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Vivre entre mes balles: une vie dans la peur.

Depuis plusieurs mois, il est difficile de ne pas ressentir la pression qui pèse sur les habitants de plusieurs communes du pays. En cause : la recrudescence des fusillades en ce début d’année 2025. Si ce phénomène n’est pas nouveau, le fait que de plus en plus de civils soient touchés — blessés ou tués — alarme profondément. À Anderlecht, la commune la plus touchée, les habitants vivent dans une inquiétude croissante. Je souhaite ici partager les émotions, les peurs et les réflexions de ceux qui, au quotidien, voient leur environnement devenir de plus en plus menaçant. LE CONTEXTE En 2024, on a recensé 92 fusillades dans la région de Bruxelles-Capitale, selon la police fédérale. Interrogée par la RTBF en février 2025, Astrid De Schutter, chercheuse à l’Institut flamand de la paix, confirmait que « la plupart des violences à Bruxelles sont effectivement liées au milieu de la drogue ». Ce lien est bien connu, même si la proportion exacte des fusillades réellement imputables à ces réseaux reste floue. La majorité, néanmoins, le serait. Cette situation impactait évidemment les habitants des communes les plus touchées, mais ceux-ci trouvaient encore le moyen de se rassurer. « Si l’on ne traînait pas la nuit dans les endroits sensibles, on n’avait rien à craindre », confiaient certains. Des fusillades non liées au trafic de drogue existaient toutefois déjà. Moins nombreuses, certes, mais bien présentes. En août 2024, un père de famille a été tué lors d’une intrusion à domicile à Ixelles. En octobre de la même année, un homme a été blessé par balle à Cureghem alors qu’il se rendait à la boulangerie. On parlait alors de malchance. LA SITUATION ACTUELLE En 2025, la situation semble avoir chamboulé la tendance. Les victimes civiles des fusillades sont plus nombreuses. Sur base d’une analyse des fusillades survenues en ce début d’année, 33 % des victimes ne semblent pas être liées au trafic de drogue (contre 14 % en 2024). Ce qui relevait autrefois d’un règlement de comptes entre dealers est désormais devenu une véritable affaire de sécurité publique. Autrefois, se balader en rue le soir n’était pas recommandé à Anderlecht. Aujourd’hui, cela devient presque impossible sans entendre, sur un ton à la fois humoristique et inquiet : « Attention à ne pas te faire tirer dessus ». Le sentiment d’abandon grandit parmi les riverains. Beaucoup disent ne plus se sentir protégés, ni par la police ni par les autorités communales. Certains envisagent de déménager, tandis que d’autres créent des groupes de vigilance sur les réseaux sociaux. La peur n’est plus une émotion passagère : elle est devenue une norme dans l’une des communes les plus peuplées du royaume. Le constat est brutal mais réel : les victimes de fusillades ne sont plus uniquement des trafiquants de drogue, mais aussi des civils. La faute à qui ? À des tireurs de plus en plus jeunes et facilement recrutables, ou à une explosion des violences liées au trafic de drogue ? Pourtant, les chiffres ne semblent pas confirmer cette dernière hypothèse. Le problème semble donc se situer ailleurs. Mais où ? L’AVIS DES PARTIS ET DE LEURS ORGANISATIONS DE JEUNESSE SUR LA LÉGALISATION DU CANNABIS Le MR et les Jeunes MR Le MR est contre la légalisation du cannabis. Son président, Georges-Louis Bouchez, déclarait au micro de LN24 en avril dernier : « Pourquoi on le ferait pour le cannabis et pas pour les autres drogues ? C’est envoyer un signal très négatif à un moment où on devrait plutôt dire à nos concitoyens : “La drogue, ça détruit des États, ça détruit des vies, des familles.” On doit lutter contre. » Il estime également qu’il serait judicieux d’appliquer des sanctions aux consommateurs. Selon lui : « Aujourd’hui, quelqu’un qui fume son pétard doit savoir qu’il a peut-être financé les talibans (…) Quelqu’un qui prend de l’héroïne les a aussi financés. C’est la réalité géopolitique. » Les Jeunes MR, en revanche, sont historiquement pour la légalisation du cannabis. Ils plaident pour un encadrement rigoureux ainsi que pour des investissements dans la prévention et la sensibilisation. Cette divergence n’est pas nouvelle. En 2014 déjà, la présidente des Jeunes MR expliquait à la RTBF : « La situation actuelle est hypocrite : on autorise la détention, mais on interdit la vente. » Le PS et les Jeunes Socialistes Le PS est pour la légalisation du cannabis. Le député et vice-président du PS bruxellois, Martin Casier, explique que cette position s’inscrit dans un contexte d’augmentation de la consommation de drogues dures et de l’omniprésence de réseaux criminels et mafieux dans notre pays. Le PS plaide pour une légalisation encadrée par des balises claires : accès interdit aux mineurs, taxation ciblée, interdiction de la publicité, production limitée et autorisée sous conditions strictes. En parallèle, le parti soutient la création de structures locales de réduction des risques, de traitement, ainsi qu’un renforcement des services de police et de justice pour lutter contre le trafic de drogues à grande échelle. Du côté des Jeunes Socialistes, la position est proche de celle du parti, selon un membre de l’organisation que nous avons contacté. Les Engagés et Génération Engagée Les Engagés sont pour la légalisation du cannabis. Sur leur site internet, ils défendent un modèle dans lequel l’État produirait le cannabis, assurerait la prévention et accompagnerait les consommateurs. Ils soutiennent également le cannabis thérapeutique comme alternative aux dérivés morphiniques. Selon eux, la répression actuelle favorise la stigmatisation, l’exclusion sociale et l’entrée dans la délinquance. Génération Engagée, l’organisation de jeunesse du parti, n’a pas encore débattu officiellement de la question. Son président, Noah Devillers, se dit toutefois personnellement favorable à la légalisation, tout en précisant que cette position n’engage que lui. Une ligne officielle reste à définir, mais une dynamique semble se dessiner. Ecolo et EcoloJ Ecolo est pour la légalisation du cannabis. Dans leur programme 2024, ils proposent de réglementer le marché afin de mieux contrôler la production et la distribution. Cela passerait notamment par une interdiction de la publicité, des contrôles stricts du

