Guillaume Chiarappa, journaliste Piccolo, a eu l’occasion d’interviewer Valérie Glatigny, Ministre de l’enseignement supérieur à la Communauté française, sur l’impact de la crise sanitaire sur les étudiants et leurs résultats aux examens. Quelles sont les mesures pour aider les étudiants du supérieur durant cette crise Covid-19? On a prévu un renfort financier pour les premières années. Le gouvernement a dégagé 6 millions d’euros pour soutenir des étudiants de première année par exemple pour engager des étudiants assistants qui pourront donner un coup de main à des étudiants en détresse. La crise sanitaire a-t-elle affecté le taux de réussite et de participation des étudiants aux examens? Alors ça c’est l’heureuse surprise, les résultats sont plus positifs qu’attendus. On s’attendait à une hécatombe au vu des retours sur la détresse des étudiants. Il ne faut certainement pas faire de triomphalisme, on n’est pas ici en train de dire que ça s’est bien passé mais on s’attendait à quelque chose de catastrophique. Il y a eu des problèmes par exemple avec les étudiants de Bac 1 dans certains établissements. Ils ont un petit peu moins réussi. Dans d’autres, ils ont mieux réussi mais globalement l’appréciation était plutôt positive avec un taux de présence aussi légèrement supérieur. Il y a quand-même une différence entre les examens à distance et les examens en présentiel. Les étudiants ont moins bien réussi les examens à distance que les examens en présentiel. C’est à nouveau une moyenne ou une appréciation générale plutôt positive et ce n’est en aucun cas le carton qu’on craignait. Ça veut dire que malgré la détresse psychologique, les étudiants ont réussi à rester connectés sur leurs apprentissages. Comptez-vous organiser une campagne de communication à l’adresse des étudiants qui listeraient les lieux de soutien (notamment pour leur santé mentale)? Je suis contente que vous l’évoquez parce qu’on a vu de manière répétée les établissements pour leur indiquer de relayer les différentes aides. J’ai également vu la FEF et les conseils étudiants. On leur a indiqué où les étudiants peuvent trouver des informations sur toutes les aides qui existent y compris les aides psychologiques. Ils peuvent se rendre sur le site de leur établissement. Il y a toutes les informations sur les aides que les étudiants peuvent trouver. Par exemple, si un étudiant veut un soutien psychologique, il peut se tourner vers son établissement, il y a des services sociaux qui peuvent l’aider et le diriger vers un service d’aide psychologique ou rembourser la consultation chez le psychologue… Donc tout ça existe déjà, il faut juste le faire savoir aux étudiants car, ce que je remarque, c’est que souvent les étudiants ne reçoivent pas l’information. C’est passer à l’action qui est problématique. Ils pensent sûrement que c’est stigmatisant d’aller demander de l’aide, c’est juste normal dans les circonstances actuelles. Je pense qu’il faut encourager les étudiants à se tourner vers leurs établissements pour demander de l’aide. Il ne faut surtout pas rester avec un problème d’ordre financier ou d’ordre psychologique. Je pense qu’il faut vraiment pousser la porte de son établissement, envoyer un e-mail ou contacter par téléphone le service social. Surtout si cette aide permet d’éviter que les étudiants interrompent leur année. Peu importe la difficulté, de l’aide existe. Par exemple: un problème pour payer le loyer d’un kot, pour manger, pour rembourser une consultation psychologique, pour payer une connexion Wi-Fi, etc… Quelles leçons tirez-vous de cette presque première année de digitalisation massive des cours en supérieur? Y a-t-il des bonnes pratiques à garder? Oui, nous avons d’ailleurs demandé une étude sur ce sujet à l’ULB pour pouvoir étudier toutes les bonnes pratiques. Celle-ci est attendue pour le mois de juin ou de juillet. C’est évident que ce n’est pas chouette ce qui nous arrive mais je suis sûr qu’il y a des leçons à tirer notamment de ce basculement brutal vers l’enseignement à distance, qui s’est rapidement mis en