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L’inclusion avance: des progrès réels dans les droits des personnes LGBTQIA+ 

 À l’occasion de la semaine des fiertés et du mois des fiertés en juin, mon article portera sur les avancées effectuées par la Belgique ou dans le monde dans les droits des personnes LGBTQIA+. Il portera également sur les défis que ces personnes rencontrent dans le monde.   1. Des avancées concrètes à l’échelle mondiale Depuis une vingtaine d’années, les droits des personnes LGTBQIA+ ont connu des progrès notables. Le mariage pour tous, l’adoption homoparentale, la reconnaissance des identités transgenres ou encore l’adoption de lois anti-discrimination sont  devenues des réalités dans un nombre encore croissant de pays. Cuba, Chili, ou plus récemment la Grèce ainsi que la Slovénie ont légalisé le mariage pour tous. De nombreux pays, encore conservateurs sur la question, ont tout de même réalisé certaines avancées notamment pour les personnes transgenres ; ceci est le cas du Népal ou du Bhoutan par exemple. Même si tous les droits, ne sont pas encore totalement universellement garantis, es changements s’accélèrent souvent sous l’effet de mobilisations citoyennes ou politiques ainsi que de pressions internationales. Cette évolution, bien que progressive, démontre qu’un réel changement est en cours pour apporter aux personnes LGTBQIA+, plus de dignité humaine.   2. La Belgique : pionnière mais toujours confrontée à des défis La Belgique est l’un des pays les plus avancés en matières de droits pour les personnes LGBTQIA+. Le mariage pour tous y est légal depuis 2003, l’adoption pour les personnes de même sexe depuis 2006 et enfin, depuis 2018, les personnes transgenres peuvent changer de genre à l’état civil sans opération chirurgicale requise ou évaluation psychiatrique. Des lois protègent également contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle, au genre etc. notamment dans l’emploi, marquant ainsi clairement une certaine avancée au niveau des droits humains. Cependant, derrière ce cadre légal instauré, des défis persistent. Les violences homophobes et transphobes ne diminuent pas : en 2024, en Belgique, 136 dossiers sont liés à des cas de violences ou discriminations envers les personnes LGBTQIA+ et parmi ceux-là, 35% concernent des actes de haine à caractère homophobe/ lesbiphobe/ biphobe. Le harcèlement scolaire lié à l’orientation sexuelle ne diminue pas non plus . L’inclusion réelle ne se mesure pas uniquement aux lois mais aussi à leur application et à l’évolution des mentalités.   3. Des voix de plus en plus audibles : les jeunes prennent la parole L’une des grandes forces actuelles du mouvement LGBTQIA+ est la visibilité. Que ce soit lors des prides ou simplement parce que les jeunes prennent la parole, le mouvement se fait de plus en plus visible. De plus en plus de jeunes font leur coming-out pour porter fièrement un message de tolérance et de fierté, ils n’hésitent pas non plus à briser les tabous autour de l’homosexualité par exemple et à revendiquer davantage la liberté d’être soi tout en dénonçant les discriminations subies.   4. Un combat loin d’être terminé mais porteur d’espoir Malgré ces avancées, le combat reste fragile. Dans plus de 60 pays, l’homosexualité est criminalisée, et dans certains états, les personnes homosexuelles ou transgenres risquent la peine de mort. Mais au lieu de freiner ces luttes, les mouvements se renforcent et créent de la solidarité entre eux. Le message est clair : les droits LGBTQIA+ sont des droits humains fondamentaux. Il est important pour nous, en tant que jeunes libéraux de continuer à ouvrir les esprits sur la question LGBTQIA+, la tolérance fait une société. Shana Rojtman – Van Wynsberghe Rédactrice

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Sous quota, Sans projet : Un potentiel étouffé ?

