfléchir à une structure de celui-ci plus simplifiée. La division politique actuelle de la Belgique est basée sur l’existence de quatre zones linguistiques. Ce sont : le néerlandais, le français, l’allemand et la zone bilingue de Bruxelles-Capitale. Les Régions – flamande, wallonne et bruxelloise – coïncident avec le territoire de ces zones, sauf en Belgique germanophone. Pour les Communautés, la situation est plus complexe. La Communauté germanophone n’exerce ses compétences que dans la région germanophone. Les Communautés flamande et française (officieusement : Fédération Wallonie-Bruxelles), quant à elles, exercent leurs compétences non seulement dans leur région linguistique, mais aussi dans la Région de Bruxelles-Capitale. Les compétences exercées par les Communautés sont « liées à la personne« . Ils comprennent (en tout ou en partie) des domaines tels que la culture, les médias, le tourisme et l’éducation. Les régions gèrent (une partie des) affaires liées au territoire, telles que les travaux publics, l’énergie, la mobilité ou la politique du marché du travail. Dans une Belgique qui compte quatre Régions, les subdivisions ne coïncident en principe qu’avec les régions linguistiques, sauf à Bruxelles. Du vieux vin dans des bouteilles neuves ? Dans une large mesure, cette Belgique existe déjà aujourd’hui. La première raison en est la spécificité de la Région de Bruxelles-Capitale. D’une part, les deux grandes Communautés sont responsables séparément de questions telles que la culture, l’éducation, la jeunesse et le bien-être. Ils exercent ces pouvoirs par l’intermédiaire d’organes distincts (les commissions communautaires). D’autre part, les Communautés ont également des compétences communes par le biais de la Commission communautaire commune (COCOM). Cela concerne, par exemple, les allocations familiales, l’intégration des migrants et la gériatrie résidentielle. La COCOM est composée de membres du gouvernement et du parlement de la Région de Bruxelles-Capitale. En outre, depuis la sixième réforme de l’État, la Région bruxelloise exerce, en plus de ses propres compétences, des compétences communautaires dans le domaine du sport et du tourisme. En bref, à Bruxelles, de nombreuses matières qui relèvent effectivement de la compétence des Communautés sont de facto et de jure également exercées par la Région. Inversement, selon l’article 139 de la Constitution belge, la Communauté germanophone peut gérer des compétences qui sont normalement exercées par la Région wallonne. Elle le fait déjà pour le logement et l’aménagement du territoire. Enfin, sur le plan institutionnel, la Région flamande et la Communauté flamande ont déjà fusionné en 1980. La conséquence curieuse de cette situation est que lorsque des questions qui ne concernent que la Région flamande sont décidées, seuls 118 des 124 membres du Parlement flamand ont le droit de vote. Les six membres de ce parlement qui ont été élus à Bruxelles ne peuvent pas voter. Une différence entre le modèle des quatre Régions et celui que nous connaissons aujourd’hui est que la Communauté germanophone serait officiellement mise sur le même pied que les autres Régions. Ce ne serait que la confirmation d’une situation factuelle. En théorie, Bruxelles deviendrait également une Région autonome. Mais elle l’est déjà en partie aujourd’hui. Cependant, les Communautés disparaîtraient. En soi, cela semble effectivement être une simplification. Mais il reste à voir si c’est le cas dans la pratique. Car la plupart des défenseurs du modèle des quatre Régions souhaitent que les Communautés continuent d’exister sous une forme ou une autre pour certaines questions, comme l’éducation ou la culture. Ainsi, la structure complexe actuelle continuera d’exister à Bruxelles sous une forme ou une autre. De plus, les Régions sont beaucoup plus nuisibles à la cohésion de l’État belge que les Communautés. Ces dernières ont encore le mérite de lier institutionnellement la Région de Bruxelles-Capitale. Il suffirait d’enlever les Communautés et les quatre entités fédérées restantes deviendraient des îles institutionnelles, encore plus qu’aujourd’hui. Pas de stabilisation L’objection fondamentale au système proposé est que la réforme ne stabilisera pas le fédéralisme