place. Certes, il y a eu beaucoup d’inquiétudes parce que lors des examens à distance, des bugs sont apparus, comme ce fut le cas l’année dernière. Cette année aussi d’ailleurs, il y a eu quelques bugs les premiers jours d’examens parce que les systèmes informatiques n’étaient pas préparés à être sollicités par autant de personnes. Le même jour, nous avons tiré les leçons de ces problèmes notamment en organisant des tests à blanc, en mettant en place des classes inversées. De plus, il y a eu beaucoup de professeurs qui n’avaient jamais utilisé le principe de la visioconférence avant la pandémie. Quelles sont les améliorations à apporter? Il doit aussi y avoir une évaluation par les établissements pour voir ce qui a fonctionné ou non. Pour le moment, nous ne sommes pas encore dans la phase de réflexion sur le sujet car il est encore trop tôt. Notre principal combat pour le moment, c’est de vous diplômer de la meilleure manière possible et surtout un maximum d’étudiants. Comment avez-vous perçu les appels à l’aide des étudiants ? Comme des crèves cœurs… C’est vraiment très difficile, je suis ministre de l’enseignement supérieur depuis septembre 2019 et nous avons eu de septembre à mars pour essayer de déployer davantage l’enseignement supérieur. On a rêvé de mettre en œuvre des réformes et puis en mars, on nous dit qu’il faut fermer tout pour des impératifs sanitaires. Oui, c’est un crève-cœur, quelque chose de pas naturel, de contre nature. Devoir empêcher les activités d’apprentissage ou les limiter et puis trouver une solution pour qu’elles aient lieu quand même malgré tout, c’est une situation inédite. Je pense que mes collègues sont d’accord avec moi. Je suis convaincue qu’aucun ministre de l’Enseignement ne rêve de fermer une école. Je lis tous les jours dans la presse que la jeunesse est sacrifiée. Si, en effet, il faut donner plus d’oxygène à cette jeunesse, peut-être faut-il que les adultes restreignent leurs activités. Je pense aussi qu’il faut qu’on respecte mieux les règles sur le télétravail. Je vois les étudiants qui ne peuvent toujours pas reprendre le chemin des auditoires. De plus, je pense que cette
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Outre-Atlantique, ce début d’année a été rythmé par le fameux championnat du Super Bowl qui rassemble chaque année pas moins de 160 millions de spectateurs à travers le monde. Petite particularité à noter pour cette année 2021, il n’y avait que 25 000 personnes présentes dans le stade lors de la finale (contre 65 000 habituellement), dont 7 500 travailleurs de la santé, tous vaccinés contre le COVID-19. Le reste des places disponibles étaient occupées par des silhouettes en carton. Il s’agit de la compétition sportive la plus suivie et la plus médiatisée aux Etats-Unis. Les plus grandes marques s’arrachent les espaces publicitaires disponibles, les artistes du pays profitent de l’évènement pour faire leur promotion, cette année The Weeknd a assuré le spectacle de la mi-temps en partenariat avec Pepsi. C’est également l’occasion pour les joueurs professionnels de briller, la plupart des sportifs de NFL (National Football League) ne connaîtront qu’une, voire deux occasions de jouer lors d’une compétition de Super Bowl. Le quarterback Tom Brady en 2021 (Source: Wikipédia) Notons pour cette saison quelques chiffres records : 7 : c’est le nombre de Super Bowls remportés par Tom Brady, quaterback, faisant de lui le joueur le plus titré de l’histoire de la National Football League ; 21 : c’est le nombre d’années que comptabilise Tom Brady dans sa carrière professionnelle. Ce chiffre est un chiffre record puisqu’il faut savoir que la plupart des joueurs professionnels restent plus ou moins trois ans et demi en carrière « pro » dans cette discipline ; 43 : c’est l’âge de Tom Brady, désigné plus vieux joueur « pro » de NFL ; 2 : c’est le nombre de Super Bowl gagnés par l’équipe des Buccanneers (Floride) à noter que c’est la première fois de l’Histoire de la compétition qu’une équipe gagne à domicile ; 5,5 millions : c’est le prix (en dollars) que coûtent 