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De la jungle aux docks : la Belgique, plaque tournante du trafic mondial

Aujourd’hui, la Belgique et les Pays-Bas sont devenus les principales portes d’entrée du trafic de drogues en Europe. En 2023, une année record, pas moins de 116 tonnes de cocaïne ont été saisies dans les ports belges. Sachant que les saisies ne représentent qu’une fraction, souvent infime, du marché global, on peut aisément imaginer l’ampleur colossale des quantités qui échappent encore aux contrôles. À cela s’ajoutent d’autres substances comme le cannabis, les drogues de synthèse (ecstasy, kétamine, amphétamines, GHB, LSD, etc.) ou encore l’héroïne. Pour comprendre ce phénomène, il faut s’interroger sur trois éléments : d’où viennent ces drogues ? Pourquoi la Belgique est-elle devenue une plaque tournante du trafic mondial ? Et que deviennent ces substances une fois arrivées dans notre plat pays ? Le cannabis : fumer local La drogue la plus consommée en Belgique est le cannabis. Elle est principalement produite localement, en Belgique ou aux Pays-Bas, dans des serres indoor illégales. Quelques projets pilotes encadrés par l’État existent aux Pays-Bas, mais le cannabis consommé en Belgique provient quasi exclusivement de filières clandestines. Ces cultures nécessitent un environnement précis : éclairage puissant, ventilation, filtres anti-odeur, chauffage climatisé et surtout une grande consommation d’énergie. Les anomalies de consommation signalées par les fournisseurs d’énergie, des branchements électriques illégaux, des odeurs suspectes ou encore des mouvements inhabituels peuvent alerter la police. Des caméras thermiques sont parfois utilisées pour détecter la chaleur des lampes. Bien qu’une part importante du cannabis soit cultivée sur place, on assiste aussi à des importations en provenance du Maroc, d’Espagne, du Pakistan, du Canada ou encore des États-Unis. La cocaïne : du laboratoire clandestin à nos ports La cocaïne provient principalement de Colombie, du Pérou et de Bolivie. Les feuilles de coca y sont transformées, d’abord en pâte brune à l’aide de solvants toxiques, puis en chlorhydrate de cocaïne dans des laboratoires sophistiqués, souvent situés en zones contrôlées par des groupes armés. Une fois compactée, emballée et camouflée chimiquement ou olfactivement, la cocaïne entame son voyage vers l’Europe via les ports d’Amérique du Sud, d’Afrique de l’Ouest ou des Caraïbes. Pourquoi Anvers ? Le port d’Anvers présente plusieurs « avantages » pour les trafiquants : Un volume colossal : plus de 12 millions de conteneurs y transitent chaque année. Moins de 2 % sont contrôlés, un ratio insuffisant pour enrayer le trafic. La fluidité commerciale : un contrôle accru ralentirait la chaîne logistique, essentielle à l’économie. Cela limite donc les capacités d’inspection. Une infiltration criminelle : le nombre élevé d’intermédiaires et d’employés sur place favorise les risques de corruption. Une situation stratégique : proche de Rotterdam, connecté à l’Europe entière, Anvers est un hub idéal pour la redistribution rapide des cargaisons illicites. 2024 : Moins de saisies, mais plus de questions En 2024, les saisies de cocaïne à Anvers ont chuté drastiquement : de 122 tonnes en 2023 à 44 tonnes. Une bonne nouvelle ? Pas vraiment. Car la production mondiale, elle, continue de grimper : entre 2014 et 2022, elle est passée de 869 à 2757 tonnes (+217 %). Rien qu’entre 2022 et 2023, on observe une augmentation de 34 %. En parallèle, les prix au kilo chutent, signe d’une offre qui reste abondante. L’analyse des eaux usées dans plusieurs villes européennes confirme une consommation toujours élevée. Autrement dit, la baisse des saisies reflète surtout l’adaptation des trafiquants, non une diminution du trafic. On peut donc expliquer cette chute de saisies par l’adaptation rapides des méthodes criminelles. Voici ce qui a été observé récemment : Une augmentation du nombre de cargaisons et une diminution des quantités par cargaison, pour réduire les pertes en cas d’interception. Une diversification des routes en passant par l’Afrique de l’Ouest, la mer Noire ou des ports secondaires pour brouiller les pistes. Des dissimulations chimiques : la cocaïne est intégrée dans du plastique, du charbon, ou de la pulpe de fruits, puis extraite dans des laboratoires clandestins en Europe. L’héroïne : une filière en mutation Si la cocaïne domine les saisies, l’héroïne continue de transiter par la Belgique. Traditionnellement produite en Afghanistan, la production a chuté de 95 % depuis 2022 en raison de l’interdiction du pavot par les talibans. Mais les stocks constitués auparavant suffisent encore à alimenter le marché. Les trafiquants s’adaptent en relocalisant la production : Iran, Pakistan, Tanzanie, Birmanie… L’héroïne suit plusieurs routes : la route des Balkans (Turquie, Serbie, Europe occidentale), la route sud (Afrique du Nord) ou encore la route du Caucase. En Belgique, elle entre souvent par voie terrestre, via les pays voisins. Les drogues de synthèses : une industrie belge et néerlandaise Contrairement à l’héroïne, les drogues de synthèse (MDMA, amphétamines, méthamphétamines) sont produites en Europe, notamment en Belgique et aux Pays-Bas, dans des laboratoires clandestins à la logistique impressionnante. Les produits chimiques de base viennent souvent de Chine ou d’Inde. Les laboratoires belges produisent pour le marché local mais aussi pour l’exportation (Europe de l’Est, Scandinavie, Australie). Un exemple marquant : en juillet 2025, un laboratoire en Espagne opéré par un réseau néerlandais produisait jusqu’à 100 kg de MDMA par semaine. 5.    Les NPS : une nouvelle menace insaisissable Les nouvelles substances psychoactives (NPS) représentent un défi croissant. Synthétisées pour imiter les effets de drogues existantes tout en contournant les législations, ces substances – parfois appelées “legal highs” – évoluent à une vitesse vertigineuse. Souvent vendues comme “sels de bain”, “encens” ou “produits de recherche”, elles sont importées depuis la Chine ou l’Inde et redistribuées via des plateformes en ligne ou des circuits parallèles. Les effets sont mal connus, parfois dangereux, et les autorités ont souvent un temps de retard sur leur classification. En Belgique, plusieurs cas d’intoxication sévère ont été recensés ces dernières années, notamment chez les jeunes. Ces substances posent un véritable casse-tête juridique et sanitaire. Une fois en Belgique ? Une distribution bien rodée Une fois les drogues arrivées en Belgique, elles sont rapidement prises en charge par des réseaux locaux de distribution. La cocaïne est souvent divisée en petites quantités dans des lieux de stockage temporaires, avant d’être redistribuée dans