belge. A moins que l’on ne pense naïvement que la quatrième, la Région germanophone, apporterait un contrepoids aux autres entités fédérées. Mais nous ne voyons pas comment les représentants de 70 000 citoyens pourraient stabiliser la Belgique politique. De plus, les entités fédérées sont et restent déséquilibrées. La Flandre compte deux fois plus d’habitants que la Wallonie, et près de 1000 fois ( !) plus d’habitants que l’actuelle Communauté germanophone. Cette Communauté a une superficie de 854 km² (plus de deux fois plus petite que l’arrondissement de Verviers, dont elle fait partie !). Penser que le nationalisme en Belgique sera stoppé parce que 70 000 habitants (Anvers en compte 500 000) auront une « Région à part entière » semble donc plus un vœu pieux qu’une réalité politique. Ou bien les nationalistes vont-ils abandonner leur combat parce que quelques hameaux obtiennent plus d’autonomie ? Regardons les choses en face. Les problèmes de la vie communautaire en Belgique ne seront pas résolus par l’acquisition d’une région par la population germanophone. En fait, c’est le contraire qui risque de se produire. La province de Liège va se désintégrer (comme le Brabant avant elle) et, à mesure que les compétences germanophones s’étendent, une dynamique autonomiste risque de se développer, les politiciens germanophones s’efforçant de créer leur propre État régional. Aujourd’hui, la Communauté germanophone peut déjà conclure des traités internationaux. En fait, elle peut même entraver le fonctionnement de l’UE. En effet, dans les « traités mixtes », chaque État fédéral dispose d’un droit de veto unilatéral. Bruxelles peut avoir une population relativement importante. Mais dans un système avec deux Etats fédérés dominants, le territoire bruxellois n’a pas assez de poids. De plus, Bruxelles est traversée par deux communautés politiques. Par conséquent, ni les entités germanophones ni les entités fédérées bruxelloises ne sont
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Par Gauthier Jacques, journaliste Piccolo Le féminisme ne date pas d’hier, tant s’en faut, et heureusement devrais-je dire. Nous n’allons évidemment pas retracer l’histoire du féminisme, bien qu’intéressante, car ce n’est pas le propos de cet article. Il est toutefois important de comprendre qu’une personne dite féministe n’est pas une vieille lesbienne avec des poils en-dessus des bras comme certains pensent. Nous sommes toutes et tous féministes, ou du moins nous devrions l’être dans une moindre mesure, même si nous n’osons – je ne sais pour quelles raisons – pas nous définir comme tel. La révolution féministe a pris un tournant mondial grâce à l’apparition du mouvement #Metoo qui a permis une certaine transcendance intergénérationnelle mondiale. En effet, ce mouvement transcende les classes sociales, les couleurs de peau, etc. Ce mouvement est capital dans la lutte féministe car les femmes ont pu se rendre compte qu’elles n’étaient pas seules et que, à un endroit de la terre, une autre femme a, elle aussi, partagé cette même expérience : agressions verbales, agressions physiques, viols, etc. D’autres mouvements ont aidé la propagation des idées féministes, parfois de manière violente même. C’est notamment le cas des FEMEN, groupe féministe d’origine ukrainienne, fondé à Kiev en 2008 par Hanna Hutsol, Oksana Chatchko et Oleksandra Shevchenko. Bien que je ne sois pas particulièrement en faveur de leurs méthodes – que je trouve trop violentes – je pense que ce mouvement a remis en question la dualité du sein féminin. Jadis, nous avions tantôt, un sein nourricier, tantôt, un sein sensuel, dédié aux plaisirs charnels. Les FEMEN rajoutent ce que j’appellerais le sein politique. En effet, ces dernières utilisent leurs poitrines pour y inscrire des messages politiques, courts, mais percutants. Petite parenthèse quant à cette poitrine qui choque toujours autant. Prenons l’exemple d’un homme qui se promène torse nu – nous voyons déjà bien facétie langagière car nous pourrions très bien parler de poitrine, certes non-développée chez l’homme, mais bon – il ne recevra probablement aucune critique dans la rue. Or, si nous prenons une femme qui se promène, tout comme l’homme, seins nus… mon dieu… les insultes, sifflements, regards