30 secondes de diffusion d’une publicité ; 1 milliard : c’est le prix (en dollars) que paye la chaîne de télévision américaine CBS pour acheter les droits de diffusion du Super Bowl ; 35 000 : c’est le nombre de tests PCR distribués au personnel et aux fournisseurs du stade Raymond James Stadium de Tampa dans l’Etat de Floride, où s’est tenue la finale ; 385% : c’est le nombre d’augmentation des ventes des albums de l’artiste The Weeknd dès le lendemain de sa prestation à la mi-temps du Super Bowl, l’artiste a d’ailleurs investi 7 millions de dollars dans ce show époustouflant. Par Julie Labeille, journaliste Piccolo
Des violences ont eu lieu dans la nuit du lundi 25 janvier au mardi 26 dans différentes villes aux Pays-Bas. Pour le pays qui compte plus de 5000 cas de Covid-19 par jour, c’était la deuxième soirée où la violence était présente dans les rues. Les raisons de ces troubles: de nouvelles restrictions nationales pour lutter contre le Covid-19, comme par exemple le couvre-feu qui commence à 21h et se finit à 4h30 du matin. De nombreux affrontements ont eu lieu entre les manifestants et les forces de l’ordre. La police avait déjà arrêté plus de 200 personnes le dimanche 24 janvier. Pourquoi tant de violence ? Aux Pays-Bas, toutes ces restrictions, notamment le couvre-feu, remontent à la deuxième guerre mondiale. Cela a donc motivé les manifestants à descendre dans les rues pour exprimer leur mécontentement. D’autres manifestants dans plusieurs autres pays d’Europe comme la France et l’Espagne ont commencé aussi à exprimer leur saturation vis-à-vis du manque de liberté. Alors que l’Europe essaie de résister aux différents variants en resserrant la visse, serait-ce devenu trop dur pour certaines personnes ? Par Arthur Martin, journaliste Piccolo Sources (dont image): https://www.ladepeche.fr/2021/01/27/covid-19-pays-bas-espagne-liban-les-emeutes-contre-les-restrictions-se-multiplient-9336635.php https://www.rtbf.be/info/monde/detail_coronavirus-aux-pays-bas-deuxieme-nuit-d-emeutes-apres-l-imposition-d-un-couvre-feu?id=10682536
Le mercredi 6 janvier 2020, le Capitole, fief du pouvoir législatif américain, a été pris d’assaut par des Trumpistes déçus et exacerbés. En effet, le Congrès des États-Unis a suspendu en urgence une session destinée à certifier la victoire de Joe Biden à la présidentielle après l’irruption de milliers de manifestants pro-Trump dans le Capitole : les deux chambres, Sénat et Chambre des représentants, ainsi que dans la rotonde du Capitole, où du gaz lacrymogène a été utilisé.Des agents de la police du Capitole ont dégainé leurs armes, rapporte l’élu démocrate Dan Kildee qui dénonce une « attaque contre l’Amérique ». Donald Trump, qui avait appelé un peu plus tôt ses sympathisants à se diriger vers le Congrès pour faire pression sur les élus républicains afin qu’ils s’opposent à cette certification, les a depuis appelés à éviter toute violence. « Soutenez la police du Capitole et les forces de l’ordre. Ils sont du côté de notre pays. Restez pacifiques !», a-t-il tweeté. La maire de Washington a depuis ordonné un couvre-feu à 18h00 (23h00 GMT) dans la capitale fédérale, qui doit durer jusqu’au lendemain, jeudi 7 janvier 06h00 (11h00 GMT). Une manifestante enceinte, touchée par balle à la poitrine, est décédée lors des altercations, affirment plusieurs médias américains NBC, CNN, etc. Depuis sa lourde défaite de novembre dernier, le magnat de l’immobilier ne cesse de commettre des impairs ; tantôt des appels téléphoniques compromettants, tantôt des tweets déplacés… La démocratie américaine serait-elle en déclin ? Par Gauthier Jacques, journaliste Piccolo Sources: https://www.lci.fr/international/chaos-au-capitole-scenes-choquantes-atteinte-grave-contre-la-democratie-des-reactions-indignees-a-travers-le-monde-2174808.html https://www.levif.be/actualite/international/violents-incidents-a-washington-le-capitole-envahi-par-des-manifestants-partisans-de-trump/article-normal-1377023.html?cookie_check=1609974637 https://www.franceinter.fr/monde/photos-les-inimaginables-images-de-la-prise-du-capitole-par-les-manifestants-pro-trump https://www.lesoir.be/347464/article/2021-01-06/trump-appelle-ses-partisans-rentrer-chez-eux-direct https://www.lesoir.be/347482/article/2021-01-07/couvre-feu-instaure-garde-nationale-mobilisee-le-capitole-et-washington