« Mon employeur a refusé d’adapter mon horaire, alors que mon médecin avait clairement indiqué que je ne pouvais pas faire de journée complète. Il m’a dit que ce serait injuste pour les autres. » « Lors de mon stage, on m’a demandé de rester en retrait des clients. Ils avaient peur que mon fauteuil fasse “mauvais effet ». » Ces témoignages ne sont pas isolés. Ils figurent parmi les nombreuses situations documentées par Unia, centre interfédéral pour l’égalité des chances, dans ses rapports annuels. L’institution a enregistré en 2022 une augmentation des signalements de discriminations liées au handicap dans le domaine de l’emploi, notamment pour refus d’aménagements raisonnables, ruptures de contrats abusives et obstacles au maintien dans l’emploi. En Belgique, les dispositifs d’aide à l’insertion professionnelle existent : primes à l’embauche, accompagnement par les services régionaux, actions de sensibilisation, mesures du Plan fédéral Handicap 2021–2024. Et pourtant, les résultats sont consternants. Selon le rapport annuel du SPF BOSA (2022), le taux d’emploi des personnes en situation de handicap dans la fonction publique fédérale plafonne à 1,09 %, loin des 3 % fixés par la réglementation. Dans le secteur privé, il n’existe à ce jour aucune obligation légale contraignante en matière de quotas, contrairement aux pays voisins comme la France ou l’Allemagne. Dans les faits, la majorité des personnes concernées en Belgique restent exclues du monde du travail — non par choix, mais par défaut de politique efficace et de mise en œuvre réelle. Mais ce déficit d’accès à l’emploi révèle un problème structurel plus profond. Une étude de la Fondation Roi Baudouin (2022) montre que 75 % de ces personnes jugent nécessaire de mieux informer et sensibiliser les employeurs à leurs besoins spécifiques. Les obstacles sont multiples : préjugés persistants, discriminations, manque de soutien, absence d’aménagements ou de postes de travail adaptés. C’est dans ce contexte que le Plan fédéral Handicap 2021–2024, lancé sous le gouvernement De Croo, a été présenté comme une étape structurante dans la mise en œuvre de la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes en situation de handicap. Parmi ses 145 mesures, plusieurs portent sur l’insertion professionnelle : procédures de recrutement spécifiques dans la fonction publique fédérale, adaptations envisagées aux indemnités de déplacement, encouragement de l’économie sociale via les marchés publics. Ces initiatives vont dans le bon sens, mais elles restent limitées par des défauts structurels majeurs. Selon le rapport final du plan (avril 2024), plusieurs mesures restent à l’état de projet, sans budget dédié ni pilotage clair. Aucun quota n’est imposé dans le secteur privé, et les mécanismes de suivi sont quasi inexistants. Les indicateurs sont flous, les responsabilités diluées. Certaines actions relèvent davantage de l’intention que de la transformation. Les recrutements spécifiques restent rares et non systématisés. Le taux d’emploi dans la fonction publique n’évolue pas. Quant aux clauses sociales prévues dans les marchés publics, elles sont très peu appliquées, faute de coordination ou de suivi. Un rapport intermédiaire du SPF Sécurité sociale (2023) souligne une mise en œuvre très inégale entre administrations. Le Conseil Supérieur National des Personnes Handicapées (CSNPH) résume la situation dans un avis lucide : « Les mesures sont importantes, mais leur exécution dépend encore trop de la bonne volonté des acteurs. » En l’état, le plan ressemble davantage à un catalogue de bonnes intentions qu’à une politique de transformation apte à corriger une exclusion structurelle. L’exclusion professionnelle commence dès la formation. Une étude de Statbel (2021) indique que seules 15,1 % des personnes ayant une santé fragile suivent une formation professionnelle, contre 54,6 % des personnes en très bonne santé. Peu d’offres prennent en compte les besoins spécifiques : accessibilité numérique, langage clair, présence d’interprètes, rythme adapté. Et même