obscènes sortent à profusion… Pour terminer avec ce mouvement, j’aimerais nuancer mon propos. Je ne suis pas contre le mouvement en tant que tel mais contre les pratiques utilisées pour leurs revendications. En effet, je ne trouve pas utile d’exposer ces seins avec un slogan politique. Je pense même que cette attitude peut desservir leur cause car cela renforce les propos de certains machistes qui diront « regardez, vous voyez bien, ce sont des sauvages ». Alors que non, ce sont des personnes exaspérées par les conditions sociales, politiques, économiques, psychologiques, dans lesquelles elles vivent. Tous ces mouvements montrent, cependant, que nous vivons toujours dans une société phallocrate, misogyne, où les femmes n’ont pas toutes les mêmes droits tout simplement à cause d’un fait biologique simple : être femme. Inutile de vous mentionner les conditions horribles, ineffables, que ces femmes vivent quand on leur ajoute de simples adjectifs comme : noires, lesbiennes, obèses, transgenres, et la liste est encore longue. Nonobstant, si le féminisme est loin d’être velléitaire, il ne doit pas – selon moi – perdre son temps à des idioties contemporaines. En effet, bien que je sois en faveur de la féminisation de professions, je suis – d’un point de vue linguistique – purement contre l’écriture inclusive. Elle rend la lecture incompréhensible et, selon moi, peut avoir un effet contreproductif et, donc, nuire à l’image positive escomptée par cette action. Enfin, pour conclure, je dirais que la conscience féministe devrait, toutes et tous, nous habiter et que la lutte ne fait que de commencer. Mais nous, féministes, femmes et hommes, respectueuses et respectueux d’autrui, nous mènerons le combat et ça sera, un jour ou l’autre, payant !
Par Bélinda Gérard, co-Présidente des Jeunes MR d’Ixelles. Jeune MR depuis plus de 7 ans, je représente actuellement les jeunes libéraux ixellois au titre de co-Présidente des Jeunes MR d’Ixelles. Co-présidence que j’ai tenue à conduire cette année car active depuis plus de 4 ans au sein du comité des jeunes MR d’Ixelles comme Secrétaire Politique et membre active, je souhaitais apporter mon optimisme et représenter notre jeunesse, si diversifiée, au sein du territoire d’Ixelles. Être libérale et militante de “Black Lives Matter” était pour moi un moyen d’exprimer certains droits et l’expression de libertés importantes pour la communauté afropéenne le 7 juin dernier. Cette manifestation mondiale portait plusieurs messages pour les droits civiques et la justice sociale des afro du monde entier. Le point déclencheur de ces différentes manifestations fut l’écho de la mort tragique d’un homme noir sous le genou d’un policier blanc dans la situation sociale et politique que connaît encore les États-Unis d’Amérique. Les manifestants du monde entier et les différentes marques de solidarités postées sur les réseaux sociaux en soutien aux souffrances connues par ces communautés ont amenées le monde à prendre conscience des inégalités sociétales et spécifiquement celles vécues par les hommes et les femmes noirs aux Etats-Unis. Des centaines de milliers de personnes sans clivages de couleurs et solidaires à l’histoire de George Floyd ont témoignés à travers les réseaux des gestes de solidarités sous différentes formes. Le MR, sous la Présidence de Georges-Louis Bouchez, a aussi tenu à afficher le visage de Martin Luther King, une figure hautement reconnue pour avoir prôné les droits des Afro-Américains et leur intégration égalitaire dans la société américaine. Les origines du mouvement “Black Lives Matter” Le mouvement “Black Lives Matter” traduit en français comme « la vie des Noirs compte » est un mouvement né en 2013 aux USA pour les droits civiques des Afro-Américains. Ce mouvement politique et militant porte la voix des Afro-Américains témoignant de nombreuses histoires de victimes de violences policières, de profilage racial et d’inégalités raciales à l’encontre des Noirs aux États-Unis d’Amérique. Comme nous le savons, l’histoire de cette opposition raciale n’a pas de cesse depuis la ségrégation des suprémacistes blancs sur les communautés afro-américaines qui existaient dans les années 1960. L’histoire de George Floyd et de l’agent