Par Gauthier Jacques, journaliste Piccolo Le sommet du G20 (19 pays et l’UE) a eu lieu, ce week-end du 21/11, à Riyad (Arabie Saoudite). Certes, les principaux chefs d’États de ce cénacle réunissant les plus grands pays (90 % du produit mondial brut) dans le but de promouvoir le dialogue entre pays industrialisés et pays émergents ne se rencontreront pas dans la capitale saoudienne, Covid-19 oblige, ils se contenteront de visioconférences. D’aucuns sauteront comme des carpes car ils évitent la traditionnelle photo « de famille » avec, notamment Mohamed Ben Salmane, surnommé MBS. Ouf ! En effet, toutes les organisations internationales, compétentes en matière des droits humains, s’accordent à dire que MBS ne respecte rien. Ce dernier déploie, sans aucun doute, moult efforts pour moderniser son pays (Vision30, p.ex.), mais rien n’y fait, la chape de plomb imposée sur les droits individuels continue d’asphyxier le peuple saoudien. Nous nous souvenons toutes et tous de l’affaire Khashoggi, assassiné le 2 octobre 2018. Les femmes sont également les victimes principales de ces injustices. Certes, MBS veut développer son pays et le moderniser – il a notamment accordé le droit de conduire aux Saoudiennes – mais le phallocrate reste toujours très autoritaire. Mécontentes ? Une réponse : prison. Malgré toutes les pressions de la communauté internationale, le sommet aura bien lieu. Rien n’y fait ! MBS a encore gagné… Sources: https://vision2030.gov.sa/ https://plus.lesoir.be/338975/article/2020-11-20/le-g20-riyad-le-sommet-de-la-honte https://www.amnesty.fr/pays/arabie-saoudite https://www.rtbf.be/info/monde/detail_une-petition-pour-les-droits-humains-transmise-a-l-ambassade-d-arabie-saoudite-en-belgique?id=10635484
Par Arthur Martin, journaliste Piccolo En Australie, la saison 2019-2020 fut l’une des plus dévastatrices à cause des nombreux incendies de brousse. Des chercheures de l’université de Sydney avancent plusieurs chiffres: plus de 10 millions d’hectares de végétations sont partis en fumée. De plus, les animaux n’ont malheureusement pas été épargnés par cette catastrophe vu qu’1,25 millions d’entre eux ont perdu la vie. Suite à ce désastre écologique, l’association WWF a décidé de réparer les dégâts causés par les feux grâce à la technologie. En effet, leurs drones seront capable de planter jusqu’à 40 000 graines par jour. Ce qui permettra, à terme, de restaurer la nature car le but est aussi de faire revenir les animaux dans leurs milieux naturels, dont les koalas. Cependant, les changements sur la faune et la flore ne seront pas encore visible avant un petit temps. Cette expérience a pour but, à terme, de doubler la population de koalas sur la côte Est. Sources et photos: https://www.7sur7.be/ecologie/des-drones-pour-restaurer-l-habitat-des-koalas-apres-les-incendies-en-australie~a37bf972/ https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/incendie-mega-incendies-australie-ont-tue-pres-3-milliards-animaux-79023/
Par Julia Pirlot, journaliste Piccolo Coronalert est une application gratuite pour notre téléphone portable. Elle nous aide à nous protéger mutuellement et à freiner la propagation du coronavirus. L’application Coronalert utilise la technologie pour accélérer la détection des contacts en Belgique. Comment ça marche ? Lorsqu’un utilisateur de Coronalert est contaminé, il publie anonymement dans une base de données centrale les “codes” que son téléphone a émis au cours des derniers jours. Plusieurs fois par jour, Coronalert compare les “codes” anonymes du serveur central avec les “codes” anonymes présents sur votre téléphone, en provenance des téléphones des autres personnes avec lesquelles vous avez été en contact étroit les derniers jours. S’il s’avère que votre téléphone se trouvait pendant au moins 15 minutes à moins