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Roumanie 2025 : ingérence numérique, fragilité démocratique

Les rues de Buzău sont désertes ce dimanche après-midi. Après avoir été dans les bureaux de vote, les dizaines de milliers d’électeurs qui composent cette ville de l’Est de la Roumanie sont désormais rivés à leur télévision. Le pays a traversé une période de fortes tensions politiques, mais a finalement choisi la voie de la continuité démocratique. Dimanche 18 mai, Nicusor Dan, maire centriste de Bucarest et indépendant pro européen, a remporté le second tour de l’élection présidentielle avec 54 % des voix, battant le candidat de l’Alliance pour l’unité des Roumains (AUR), George Simion. Tout au long de la campagne, ce dernier s’est imposé comme l’homme fort dans les régions rurales, orthodoxes et moins favorisées. Selon Le Monde, « un fort sentiment d’humiliation et de frustration vis-à-vis de l’Ouest alimente l’euroscepticisme. La rhétorique flamboyante de Simion – surtout sur les réseaux sociaux –, son opposition à l’aide militaire à l’Ukraine, ses attaques contre la presse et son discours nationaliste l’ont imposé comme le héraut d’un ressentiment populaire anti-système. Une dynamique qui rappelle à plus d’un titre celle du trumpisme aux États-Unis. Cette victoire, saluée par les capitales européennes, intervient à l’issue d’un processus électoral chaotique, marqué par des ingérences étrangères et un soupçon de manipulation numérique. C’est peu dire que cette présidentielle roumaine a déjoué tous les scénarios. Le premier tour initial, en novembre 2024, avait été annulé par la Cour constitutionnelle, après la percée inattendue de l’extrême droite. Le succès fulgurant de Calin Georgescu, alimenté par une campagne virale sur TikTok et des milliers de comptes relais coordonnés, avait fait craindre une prise de contrôle algorithmique de la démocratie. L’ingérence étrangère – bien que difficile à prouver formellement – a fini par provoquer une crise politique dans le pays. Le vice-président américain J.D. Vance a qualifié l’annulation du premier tour de véritablehumiliation : « Si votre démocratie peut être détruite avec quelques centaines de milliers de dollars de publicité numérique d’un pays étranger, alors elle n’est pas très forte. » Quant à l’exclusion de Georgescu des nouvelles élections, elle a été dénoncée comme une nouvelle manipulation de l’Union européenne. « Bruxelles reproche aux Roumains d’avoir mal voté », on dit certains avec ironie. Et alors qu’on se souvient du soutien d’Elon Musk à l’AfD en Allemagne, c’est cette fois Pavel Durov, libertarien opposé au régime du Kremlin, milliardaire et fondateur de Telegram, qui dénonce ce qu’il qualifie de fraude électorale après la victoire de Nicusor Dan : « On ne combat pas les « ingérences électorales » en faisant de l’ingérence électorale. » Mardi, George Simion a annoncé qu’il demandait à son tour l’annulation de l’élection présidentielle en raison… d’« ingérences extérieures » Que retenir de cet événement ? Il semble évident que les réseaux sociaux et les plateformes numériques ne sont plus de simples relais d’opinion : ils en sont devenus des acteurs à part entière, capables de structurer l’agenda, de polariser les débats, voire de fausser le jeu électoral. Dans ce nouvel écosystème, les démocraties doivent apprendre à se défendre sans pour autant céder à la censure. Car l’ingérence numérique est une notion aux contours flous. En ce sens, l’épisode roumain n’est peut-être qu’un avant-goût de ce qui nous attend bientôt. Pour aller plus loin :« Roumanie : le candidat centriste pro-occidental Nicusor Dan remporte la présidentielle » (L’Écho, 18 mai 2025) « Election présidentielle en Roumanie : essor nationaliste inédit sur fond de fractures territoriales » (Le Monde, 18 mai 2025) « Menaces numériques sur les élections dans les démocraties européennes » (Le Monde, 18 février 2025) « Pavel Durov, PDG de Telegram, accuse la France d’avoir cherché à “censurer des voixconservatrices” en Roumanie » (Le Monde, 19 mai 2025) Marin Buyse Rédacteur