représentant les autorités de la ville de Minneapolis (USA), Derek Chauvin, en pleine épidémie de coronavirus s’est répandue comme une traînée de poudre à travers les réseaux sociaux, réveillant les mémoires sur les trop nombreux faits de violences policières et de familles endeuillées connues dans les communautés afro des Etats-Unis. Ma sensibilité de jeune libérale afropéenne m’a donné l’envie de manifester auprès de la population belge venue de toutes les régions de notre pays brassant les diversités de notre nation en âges, en couleurs de peaux, en confessions religieuses, en langues au regard de cette histoire. Cette expression démocratique après le 1er confinement a été un geste témoignant de la solidarité envers un homme représentant une cause noble et le désir enfin de plusieurs citoyens de revenir à la liberté d’exprimer collectivement la volonté d’un avenir commun meilleur dans l’appel à revoir les égalités de société. Une lutte et des figures internationales Dans cette lutte pour l’égalité des droits et l’intégration de chacun dans une vie sociale et économique non-violente, plusieurs figures majeures de l’histoire des droits des hommes et des genres ont marqué le monde dans le rapport au changement pour une meilleure vie en collectivité. Je voudrais citer ici pour exemple le Mahatma Gandhi, René Cassin, Hend Amry ; des personnalités qui ont rayonné sur la scène internationale pour leurs actions humanistes et primé pour leur militantisme. En ce qui concerne les droits spécifiques à l’intégration des Noirs au sein des sociétés, plusieurs acteurs majeurs du changement ont également ouvert des brèches apportant aux communautés afro du monde entier la possibilité de contribuer et de manifester le changement. Dorothy Counts, figure de proue de la lutte pour l’éducation ; la première Afro-Américaine à intégrer le lycée Harding de Charlotte réservé aux Blancs, en 1957. Un événement, trois jours seulement après la décision de la Cour suprême de mettre fin à la ségrégation à l’école. Martin Luther King figure mondiale de la lutte des droits Afro-Américains et pour la justice sociale et économique des Afros. Martin Luther King a de nombreux succès dont la Marche de Selma à Montgomery conduite le 21 mars 1965 en faveur des droits de vote des Noirs. Cette marche a réuni 25 000 personnes. Au départ de cette marche 3000 militants partaient de Selma et, portés par le soutien d’autres militants, sympathisants blancs, religieux et laïcs, cette marche a été un succès collectif et solidaire. Le cortège a pu franchir sans encombre le comté de Montgomery, grâce à la protection du pouvoir fédéral. Nelson Mandela, homme d’État d’Afrique du Sud, il s’est battu toute sa vie pour la lutte contre la ségrégation sociale, l’oppression et la pauvreté ce qui lui a valu de faire 20 ans de prison pour ses convictions et son militantisme pacifique. En 1993, il reçoit des mains de son Président Frederik Klerk, le prix Nobel de la paix pour avoir mis fin au régime de l’apartheid conjointement et pacifiquement. En 1994, Nelson Mandela devient le premier Président noir de l’Afrique du Sud. En effet, toutes ces figures ont été des acteurs majeurs du changement pour la lutte pour l’intégration des Noirs dans une société sociale et économique internationale. Cependant, ces changements ne sont pas faits sans relever certaines difficultés vécues et affronter bien des défis. La manifestation pacifique du 7 juin 2020 à Bruxelles en soutien au mouvement « Black Lives Matter » a réuni plusieurs associations. Plus de 10 000 personnes se sont mobilisées pour soutenir toutes les victimes de meurtres raciaux dénombrés ces dernières années aux États-Unis, en Europe et plus proche de nous en Belgique. La principale revendication de ce rassemblement était de stopper le racisme systémique contre les Afro-descendants et contre les personnes racisées en Belgique. Il a également été réclamée justice pour les familles