de 1,5 mètres du téléphone d’un utilisateur Coronalert contaminé, vous recevez une alerte indiquant que vous avez eu un contact à risque. Protection des données personnelles Le système DP-3T (présent dans l’appli) est spécialement conçu pour minimiser la collecte et le traitement des données. Lors de l’utilisation de l’application de suivi des contacts, seules les données qui permettent d’informer l’utilisateur qu’il a pu être exposé au virus sont collectées. L’application de suivi des contacts ne révèle pas à l’utilisateur qui était le contact potentiellement contagieux, ni quand et où exactement le contact a eu lieu. Les données stockées dans le téléphone de chaque utilisateur et dans le serveur central sont automatiquement supprimées après 14 jours. L’application de suivi des contacts sera en tout cas désactivée à la date déterminée par la loi belge applicable. Pour retrouver l’application sur Internet, allez sur https://coronalert.be/fr/
Aujourd’hui, le jeune que nous présentons s’appelle Merveille Siassia, éducateur au centre Arthur Regnier! Une des difficultés majeures est d’empêcher le Covid-19 de pénétrer dans l’institution pour personnes infirmes moteurs cérébraux. Malgré ce challenge, il reste optimiste quant à l’avenir!
C’est au tour de Maickel Kraus, secrétaire politique au sein du bureau politique des Jeunes MR de la Province du Luxembourg et éducateur dans un service résidentiel pour enfants placés par le juge, de nous faire part de son témoignage sur son expérience professionnelle durant la crise sanitaire. Son challenge? Parvenir à conserver le lien parent-enfant malgré l’arrêt des visites parentales.
Par Alexandre Piette, membre Jeunes MR Une école qui a dû se réinventer dans la précipitation Le jeudi 12 mars, en fin de soirée, après l’annonce de Sophie Wilmes, le Covid-19 a pris de court tout le monde. Brusquement, les cours seront suspendus, à partir du lundi 16 mars et nous voilà face à une situation inédite que nos écoles n’ont plus connu, depuis la Seconde Guerre Mondiale. Il faut donc la réinventer ! Le vendredi 13 mars, l’ambiance dans notre établissement est très particulière car personne ne sait exactement comment les choses vont se dérouler durant les prochaines semaines et prochains mois. Nous devons apprendre à accepter les choses qui nous dépassent, y compris quand cela modifie grandement nos habitudes. Chacun est appelé à mettre de côté ses désirs individuels, à adopter une attitude citoyenne et responsable. C’est vrai pour les écoles, les professeurs, les élèves et c’est bien plus vrai encore pour toute la société. Ce jour-là, sur le temps de midi, une réunion de crise est organisée, dans l’urgence, par notre direction. Il faut gérer les premiers cas d’élèves contaminés, tout en tentant de continuer d’assurer l’enseignement, sous une forme virtuelle et non plus présentielle, comme nous en avons toujours eu l’habitude. Dans ce cadre, les premières semaines ont été fastidieuses. En effet, bien que la plupart des collègues se soient mobilisés avec la direction et le service informatique pour entretenir virtuellement, comme nous le pouvions, du lien avec nos étudiants, tout en assurant la continuité des apprentissages ; il faut bien reconnaître que nous avons dû, bien souvent, un peu bricoler, et nous approprier progressivement, en autonomie, confiné, chacun de notre côté, le Google Drive de l’école, créé pour l’occasion. Même si, dans un premier temps, l’idée d’utiliser cet outil informatique gratuit aux multiples facettes (visioconférences, journal de classe virtuel, courriels, cours en ligne …) pouvait nous paraître intéressante et comme étant une opportunité, au sein d’un monde de plus en plus virtuel pour les jeunes, il faut bien reconnaître que gérer les élèves, au cas par cas, en mode confinement a été compliqué pour la plupart d’entre nous car au fil des semaines, nous avons pu remarquer que nous n’étions pas tous sur un même pied d’égalité ; au moment où la fracture numérique, dans certaines familles mais aussi chez certains enseignants moins expérimentés se