quand la formation est possible, la transition vers l’emploi reste fragile. Les freins sont nombreux : locaux inaccessibles, logiciels incompatibles avec les aides techniques, procédures standardisées, absence de suivi individualisé. Une personne autiste ou avec un trouble psychique sera souvent écartée dès l’entretien. Une personne à mobilité réduite devra continuellement justifier des besoins pourtant évidents. Le droit au travail devient, dans ces conditions, une promesse abstraite. Cette situation ne relève pas d’un oubli. Elle s’inscrit dans une logique institutionnelle où l’inclusion est pensée comme un effort moral, non comme la reconnaissance pleine des compétences et du potentiel. La philosophe Nancy Fraser l’exprime dans Reconnaissance ou Redistribution (2005) : « La reconnaissance sociale est tout aussi essentielle que la redistribution. » Aujourd’hui, les personnes en situation de handicap qui peuvent travailler ne sont pas vues comme des professionnelles légitimes. Elles restent confinées à des rôles passifs. Ce manque de reconnaissance perpétue leur invisibilité sociale et freine les dynamiques économiques. Pourtant, l’OCDE et l’OIT ont montré que l’exclusion coûte cher : jusqu’à 7 % du PIB, selon l’OIT, en pertes de productivité, sous-emploi, et pression accrue sur la sécurité sociale. À l’inverse, les pays qui investissent dans des politiques d’inclusion actives constatent une hausse de la participation, une réduction des inégalités, et une économie plus résiliente. Inclure, ce n’est pas seulement réparer une injustice : c’est aussi un investissement rationnel et durable. Pendant ce temps, les associations tentent de pallier les défaillances publiques. Elles soutiennent, accompagnent, orientent. Mais elles-mêmes sont en difficulté. En 2024, un collectif de 360 associations bruxelloises alertait sur l’instabilité des subventions et l’épuisement des ressources humaines. Certaines ont dû refuser des accompagnements, non par manque de demande, mais faute de personnel. On ne peut pas demander à des structures précaires de compenser des politiques défaillantes. À côté de ces blocages, des pistes prometteuses émergent. L’entrepreneuriat permet à certaines personnes de créer un cadre de travail adapté à leurs besoins. Mais les structures d’accompagnement comme JobYourself ou microStart ne sont pas toujours formées aux spécificités du handicap. Le numérique offre aussi des leviers puissants — télétravail, synthèses vocales, lecteurs d’écran, sous-titrage automatique. Mais ces outils restent sous-utilisés, faute de formations accessibles, d’interfaces inclusives et d’un cadre structurant. Il faut donc repenser le travail comme un droit fondamental à rendre effectif — pas seulement proclamé. Comme le rappelle

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La santé mentale et les jeunes, un enjeu majeur trop souvent ignoré

La santé mentale des jeunes est un sujet crucial de notre société, simplement, il est encore trop souvent mis de côté ou non-pris au sérieux. Alors que les problèmes psychologiques tels que l’anxiété ou la dépression explosent parmi les jeunes, les moyens mis en place pour les accompagner et les soutenir restent insuffisants. Malgré quelques avancées, les infrastructures déjà présentes, peinent à répondre aux différents problèmes liés à la santé mentale. Une augmentation inquiétante des troubles psychologiques : En Belgique, les chiffres liés à la santé mentale chez les jeunes augmentent considérablement. Selon l’UNICEF, en 2022, 16,3% des jeunes âgés entre 10 et 19 ans en Belgique, sont diagnostiqués avec un trouble mental et selon l’Institut Sciensano (belge), un jeune sur trois souffrirait de troubles anxieux ou dépressifs. La pandémie de Covid-19 a, selon l’UChicago Medecine, aggravé la situation, entraînant une hausse des consultations psychologiques pour des cas de détresse profonde. Les causes de ces troubles sont souvent liées à la pression académique ou scolaire, les informations quotidiennes liées aux conflits mondiaux par exemple et la précarité