Par Alexandre Piette, membre Jeunes MR Une école qui a dû se réinventer dans la précipitation Le jeudi 12 mars, en fin de soirée, après l’annonce de Sophie Wilmes, le Covid-19 a pris de court tout le monde. Brusquement, les cours seront suspendus, à partir du lundi 16 mars et nous voilà face à une situation inédite que nos écoles n’ont plus connu, depuis la Seconde Guerre Mondiale. Il faut donc la réinventer ! Le vendredi 13 mars, l’ambiance dans notre établissement est très particulière car personne ne sait exactement comment les choses vont se dérouler durant les prochaines semaines et prochains mois. Nous devons apprendre à accepter les choses qui nous dépassent, y compris quand cela modifie grandement nos habitudes. Chacun est appelé à mettre de côté ses désirs individuels, à adopter une attitude citoyenne et responsable. C’est vrai pour les écoles, les professeurs, les élèves et c’est bien plus vrai encore pour toute la société. Ce jour-là, sur le temps de midi, une réunion de crise est organisée, dans l’urgence, par notre direction. Il faut gérer les premiers cas d’élèves contaminés, tout en tentant de continuer d’assurer l’enseignement, sous une forme virtuelle et non plus présentielle, comme nous en avons toujours eu l’habitude. Dans ce cadre, les premières semaines ont été fastidieuses. En effet, bien que la plupart des collègues se soient mobilisés avec la direction et le service informatique pour entretenir virtuellement, comme nous le pouvions, du lien avec nos étudiants, tout en assurant la continuité des apprentissages ; il faut bien reconnaître que nous avons dû, bien souvent, un peu bricoler, et nous approprier progressivement, en autonomie, confiné, chacun de notre côté, le Google Drive de l’école, créé pour l’occasion. Même si, dans un premier temps, l’idée d’utiliser cet outil informatique gratuit aux multiples facettes (visioconférences, journal de classe virtuel, courriels, cours en ligne …) pouvait nous paraître intéressante et comme étant une opportunité, au sein d’un monde de plus en plus virtuel pour les jeunes, il faut bien reconnaître que gérer les élèves, au cas par cas, en mode confinement a été compliqué pour la plupart d’entre nous car au fil des semaines, nous avons pu remarquer que nous n’étions pas tous sur un même pied d’égalité ; au moment où la fracture numérique, dans certaines familles mais aussi chez certains enseignants moins expérimentés se faisait de plus en plus grande. L’absence de connexion Internet, d’imprimante, le manque d’encre ou de papier ou encore la méconnaissance des systèmes d’utilisation ont rendu impossible chez certains la réalisation des travaux demandés. Dans de telles situations, comment s’assurer de la compréhension des communications si tant est qu’elles puissent parvenir à leurs destinataires ? A fortiori, face à l’absence de réponses de certaines familles, comment évaluer leur degré d’équipement ? Et comment préserver les élèves dans cette équation ? Le besoin est à la fois matériel (ordinateurs, tablettes) et technique (accompagnement des enseignants et des élèves), mais il relève aussi de la sélection et de l’exploitation d’un outil numérique adapté aux réalités. Il paraissait donc difficile de proposer des solutions ‘’clé sur porte’’ tant les besoins étaient nombreux, variés et dépendants du contexte de notre établissement. Dans notre école, comme dans d’autres certainement, cette crise nous aura probablement permis de penser à l’avenir pour mettre en place progressivement une école numérique, comme souhaitée par les politiques de toutes convictions, depuis plusieurs années. C’est pourquoi, dès la rentrée de septembre et quel que soit le scénario de celle-ci, en fonction de l’évolution de l’épidémie, il faudra certainement envisager une certaine forme de systématisation du numérique dans nos futures pratiques pédagogiques et sans doute réinventer notre école, mais sans jamais perdre de vue les valeurs humaines qui la composent. Le numérique doit rester un outil et ne se substituera jamais à la vraie relation pédagogique entre un professeur et ses élèves en salle de classe car être enseignant, ce n’est pas être assis devant un ordinateur mais être en classe. Nous avons besoin de nos élèves, même si cette vocation n’est pas rose tous les jours et que son importance, dans la société, pour permettre l’émancipation sociale de chacun, est de moins en moins reconnue par l’opinion publique. Une fin d’année très particulière, en demi-teinte… Fin avril, le CNS a décidé d’autoriser la réouverture progressive des écoles, dans des