faisait de plus en plus grande. L’absence de connexion Internet, d’imprimante, le manque d’encre ou de papier ou encore la méconnaissance des systèmes d’utilisation ont rendu impossible chez certains la réalisation des travaux demandés. Dans de telles situations, comment s’assurer de la compréhension des communications si tant est qu’elles puissent parvenir à leurs destinataires ? A fortiori, face à l’absence de réponses de certaines familles, comment évaluer leur degré d’équipement ? Et comment préserver les élèves dans cette équation ? Le besoin est à la fois matériel (ordinateurs, tablettes) et technique (accompagnement des enseignants et des élèves), mais il relève aussi de la sélection et de l’exploitation d’un outil numérique adapté aux réalités. Il paraissait donc difficile de proposer des solutions ‘’clé sur porte’’ tant les besoins étaient nombreux, variés et dépendants du contexte de notre établissement. Dans notre école, comme dans d’autres certainement, cette crise nous aura probablement permis de penser à l’avenir pour mettre en place progressivement une école numérique, comme souhaitée par les politiques de toutes convictions, depuis plusieurs années. C’est pourquoi, dès la rentrée de septembre et quel que soit le scénario de celle-ci, en fonction de l’évolution de l’épidémie, il faudra certainement envisager une certaine forme de systématisation du numérique dans nos futures pratiques pédagogiques et sans doute réinventer notre école, mais sans jamais perdre de vue les valeurs humaines qui la composent. Le numérique doit rester un outil et ne se substituera jamais à la vraie relation pédagogique entre un professeur et ses élèves en salle de classe car être enseignant, ce n’est pas être assis devant un ordinateur mais être en classe. Nous avons besoin de nos élèves, même si cette vocation n’est pas rose tous les jours et que son importance, dans la société, pour permettre l’émancipation sociale de chacun, est de moins en moins reconnue par l’opinion publique. Une fin d’année très particulière, en demi-teinte… Fin avril, le CNS a décidé d’autoriser la réouverture progressive des écoles, dans des conditions d’hygiène strictes ; à partir du 18 mai, pour les rhétos et du 25 mai, pour les deuxièmes secondaire. La plupart des membres du personnel de notre école étaient plutôt heureux de cette décision car ils estimaient qu’un retour en présentiel des élèves, leur permettrait de récupérer un certain rythme de travail, tout en évitant l’accroissement de la fracture numérique entre plusieurs d’entre eux. Néanmoins, sur le terrain, la mise en œuvre des mesures d’hygiène imposées par le CNS n’a pas été chose aisée. En effet, constatant une certaine difficulté pour la Fédération Wallonie-Bruxelles à fournir des masques et tout le matériel nécessaire à cette rentrée, notre pouvoir organisateur, la direction avec les différents membres du CP (conseil en prévention) ont pris la décision de reporter la rentrée des élèves des dernières années au lundi 25 mai et celles des 2e, au mardi 02 juin, afin de se donner le temps et les moyens de tout mettre en œuvre pour assurer un maximum de sécurité pour les élèves et l’équipe éducative. D’un point de vue pédagogique, pour la direction, il a aussi semblé important de réaliser des conseils de classe préparatoires, avant cette reprise de la fin mai. L’objectif de ceux-ci était, sur base des résultats et/ou des choix des élèves pour l’année scolaire suivante, de cibler ceux en situation d’échec et/ou pour lesquels un projet de réorientation devait être déterminé, avant la fin du mois de juin. Tout cela dans le but d’éviter un éventuel décrochage scolaire. Mais, quelques jours plus tard, quand nous avons appris les conditions pratiques dans lesquelles cette reprise allait se faire, nous étions plutôt sceptiques. En effet, la Ministre de l’enseignement obligatoire, Caroline Désir (PS), a décidé de laisser le choix aux parents, d’un retour ou non de leur enfant à l’école, en suspendant temporairement l’obligation scolaire. Grave erreur pour la plupart d’entre nous car