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L’inclusion avance: des progrès réels dans les droits des personnes LGBTQIA+ 

 À l’occasion de la semaine des fiertés et du mois des fiertés en juin, mon article portera sur les avancées effectuées par la Belgique ou dans le monde dans les droits des personnes LGBTQIA+. Il portera également sur les défis que ces personnes rencontrent dans le monde.   1. Des avancées concrètes à l’échelle mondiale Depuis une vingtaine d’années, les droits des personnes LGTBQIA+ ont connu des progrès notables. Le mariage pour tous, l’adoption homoparentale, la reconnaissance des identités transgenres ou encore l’adoption de lois anti-discrimination sont  devenues des réalités dans un nombre encore croissant de pays. Cuba, Chili, ou plus récemment la Grèce ainsi que la Slovénie ont légalisé le mariage pour tous. De nombreux pays, encore conservateurs sur la question, ont tout de même réalisé certaines avancées notamment pour les personnes transgenres ; ceci est le cas du Népal ou du Bhoutan par exemple. Même si tous les droits, ne sont pas encore totalement universellement garantis, es changements s’accélèrent souvent sous l’effet de mobilisations citoyennes ou politiques ainsi que de pressions internationales. Cette évolution, bien que progressive, démontre qu’un réel changement est en cours pour apporter aux personnes LGTBQIA+, plus de dignité humaine.   2. La Belgique : pionnière mais toujours confrontée à des défis La Belgique est l’un des pays les plus avancés en matières de droits pour les personnes LGBTQIA+. Le mariage pour tous y est légal depuis 2003, l’adoption pour les personnes de même sexe depuis 2006 et enfin, depuis 2018, les personnes transgenres peuvent changer de genre à l’état civil sans opération chirurgicale requise ou évaluation psychiatrique. Des lois protègent également contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle, au genre etc. notamment dans l’emploi, marquant ainsi clairement une certaine avancée au niveau des droits humains. Cependant, derrière ce cadre légal instauré, des défis persistent. Les violences homophobes et transphobes ne diminuent pas : en 2024, en Belgique, 136 dossiers sont liés à des cas de violences ou discriminations envers les personnes LGBTQIA+ et parmi ceux-là, 35% concernent des actes de haine à caractère homophobe/ lesbiphobe/ biphobe. Le harcèlement scolaire lié à l’orientation sexuelle ne diminue pas non plus . L’inclusion réelle ne se mesure pas uniquement aux lois mais aussi à leur application et à l’évolution des mentalités.   3. Des voix de plus en plus audibles : les jeunes prennent la parole L’une des grandes forces actuelles du mouvement LGBTQIA+ est la visibilité. Que ce soit lors des prides ou simplement parce que les jeunes prennent la parole, le mouvement se fait de plus en plus visible. De plus en plus de jeunes font leur coming-out pour porter fièrement un message de tolérance et de fierté, ils n’hésitent pas non plus à briser les tabous autour de l’homosexualité par exemple et à revendiquer davantage la liberté d’être soi tout en dénonçant les discriminations subies.   4. Un combat loin d’être terminé mais porteur d’espoir Malgré ces avancées, le combat reste fragile. Dans plus de 60 pays, l’homosexualité est criminalisée, et dans certains états, les personnes homosexuelles ou transgenres risquent la peine de mort. Mais au lieu de freiner ces luttes, les mouvements se renforcent et créent de la solidarité entre eux. Le message est clair : les droits LGBTQIA+ sont des droits humains fondamentaux. Il est important pour nous, en tant que jeunes libéraux de continuer à ouvrir les esprits sur la question LGBTQIA+, la tolérance fait une société. Shana Rojtman – Van Wynsberghe Rédactrice