conditions d’hygiène strictes ; à partir du 18 mai, pour les rhétos et du 25 mai, pour les deuxièmes secondaire. La plupart des membres du personnel de notre école étaient plutôt heureux de cette décision car ils estimaient qu’un retour en présentiel des élèves, leur permettrait de récupérer un certain rythme de travail, tout en évitant l’accroissement de la fracture numérique entre plusieurs d’entre eux. Néanmoins, sur le terrain, la mise en œuvre des mesures d’hygiène imposées par le CNS n’a pas été chose aisée. En effet, constatant une certaine difficulté pour la Fédération Wallonie-Bruxelles à fournir des masques et tout le matériel nécessaire à cette rentrée, notre pouvoir organisateur, la direction avec les différents membres du CP (conseil en prévention) ont pris la décision de reporter la rentrée des élèves des dernières années au lundi 25 mai et celles des 2e, au mardi 02 juin, afin de se donner le temps et les moyens de tout mettre en œuvre pour assurer un maximum de sécurité pour les élèves et l’équipe éducative. D’un point de vue pédagogique, pour la direction, il a aussi semblé important de réaliser des conseils de classe préparatoires, avant cette reprise de la fin mai. L’objectif de ceux-ci était, sur base des résultats et/ou des choix des élèves pour l’année scolaire suivante, de cibler ceux en situation d’échec et/ou pour lesquels un projet de réorientation devait être déterminé, avant la fin du mois de juin. Tout cela dans le but d’éviter un éventuel décrochage scolaire. Mais, quelques jours plus tard, quand nous avons appris les conditions pratiques dans lesquelles cette reprise allait se faire, nous étions plutôt sceptiques. En effet, la Ministre de l’enseignement obligatoire, Caroline Désir (PS), a décidé de laisser le choix aux parents, d’un retour ou non de leur enfant à l’école, en suspendant temporairement l’obligation scolaire. Grave erreur pour la plupart d’entre nous car
Drones de surveillance des forces de police, logiciels anti-fraude des universités, applications de traçage des gouvernements… Pour sortir de la crise sanitaire, les nouvelles technologies viennent à la rescousse de nos institutions. Mais à quel prix ? Par Guillaume Soupart, membre Jeunes MR La crise du coronavirus qui touche l’Europe depuis bientôt deux mois a bouleversé nos comportements. Elle a également chamboulé le travail de nos hôpitaux et de nos instances démocratiques. Et elle a mené notre gouvernement dirigé par la Première ministre Sophie Wilmès (MR) à réaliser un exercice d’équilibriste. Aussi, elle a mis en exergue les difficultés que notre système institutionnel a engendrées suite aux nombreuses Réformes de l’État. Enfin, elle a modifié nos habitudes et atteint au cœur nos droits et libertés : liberté d’aller et venir, droit de quitter le pays (ou d’y entrer), libertés de réunion, d’aller à l’école, … Les nouvelles technologies sont venues aider nos sociétés. Combien de fois a-t-on entendu qu’il aurait été difficile de traverser cette crise sans leur précieuse aide ? Les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) sont en pleine forme dans les marchés boursiers. Les E-peros se multiplient, les réunions en tout genre pullulent sur Zoom, les cours de l’enseignement supérieur se dispensent sur Teams, les emails virevoltent et, pour beaucoup, le télétravail est devenu la norme, les caisses enregistreuses ne fonctionnent presque plus qu’au paiement virtuel encouragé par l’augmentation des limites bancaires du paiement sans contact … Toutefois, les nouvelles technologies sont également venues apporter leur soutien à des mesures plus intrusives et certainement dans des situations que nos esprits considèrent comme plus délicates, plus intimes. D’une part, des drones ont survolé l’Europe. Des drones dans les rues, cela avait été vu en Espagne à la mi-mars, puis la pratique s’est installée en France. Un objectif : faire respecter le confinement en diffusant des messages à la population. Récemment, une commande de 651 drones a été publiée au Bulletin officiel des annonces des marchés publics français. Celle-ci a suscité de nombreuses tensions et parmi celles-ci surtout, la raison pour laquelle une telle commande devait être réalisée. La presse flamande a fait état