économique. Malgré cette réalité, les jeunes ont du mal à parler de ce qui leur pèse, en raison de la stigmatisation qui entoure la santé mentale et de la non-prise au sérieux des problèmes qui les touchent. Des services saturés et insuffisamment financés : Le principal problème lié à la santé mentale en Belgique réside dans le manque de structures accessibles, en termes financier et temporel, aux jeunes. En effet, tant en Wallonie qu’en Flandre et à Bruxelles, les services psychologiques et psychiatriques souffrent d’un manque de financement et de sous-effectif. Le délai pour obtenir une consultation avec un psychologue et ou un psychiatre peut atteindre plusieurs mois, décourageant ainsi les jeunes à consulter. Bien que des initiatives aient déjà été mises en place, telles que le remboursement partiel de la consultation via l’INAMI, cela ne reste pas suffisant étant donné le long délai avant d’obtenir une consultation. Les écoles et les universités en première ligne : Face à l’augmentation des troubles psychologiques chez les jeunes, certaines écoles et universités ont mis en place des plateformes/cellules de soutien afin de libérer la parole autour de ce sujet encore bien tabou dans de nombreux espaces. Cependant, ces espaces d’accompagnement, sont encore trop souvent méconnus des jeunes ou alors, ils n’arrivent pas à franchir le pas s’ils ne sont pas accompagnés de quelqu’un dans leur démarche.  La santé mentale des jeunes en Belgique est un enjeu majeur de la société actuelle trop souvent mis à la marge des discussions et débats publics. Arriverons-nous, un jour, à voir une société où la santé mentale est prise au sérieux, les jeunes sont accompagnés et les chiffres liés aux troubles psychologiques baissent ? C’est en cours et nous, en tant que jeunes libéraux mais avant tout jeunes, y croyons très fortement car ce sujet nous touche tout particulièrement. Shana Rojtman – – Van Wynsberghe Rédactrice

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Éducation financière : l’investissement des jeunes à l’épreuve des inégalités

1. Un monde sous tension : quand la géopolitique fait trembler les marchés Se souviendra-t-on du Liberation Day comme du jour qui a mis fin à la mondialisation ? Le 2 avril dernier, l’administration Trump annonçait l’instauration de tarifs douaniers pour un ensemble de pays – 20 % à l’encontre de l’Union européenne. Une mesure qui semble marquer un tournant dans l’histoire du commerce international, sinon le glas du libre-échange. En réaction, la Chine a riposté en fixant des droits de douane à hauteur de 34 %. Et si Ursula von der Leyen s’est dite prête à réagir, le Premier ministre Bart De Wever a préféré évoquer « la voie du dialogue »… La porte des négociations reste donc entrouverte. Les politiques protectionnistes du chantre de l’America First ne sont pourtant pas nouvelles : les déclarations du président américain sur le conflit russo ukrainien, celles de J.D. Vance lors de la Conférence de Munich et les interventions médiatiques d’Elon Musk avaient déjà rappelé l’urgence d’un sursaut européen ainsi que la nécessité de renforcer notre autonomie stratégique sur les plans économique, industriel, militaire et politique. En attendant, les marchés encaissent le choc du Liberation Day. Aux États-Unis, le S&P 500, qui avait atteint un sommet en février, a brutalement chuté. En Belgique, le Bel 20 a connu l’une de ses pires séances depuis la crise du Covid, effaçant l’intégralité de ses gains de l’année. Ironie de l’histoire : le baromètre ING publié quelques semaines plus tôt révélait une confiance étonnamment forte des investisseurs belges envers… les États-Unis, et en particulier les secteurs de l’industrie et de la technologie. Cette foi dans la résilience du marché américain semble se heurter aujourd’hui au retour du réel et mettre à l’épreuve les nouveaux investisseurs. La quête de “l’argent facile” ou du “bon coup” est pleine de promesses. En effet, les jeunes Belges sont de plus en plus nombreux à se diriger vers des Exchange-traded funds (ETF) qui répliquent l’indice boursier américain S&P 500 ou des actifs risqués tels que la cryptomonnaie (après avoir atteint 109.000 dollars le jour d’investiture de Donald Trump, le Bitcoin est ainsi redescendu à son niveau d’avant les élections de novembre). Ce constat mérite notre attention : dans un contexte où les certitudes économiques vacillent et où les règles du commerce mondial se redessinent, la capacité à investir avec discernement devient un enjeu stratégique pour les jeunes générations. 