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Le grand retour du nucléaire en Belgique

En avril dernier, le Parlement fédéral a voté la modification de la loi de 2003 sur la sortie du nucléaire. Ce vote acte un changement de paradigme, longtemps défendu par le MR, dans les politiques énergétiques belges. La fin du calendrier de sortie du nucléaire étant désormais prononcée, le gouvernement se tourne vers l’avenir, en cherchant à prolonger les infrastructures existantes et à en construire de nouvelles. La société semble soutenir cette décision, mais comment expliquer que le nucléaire, longtemps décrié, retrouve aujourd’hui la cote ? Pour comprendre cette évolution de l’opinion publique sur un sujet aussi clivant, marqué à la fois par l’espoir et la peur, un retour historique s’impose. Dans les années 1970, la Belgique démarre la construction des centrales de Tihange et de Doel. Le dernier réacteur est achevé en 1985. Cette période est marquée par un optimisme technologique : le nucléaire incarne l’avenir et le progrès. Mais en 1986, la catastrophe de Tchernobyl refroidit brutalement cet enthousiasme. Ce drame, la plus grande catastrophe nucléaire de l’histoire, suscite peurs et inquiétudes parmi les citoyens belges. De ce traumatisme naissent les mouvements antinucléaires, qui sont repris et portés par les écologistes dans les années 1990 et 2000. Ces mouvements influencent fortement le débat public de l’époque. En 2003, les Écolos remportent une victoire : la loi sur la sortie du nucléaire est votée, prévoyant l’arrêt progressif de toutes les centrales belges à partir de 2015. Dans les années 2010, les découvertes de microfissures dans certains réacteurs ravivent les craintes de la population. La fermeture de Doel 3 en 2022 et de Tihange 2 en 2023 marque le début du démantèlement des centrales belges. L’arrêt de Tihange 3 et Doel 4 était prévu pour 2025. Mais en 2022, la guerre en Ukraine éclate et entraîne une crise énergétique. La dépendance européenne, et belge, aux énergies fossiles russes fait exploser les prix de l’énergie. Face à cette crise, et sous l’impulsion du MR, le gouvernement décide de prolonger ces deux réacteurs pour dix années supplémentaires. Cette crise énergétique opère un tournant dans l’opinion publique belge et européenne. La crise a révélé notre dépendance aux énergies fossiles importées. Sans alternative immédiate au nucléaire, cette situation a représenté une perte de souveraineté énergétique. Cela explique pourquoi une majorité de la population soutient aujourd’hui un retour du nucléaire, perçu comme un moyen de redevenir producteur d’énergie et de renforcer notre autonomie. Ce regain d’intérêt pour le nucléaire se reflète aussi dans le discours politique et trouve son incarnation dans la figure de Mathieu Bihet, jeune ministre MR de l’Énergie, pour qui ce virage était indispensable. Il nous a fait le plaisir de développer sa vision en répondant à l’interview qui suit :             Interview de Monsieur le Ministre de l’Énergie, Mathieu Bihet Pourquoi ce retour en force du nucléaire en Belgique ? Parce que pendant trop longtemps, l’énergie nucléaire a été le parent pauvre de notre politique énergétique. Par dogmatisme, par idéologie pure. C’était presque devenu un gros-mot. Aujourd’hui, grâce au Mouvement réformateur (MR), le nucléaire fait son grand retour dans notre mix énergétique. Nous opérons un changement de paradigme clair avec le passé, en passant d’un antinucléarisme primaire à un mix énergétique qui repose sur deux piliers : le nucléaire ET le renouvelable. Nous pensons qu’il est primordial de réduire la dépendance de notre pays aux importations pour mieux résister aux crises et à l’instabilité internationale. L’objectif avec le nucléaire est d’assurer une énergie durable, bas carbone, souveraine et abordable pour les citoyens et compétitive pour nos entreprises. Le retour du nucléaire, c’est le retour du bon sens ! La construction d’un nouveau réacteur (SMR) est prévue, mais les communes ne sont-elles pas réticentes à une construction de ce type sur leur territoire ? Il est normal que des questions se posent, tout changement implique son lot d’interrogations. La volonté du Gouvernement est de continuer la recherche et l’investissement sur les SMR. Il faut savoir que ces réacteurs modulaires sont très différents des réacteurs classiques. Ils sont conçus pour être plus compacts et plus faciles à intégrer dans l’environnement, pour répondre à des besoins locaux d’entreprises intenses en consommation d’énergie, par exemple. Le moment venu, le travail de concertation et de transparence sera central. Le soutien local ne se décrète pas, il se construit. L’énergie est indispensable pour notre indépendance, mais, avec ce virage vers le nucléaire, ne risque-t-on pas de tomber dans une dépendance aux pays producteurs d’uranium ? C’est une bonne question. Mais le risque de dépendance est moindre qu’avec les énergies fossiles comme le gaz ou le pétrole. Oui, l’uranium est importé. Mais sa densité énergétique est telle qu’il en faut très peu pour produire énormément d’électricité. Contrairement au gaz, il ne dépend pas de flux continus ni de partenaires instables. De plus, l’uranium provient de plusieurs régions du monde démocratiques et stables (Canada, Australie, etc.), ce qui diversifie les sources et réduit les risques. Sans parler du fait qu’il est stockable sur plusieurs années — un véritable atout stratégique. Quel serait votre mix énergétique idéal ? Un mix équilibré, dans lequel toute source d’énergie décarbonée à sa place. L’avenir énergétique ne repose pas sur une seule technologie, mais sur la complémentarité entre elles. Nous n’avons pas de tabou, nous recherchons le meilleur rapport coûts/bénéfices. Notre approche est pragmatique et équilibrée : nous ne misons pas sur une seule technologie, nous diversifions nos sources pour garantir une transition efficace et maitrisée. Est-ce qu’à long terme vous pensez que la Belgique pourra se passer d’énergie fossile ? La Belgique continue de se diversifier en s’éloignant des combustibles fossiles pour s’orienter vers une électrification accélérée des usages. Mais il faut des mesures pour accompagner cette transition. Ce qui est rare est cher : s’il n’y a pas assez d’électricité produite, elle sera chère. Et on ne fait pas une transition énergétique avec une électricité chère. Pensez-vous qu’un jour nous pourrons devenir des exportateurs d’énergie au même titre que la France ? La Belgique est déjà exportatrice d’électricité à certains moments, notamment grâce à sa production