également de l’usage de drones équipés de caméras de chaleur dans la zone de police de Bredene/Le Coq. D’autre part, si les universités et établissements d’enseignement supérieur ont depuis longtemps intégré dans leur pratique l’utilisation de logiciels anti-plagiat, la crise du Covid-19 les a poussés à réfléchir encore plus loin, les examens devant se tenir à distance. Du côté de l’Université Catholique de Louvain (UCL), on s’est doté de logiciels informatiques permettant la surveillance à distance pour certains examens comprenant le blocage d’accès à internet et aux fichiers de l’ordinateur ainsi que la vidéosurveillance – dans le respect du RGPD, nous dit-on. À l’Université libre de Bruxelles (ULB), l’Université de Liège (ULiège), l’Université de Mons (UMons) l’Université Saint-Louis (USLB) et l’Université de Namur (UNamur), on opte pour la ‘confiance’, des questions plus transversales ou des chartes signées par les étudiants. Enfin, le déconfinement sera accompagné de plusieurs dispositifs conseillés par les comités scientifiques. Celle qui fait le plus parler d’elle est l’application de traçage. Le concept est simple : grâce au Bluetooth, tous les appareils dans le voisinage du vôtre seront identifiés et s’il se trouve un porteur contaminé parmi eux, vous en serez avertis. Cela permettra d’enrayer la propagation du virus en isolant préventivement les personnes exposées, en les incitant à se mettre en quarantaine, à consulter un médecin ou à se faire tester. La belgian touch est classique : les Régions sont compétentes mais la protection des données reste dans le giron fédéral, quatre Ministres, quatre administrations et la création d’un organe de concertation dirigé par Emmanuel André (ULB) chargé de la coordination du comité interfédéral « testing & suivi des contacts » – tout un programme ! Le traçage sera également réalisé par 2.000 enquêteurs pour identifier les citoyens potentiellement contaminés. Ces derniers auront accès à une plate-forme digitale commune aux trois entités fédérées. Arrivent alors les questions liées à la cybersécurité, au respect du Règlement Général de Protection des Données – nouveauté européenne qui a fait couler beaucoup d’encre et soulevé de nombreuses interrogations – et à l’atteinte aux libertés, étendards de nos sociétés libérales. Elles sont débattues dans nos Parlements en ce moment-même. Synthèse des arguments politiques belges à ce propos : Définition stricte du concept et base légale spécifique Le traçage existe déjà en Belgique mais il ne se fait que via des enquêteurs. Une application permettrait d’automatiser et d’intensifier ce processus. La Belgique exclut de recourir à la technologie GPS, ce qui permettrait de pister et de géolocaliser les individus. La piste envisagée est l’utilisation du Bluetooth permettant uniquement de retracer les relations sociales entre les individus. En outre, il est important d’entériner le dispositif prévu dans un texte législatif ou un arrêté royal de pouvoirs spéciaux. Le RGDP permet une collecte de données si elle est réalisée dans un but d’intérêt général, si elle est nécessaire et si elle est efficace. La Secrétaire générale du Conseil de l’Europe a précisé que « Ce type de système ne peut être réalisé que si les preuves scientifiques démontrent de manière convaincante que les avantages potentiels en termes de santé publique sont supérieurs à ceux que procureraient d’autres solutions moins intrusives ». Participation volontaire au traçage électronique Aucun parti politique ne veut rendre le tracing obligatoire. Le Président du MR, Georges-Louis Bouchez, a souligné que le système mis en place, pour qu’il soit efficace, devait remporter une grande adhésion permettant ainsi d’obtenir une base statistique suffisante – servant d’appoint aux enquêteurs régionaux. Pour ce faire, il faut lever toute ambiguïté sur son utilisation en menant un débat public menant à un large consentement des citoyens. Celui-ci devra être libre et éclairé, notamment en permettant un accès en licence libre à l’application afin d’être transparent. 60% de la population devrait y recourir pour obtenir un résultat optimal. À Singapour, seuls 16% de la population ont téléchargé l’application avant que les mesures de confinement soient