2. De l’inégalité d’accès au savoir à l’enjeu de la liberté financière Malgré cet intérêt croissant pour la Bourse, selon la Fédération belge du secteur financier Febelfin, les principales raisons qui freinent les jeunes Belges dans leur volonté d’investir sont le manque de moyens, la peur de perdre de l’argent, et un déficit de connaissances financières. Résultat : leurs économies, quand elles existent, dorment. L’un des principes fondamentaux en investissement – celui des intérêts composés – rappelle que plus on commence tôt, plus le capital croît de manière significative avec le temps. Mais encore faut-il en comprendre les mécanismes. La définition de l’éducation financière donnée par l’OCDE insiste sur l’importance de savoir comprendre et évaluer les produits financiers, prendre des décisions éclairées, et ainsi améliorer son bien-être économique. Or, ces compétences restent souvent hors de portée pour une grande partie de la jeunesse. Les disparités de revenus et les questions d’héritage ne doivent pas faire oublier combien le manque d’accès à une éducation financière de qualité exacerbe significativement les inégalités socio-économiques. Disposer de compétences financières de base est essentiel pour gérer efficacement son budget et développer un patrimoine à long terme. Cette fracture est d’autant plus préoccupante que l’on sait – selon les études de Febelfin – qu’il existe une forte corrélation entre la connaissance financière, le  sentiment d’implication et la probabilité de rencontrer des difficultés économiques. Certains jeunes, issus de milieux favorisés, évoluent dans des contextes où l’éducation financière est transmise de manière informelle, leur offrant un accès anticipé et privilégié aux mécanismes de l’investissement. À l’inverse, celles et ceux dont les familles perçoivent encore l’argent comme un sujet tabou, ou qui ne bénéficient d’aucun accompagnement éducatif structuré, sont souvent exclus de cette dynamique. Ils deviennent alors particulièrement vulnérables aux turbulences économiques, ce qui accentue les fractures sociales existantes. Une éducation financière robuste constitue un levier essentiel pour une gestion personnelle efficace, mais également pour garantir la stabilité économique et sociale sur le long terme. Face à ce constat, des valeurs comme l’autonomie, la responsabilité individuelle et l’égalité des chances doivent être réaffirmées. Une étude menée en 2017 soulignait déjà l’importance d’intégrer ces apprentissages dans le parcours scolaire. L’école aurait donc un rôle a jouer : « Celle-ci doit créer l’espace nécessaire pour soutenir les jeunes issus de milieu sociaux défavorisés, qui ont tendance à être moins confronté à la socialisation financière à la maison. L’éducation financière à l’école permet d’atteindre tous le jeunes, en développant leurs compétences financières dans un contexte changeant marqué par le vieillissement de la population et la complexité croissante de l’environnement financier. » Investir dans l’éducation financière des jeunes apparaît comme la réponse la plus durable à l’instabilité ambiante. Car ne pas comprendre les règles du jeu, c’est s’en exclure d’office. La liberté financière ne s’improvise pas : elle s’apprend. Références Febelfin, « L’éducation financière des jeunes à améliorer », 2023. OCDE, « Principes de base de l’éducation financière », consulté en 2024. Van Campenhout, G. et al., « L’éducation financière à l’école : une stratégie pour réduire lesinégalités économiques », 2017. Baromètre ING des investisseurs, Février 2025. L’Echo, « Les Belges investissent de plus en plus jeunes et prennent plus de risques », 23août 2024. L’Echo, « Pire séance depuis la crise du covid pour le Bel 20 », avril 2025. L’Echo, « Droits de douane : Trump fait vaciller les marchés », avril 2025 Marin Buyse Rédacteur