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LA VIOLENCE NE CONSTRUIT RIEN

Ce dimanche 4 mai 2025, des violences ont éclaté en marge de la finale de la Coupe deBelgique de football. Des hooligans brugeois ont attaqué des citoyens bruxellois, et une réplique tout aussi violente leur a été opposée par ces derniers. À raison, les réseaux sociaux s’enflamment, les politiques s’en mêlent, et une nouvelle fois, notre pays est frappé par des tensions communautaires qui s’accroissent. Je souhaite mobiliser ce triste événement pour soulever un constat : dans des moments de crise, le paysage politique belge ne débat plus, il se divise. Et c’est un problème pour notre démocratie. RAPPEL DES FAITS Dimanche dernier, peu avant que la finale de la Coupe de Belgique de football ne débute, une dizaine de supporters brugeois cagoulés ont déboulé dans les rues de la capitale. Problème, ils ne sont pas aux abords du stade, mais dans une zone bien éloignée de celui-ci et aucunement sur le chemin vers les tribunes. Les caillassages et agressions à caractère raciste se multiplient, et les blessés bruxellois s’accumulent. La police n’étant pas présente aux moments des faits, ce sont alors les bruxellois eux-mêmes qui ont décidé de se faire justice, et ont rappliqué en agressant plusieurs supporters brugeois quelque peu après les incidents décrits ci-dessus. Résultat, plusieurs blessés (dont des policiers), une soixantaine d’arrestations administratives, un tollé de réactions politiques et citoyennes, et finalement, une question qui se pose : comment cela a-t-il pu arriver ? UN DÉBAT INVISIBILISÉ Le but de mon article n’est pas de faire le justicier, ni même de rajouter une couche au scandale qu’ont constitué ces incidents : c’est même tout l’inverse. S’indigner est normal, manifester est un droit, et faire entendre sa colère tout autant, mais où sont les politiciens qui font un pas en arrière, se placent au-dessus de la mêlée, et se mettent autour d’une table pour discuter des causes profondes ayant pu engendrer ces incidents ? Avons-nous perdu le sens des responsabilités ? Je dois probablement être utopiste, mais dans ma conception de la politique, après des incidents comme ceux qu’on vient de vivre, le lendemain, au soir, deux acteurs politiques se confrontent en prime-time sur une chaîne de télévision : un représentant du gouvernement, et un représentant de l’opposition. Avec calme et respect, ils discutent de ce qui n’a pas été, de ce qui a causé ceci, et de ce qui peutet va être fait pour régler cela. Ne méprenez pas mes propos, je ne dis pas que la gronde populaire ne doit pas avoir lieu. Je ne dis pas non plus que les politiques doivent être déconnectés de la réalité. Ce que je dénonce, c’est un surplus de manifestations populaires des forces politiques d’opposition, et une absence problématique de débats constructifs avec la majorité. Est-ce une stratégie populiste, révolutionnaire, contestataire ? En tout cas, c’est une manière de faire de la politique qui prône la violence au lieu de l’écoute ; les punchlines plutôt que les discours construits ; les indignations au détriment des solutions. LE PAYS DU CONSENSUS ET DU DIALOGUE, VRAIMENT ? C’est tout naturellement vers cette interrogation que je me dirige pour conclure cet article : si le dialogue entre l’opposition et la majorité n’existe plus dans les moments de crise les plus intenses — comme celui qu’a traversé le pays dimanche dernier, et qui est le reflet d’une tension communautaire palpable dans la société — alors a-t-on perdu notre culture du dialogue et du consensus ? Cette culture et tradition qui ont tant mis en valeur notre pays aux yeux des autres puissances européennes et mondiales. Où est la diplomatie lorsque l’opposition ne souhaite plus dialoguer constructivement avec la majorité ? Avons-nous, face à nous, des forces politiques qui sont véritablement prêtes à gouverner dans le futur ? Comment faire pour redonner envie aux citoyens de s’intéresser à la politique si même les politiques ne s’intéressent pas à leurs propres pairs ? Tant de questions qui suscitent la réflexion sur ce climat de tension permanent qui anime notre société depuis plusieurs mois maintenant. Il y a, derrière, toute une génération qui regarde ce que font leurs aînés et qui se demande si son engagement politique va encore mener à quelque chose. Dans cette société divisée, y a t-il encore un chemin par lequel on recollerait les bouts d’un vase brisé pour retrouver foi en notre classe politique ? Pendant que la majorité s’efforce de construire un projet cohérent, l’opposition gronde et ne propose rien de constructif. On dit souvent que la violence ne résout rien, et c’est vrai. Sauf qu’ici, il n’est plus question de résoudre, il est question de construire. Construire un meilleur vivre ensemble, construire un pays plus fort économiquement, socialement, diplomatiquement. Et pour ça aussi, la violence est contre productive. La grande plaie de notre système politique n’est pas le manque de motivation des citoyens ou des politiques, on le constate bien avec les mouvements électoraux, ou même les engagements citoyens qui explosent, mais bien le fait que cette énergie soit mise au service de l’accroissement d’une division de la société plutôt qu’au profit de la construction d’un projet rassembleur. S’engager pour des causes est devenu monnaie courante, mais s’engager pour des valeurs beaucoup moins. La construction, le dialogue, le respect : incarnons une jeunesse friande de diplomatie et de consensus, et essayons d’apporter notre contribution à cette société qui en a grand besoin. Denis Sova Rédacteur