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De la virtualité à la réalité : comment l’éloquence devient un outil essentiel dans notre monde connecté

ON CONTEXTUALISE… Nous sommes en 2023 et les réseaux sociaux ont pris une place importante dans notre vie. Qu’il s’agisse de Facebook, Instagram, TikTok ou encore LinkedIn, nous avons tous une raison d’utiliser ces applications. Toujours est-il qu’une question mérite d’être posée : qu’en est-il du réel ? Pour des jeunes de notre génération, il n’est pas difficile d’avoir une communication correcte et d’élargir notre sphère d’influence pour celles et ceux le souhaitant… mais disposons-nous encore des outils pour prendre la parole aisément et exprimer nos idées de manière percutante ?À mon humble avis, dans le système éducatif, les efforts faits sont largement insuffisants et beaucoup d’étudiants sortent de « rhéto » (cette dernière année du secondaire dont le nom fait référence au fait de bien s’exprimer) dépourvus de cette capacité à exprimer leurs idées correctement. Paradoxalement, nous sommes dans une période où la voix des jeunes à plus d’importance qu’avant, et nous l’avons surtout vu ces dernières années. En effet, la pandémie, le confinement ont grandement conscientisé la société sur l’importance de la jeunesse. C’est donc important que nous puissions disposer des outils pour avoir un impact dans ce que nous voulons en ce qui concerne nos projets personnels, professionnels, et j’en passe.Cette volonté de faire parler davantage et mieux notre jeunesse, c’est la raison pour laquelle j’ai rejoint Felobel, la Fédération d’Éloquence Belge… FELOBEL Felobel, c’est une organisation qui réunit des jeunes de tout âge et de divers horizons autour de la passion de l’éloquence. Nous sommes apartisans politiquement, et cela nous permet encore davantage de placer la diversité comme moteur de notre évolution ! En effet, nous prenons beaucoup de plaisir et tirons beaucoup d’apprentissages à explorer ce qui rend chaque personne unique mais nous explorons aussi de nombreux styles liés à la prise de parole… parce que oui, l’éloquence, ce n’est pas juste ces grands orateurs en costume qui parlent avec des mots complexes de sujets philosophiques ou techniques ! L’éloquence ça peut être effectivement de la plaidoirie, mais aussi du slam, du rap, de la négociation, de l’interprétation, de la poésie, du théâtre, des discours de motivation, des débats parlementaires, des pitch’s entrepreneuriaux, des présentations en classe, et j’en passe !À terme, notre fédération souhaite enraciner l’éloquence au sein de la culture belge, à l’instar de nos voisins français qui ont une culture de l’éloquence plus importante que nous, comme nous avons pu le remarquer lorsque nous sommes partis en délégation à Bordeaux, à la rencontre d’un cercle d’éloquence local, l’année passée.Ceci dit, nous ne cherchons pas la « concurrence », mais nous souhaitons réunir ! Qu’il s’agisse du niveau national en réunissant et en soutenant les organismes d’éloquences locaux, régionaux et nationaux mais aussi au niveau international en établissant des liens d’amitié avec d’autres fédérations à l’étranger et en nous inspirant de ce qu’ils font, en mettant en avant le partage et que tout le monde puisse s’enrichir en expérience. Nous agissons suivant une structure à projets. C’est-à-dire que nous avons de nombreux concepts liés à la prise de parole : EloCoaching (coaching d’organisations externes), FeloTrainings (formations internes), EloJury (venir comme jury lors d’un évènement), etc. Parmi ces concepts, nous avons la possibilité de nous impliquer dans ce que nous voulons. Chaque aspect nécessite une communication, une mise en relation avec des acteurs propres ou extérieurs au milieu de l’éloquence, des manières de procéder, etc.Me concernant, j’ai suivi des formations internes pour acquérir les outils nécessaires au coaching en prise de parole, mais quand je le peux, je me forme en tant que coach lors d’ateliers de coaching pour à terme obtenir une certification de coach en éloquence.En plus de toute cette implication, nous passons aussi beaucoup de temps entre nous pour nous former, renforcer nos liens, etc. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous nous sommes rendus en Toscane, au mois d’avril. Cette « EloDelegation » était un teambuilding de quelques jours où nous avons appris à mieux nous connaitre, à nous amuser, à améliorer nos skills, etc.Nous avons logé dans une villa à proximité de Lucca, une charmante ville toscane que nous avons eu l’occasion de visiter et où nous avons pu pratiquer un peu d’éloquence sur la place publique. Au logement, nous avons eu l’occasion de faire plusieurs ateliers d’éloquence également, de danser et chanter ensemble mais aussi de visiter le village et piqueniquer sur une hauteur où nous avons pu voir un magnifique panorama des environs. Personnellement je me suis super bien amusé, j’ai adoré la visite de Lucca et cette matinée d’ateliers sur la place. Ça nous a appris un peu à sortir de notre zone de confort, les Italiens étaient d’ailleurs très curieux et s’arrêtaient pour nous regarder, nous applaudir, ce fut une chouette expérience dont je me souviendrai ! Nous devions d’ailleurs visiter Florence, mais ironie du sort pour des Belges, nous avons subi une grève des trains sur place ! Cependant, ça nous a permis de voir aussi à quel point nous pouvions aussi improviser quand le plan ne se déroule pas comme prévu et nous amuser malgré tout !Au point de vue culinaire, nous avons évidemment raffolé de moultes pâtes et pizzas !En tout cas, une chose est sûre, je ne compte pas quitter de sitôt Felobel et pour ceux qui souhaitent partager avec nous des moments de formation et de cohésion, nous vous accueillons les bras ouverts ! Nous vous invitons à nous suivre sur les réseaux pour vous tenir informés des prochains évènements mais également des prochaines phases de recrutement ! Simon Liegeois

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Jeunesse Politique

“Ce n’est pas un métier, c’est une mission que nous avons”

Véronique Durenne, originaire de Celles et pharmacienne de formation, occupe la fonction de sénatrice depuis juillet 2019 au sein du Mouvement Réformateur. Durenne est intervenue lors de la séance plénière du 17 mars 2023 au sujet de l’autonomisation économique des femmes, sujet central à améliorer en Belgique selon la sénatrice, et pour lequel elle avait également pu cosigner des propositions de résolution. Elle nous partage ici son parcours, sa place de femme dans le monde politique, la violence qu’elle a vécue de la part de ses collègues et son avis sur certains sujets d’actualité comme le revenu universel ou la sécurité sur les campus universitaires. Vous avez un parcours très intéressant, pharmacienne de formation à sénatrice. Pourriez-vous nous en dire un peu plus ? Ça me touche toujours quand on me pose cette question. J’étais donc pharmacienne dans un village près de Tournai, la pharmacienne du village comme on pourrait le dire. Et puis un jour, le premier échevin de ma commune passe la porte de l’officine et me dit que les élections approchent, qu’ils ont besoin d’une femme, de personnes porteuses de voix comme des médecins ou des pharmaciens et qu’il a pensé à moi. Je le regarde et je lui dis que jamais je ne pourrais faire ça. Il m’a laissé le temps de réfléchir. Alors, ce soir-là, je rentre chez moi et j’en parle à mon mari qui lui est agriculteur. Il faut savoir que mon mari est quelqu’un qui s’intéresse à tout, il a une culture extraordinaire et il adore la politique, mais de loin. Il me dit que c’est super intéressant et que je devrais essayer. Moi-même je suivais l’actualité mais jamais ne m’est venu l’idée de faire de la politique. Après beaucoup de discussions, j’ai dit oui. On me met alors en deuxième place. Je fais la campagne et