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La polarisation excessive du débat public : que penser ?

La politique s’immisce aujourd’hui dans tous les aspects de notre société. Santé, éducation, culture, sécurité : chaque sujet est devenu un terrain propice à un affrontement entre partis. Et là où certaines thématiques auraient pu — et devraient — faire consensus, elles sont désormais instrumentalisées à des fins électorales, alimentant de fait une polarisation grandissante dans le débat public. Dans cet article, je vais d’abord revenir sur ce qu’est la polarisation, et sur la manière dont elle s’imbrique en politique. Ensuite, j’aborderais un exemple concret qui, à mon sens, illustre assez bien ce phénomène. Et enfin, j’essaierais de poser les briques fondatrices d’une réflexion autour de la question de la polarisation dans notre société, et sur la manière dont elle risque d’évoluer. La polarisation en politique : une mécanique bien rodée D’un extrême politique à l’autre, d’un pôle géographique à un autre, la polarisation semble avoir toujours existé. Faire apparaître deux pôles au sein d’une structure, comme l’une des définitions de la polarisation proposée par le Larousse le suggère, est en effet un processus qui facilite la clarté et une meilleure compréhension de manière générale. En politique, on peut dater l’apparition de cette polarisation à la Révolution française de 1789, lorsque les députés de l’Assemblée nationale étaient répartis selon leur affinité politique : à droite, les partisans de l’Ancien Régime et de la monarchie ; à gauche, les révolutionnaires favorables à la République. Quant aux extrêmes, ils apparaissent au XIXᵉ siècle avec, d’un côté, les mouvements royalistes ultraconservateurs et, de l’autre, l’émergence des premiers mouvements communistes. Cependant, malgré ces différences idéologiques profondes, la gauche et la droite ont su se rallier à des causes communes, telles que la défense de l’unité nationale en temps de guerre ou la promotion des valeurs démocratiques et universelles consacrées par la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Une perte de valeurs communes : retour sur un cas récent Ces valeurs communes et universelles, contenant notamment les libertés fondamentales ainsi que de nombreux droits humains, ne sont que très rarement contestés dans nos démocraties contemporaines — à l’exception des partis extrêmes, qui tiennent d’ailleurs cette appellation moderne de cette contestation de valeurs. Seulement, le 8 mars dernier, à l’occasion de la Journée internationale des Droits des Femmes, les membres du parti libéral ont été violemment exclus de la manifestation pour la défense des droits des femmes à laquelle ils participaient. Pire encore, la présidente du Conseil des Femmes Francophones de Belgique, Sophie Rohonyi, a tenu les mots suivants : « (…) je peux comprendre que la venue du MR avec de telles pancartes qui disent l’inverse de ce qu’ils ont fait, de ce qu’ils ont fait entrer dans l’accord du gouvernement, a été vécu comme une provocation ». Au-delà de la remise en question troublante de la légitimité du MR à défendre les droits des femmes par Sophie Rohonyi (cf. article https://debrief.be/pourquoi-les-liberaux-sont-legitimes-dans-la-defense-des-droits-des-femmes/), ces propos posent une question plus large sur l’un des droits fondamentaux de nos démocraties : le droit à manifester. Lorsque la présidente du CFFB, un organe pluraliste, dit « comprendre que la venue du MR (…) ait été vécu comme une provocation », cela suggère que certains partis seraient plus légitimes à manifester que d’autres. Cela revient à dire que certaines causes — pourtant universelles — n’appartiendraient plus qu’à un seul camp politique. Et c’est dangereux. Réflexion autour d’une polarisation excessive, provoquée et dangereuse La polarisation en politique est naturelle. Qu’elle soit souhaitable ou non dépend des convictions de chacun. Le fait est qu’elle existe et qu’il faut composer avec. Toutefois, lorsqu’elle devient artificielle, volontairement attisée et conçue pour façonner le paysage politique selon des intérêts électoraux, elle devient une menace pour la démocratie. Nous n’assistons plus à un débat d’idées basé sur un clivage politique gauche-droite, mais bien à une confrontation systématique entre les partis au pouvoir et ceux qui leur sont opposés. Cela pourrait sembler naturel, mais lorsqu’il s’agit de formations partageant une même base idéologique, l’opposition devient parfois factice et opportuniste. Il n’est pas exclu que certains partis renoncent à leurs valeurs fondatrices uniquement pour marquer leur opposition. Il n’est pas exclu que certains aillent jusqu’à remettre en question des principes universels simplement pour exister politiquement. Il n’est pas exclu, enfin, que ces incohérences soient masquées par un discours émotionnel destiné à capter l’attention des électeurs. Loin d’être un simple affrontement idéologique, la polarisation politique actuelle semble devenir un outil stratégique, où le désir de différenciation l’emporte sur la cohérence et l’intérêt général. Si la polarisation peut être utile pour structurer le débat public, elle devient dangereuse lorsqu’elle conduit à l’exclusion de certaines voix et à la fragmentation excessive de la société. Peut-on encore espérer un retour à un débat politique fondé sur des idées plutôt que sur une opposition artificielle ? La question reste ouverte, mais il est essentiel d’en prendre conscience pour ne pas sombrer dans un clivage stérile où l’idéologie prime sur la raison. Denis Sova Rédacteur