je joue le jeu. Et puis le soir des élections on me dit : « Voilà, Véronique, tu es échevine ». Et là, je cours le dire à mon mari et je me rends compte que je me suis mise dans un embarras pas possible. Il faut savoir que je suis quelqu’un de très sensible, un homme m’avait même dit : “Mon Dieu, Véronique, mon petit, tu devras avoir de larges épaules” et je repense souvent à ce monsieur. J’ai pris le post, j’avais été élue. Après tout, le citoyen me faisait confiance et il me connaissait en tant que pharmacienne donc on ne peut pas dire que je tombais de n’importe où. Je me souviendrai toute ma vie du premier jour où je suis arrivée en collège. J’étais très scolaire avec mon petit cartable et ensuite, j’ai appris sur le terrain.On m’a alors confiée la petite enfance et la culture, des matières qui m’étaient chères et proches en tant que jeune maman. Et mon échevinat s’est très bien passé. Aux élections suivantes, six ans plus tard, je dépasse la tête de liste et je deviens bourgmestre. Ensuite, je suis devenue bourgmestre empêchée, mais je connaissais les règles du jeu. Je suis donc devenue députée. Dans ma commune, ils l’ont un peu mal pris, ils m’ont dit que je les avais abandonnés, ils m’avaient élue bourgmestre et je suis partie. Donc j’étais députée, et un jour Charles Michel m’a appelée pour me désigner sénatrice. Et voilà où j’en suis aujourd’hui. C’est pour ça que j’encourage vivement les jeunes à se lancer dans la politique, vraiment. Je suis le bel exemple qu’on peut apprendre et y arriver. Avez-vous trouvé cet apprentissage difficile ? La politique est-elle réellement un monde d’hommes ? Je dirais que pour apprendre, il faut vraiment être sur le terrain. Et puis, le métier de politique est assez éphémère, ce n’est pas un métier, c’est une mission que nous avons. C’était difficile par temps, mais j’ai toujours eu mon mari à mes côtés, il m’a beaucoup aidée. Il faut aussi savoir que de mon temps, c’était un milieu très macho. À mes débuts, j’ai eu beaucoup de mal. Je me suis pourtant toujours accrochée. J’ai eu beaucoup de soutien de la part des citoyens et du bourgmestre, ça m’a beaucoup aidée. Et avec le temps, on apprend à s’endurcir. Vous encouragez les femmes et les jeunes femmes à entreprendre des études STEM (science, technology, engineering, and mathematics) et à développer leur estime de soi. La sécurité sur les campus universitaires y joue un rôle primordial et reste parfois un frein au développement de l’estime de soi. Quelles seraient vos propositions ?  Malheureusement, sans remettre en cause le travail qui est déjà fait, je pense que la formation des agents de sécurité est déficiente. Après ce n’est pas évident, et la critique est très facile. Il faut bien se mettre en tête qu’on doit toujours essayer de s’améliorer et de trouver des solutions. On a pu, grâce aux habilitations, ouvrir d’autres sections de formation. Là aussi je pense qu’il y a une formation qui doit être renforcée et améliorée pour que vous, les jeunes, puissiez-vous sentir en sécurité. Il faut une réelle prise de conscience de la part des professionnels qui vont vous encadrer. L’installation de caméras de surveillance peut également être une solution. C’est aussi à nous de jouer notre rôle et d’attirer l’attention, et pourquoi pas proposer une résolution. Pour terminer, la N-VA est en faveur de la suppression du Sénat. Quelle est votre position par rapport au maintien ou non du Sénat ? Pour moi, le Sénat a toute son importance. Premièrement, c’est le lieu de rencontre entre les différentes entités fédérées, et je le vois. C’est très important de pouvoir échanger avec nos amis néerlandophones et voir les différentes pratiques mises en œuvre des deux côtés de la frontière linguistique. Il faut peut-être le réformer. Effectivement, c’est une discussion que l’on doit avoir. Mais le Sénat a toute son importance malgré les nombreuses critiques à son égard. On pense qu’au Sénat on ne fait rien, alors que c’est complètement faux. Quand on voit les comptes rendus des différentes commissions et les textes qui