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Quand la sécurité devient un privilège : pourquoi les dispositifs d’urgence échouent face à la diversité des besoins ?

Que faire lorsqu’on est confronté à une situation d’urgence — une crise médicale, une agression, un incendie — sans pouvoir appeler les secours ? C’est une réalité pour de nombreuses personnes sourdes, malentendantes ou ayant des troubles de locution. Pour répondre à ce besoin, le 112 a mis en place une application dotée d’un chat, censé permettre de contacter les services d’urgence par message écrit. Ce dispositif, pensé comme une solution d’égalité d’accès à la sécurité, devait offrir une alternative aux appels téléphoniques classiques. Au moment critique, le chat a échoué. Cette défaillance technique peut entraîner des conséquences graves, laissant la personne porteuse d’un handicap sensoriel ou verbal sans assistance. Dès que le problème a été médiatisé, la députée Julie Tatton a interpellé le gouvernement en commission parlementaire. Peu après, le ministre Bernard Quintin a annoncé qu’une « attention particulière » serait portée à la résolution de ce problème : « Nous renforçons les possibilités d’interaction non verbale lors des appels d’urgence, notamment pour les personnes malentendantes (sourdes et ayant des troubles de communication), et nous menons des actions pour le faire connaître au public. » Cette déclaration constitue une reconnaissance politique du problème. Mais elle met également en lumière une faille institutionnelle : pourquoi une défaillance dans un service destiné à une population vulnérable n’a-t-elle été détectée qu’après une médiatisation publique ? Ce n’est pas seulement une question de gestion technique : c’est le signe d’un modèle institutionnel centré sur une norme dominante, où l’accès à la sécurité reste conditionné à la capacité de fonctionner dans le cadre de cette norme. Une réponse politique ponctuelle, mais une défaillance systémique La mise en place du chat du 112 répondait à une volonté politique légitime : rendre les services d’urgence accessibles aux personnes qui ne peuvent pas utiliser la voie téléphonique classique. Cependant, le fait que le dispositif ait été opérationnel sans véritable contrôle ni test approfondi révèle une faille dans la gestion des services publics. L’accessibilité est trop souvent pensée comme une correction secondaire, et non comme une composante essentielle du dispositif de sécurité. Les services d’urgence sont conçus prioritairement pour les usagers « standardisés », capables de s’exprimer verbalement, laissant les autres à une prise en charge de second ordre. Le sociologue Robert Castel a théorisé ce modèle d’exclusion implicite dans son analyse des sociétés modernes : « La protection sociale repose sur un modèle d’intégration où la reconnaissance des droits est fondée sur la conformité à un modèle dominant de citoyenneté. Toute déviation par rapport à ce modèle crée une situation de vulnérabilité structurelle. » Autrement dit, l’accès aux services publics reste conditionné à la capacité de se conformer à une norme d’interaction sociale. Ce n’est pas une exclusion explicite, mais une incapacité systémique à concevoir la sécurité comme un droit fondamental garanti à toutes et tous. Une nouvelle initiative, un ancien schéma d’exclusion Le 8 mars dernier, lors de la Journée Internationale des Droits des femmes, le ministre Yves Coppieters a annoncé une série de mesures pour renforcer la lutte contre les violences conjugales. En visite au Pôle de Ressources Spécialisées en Violences Conjugales et Intrafamiliales à Liège, il a présenté deux axes stratégiques : L’augmentation des moyens alloués au Pôle DIViCo (Dispositif de Lutte contre les Violences dans le Couple) ; La création d’un numéro d’appel unique à trois chiffres pour simplifier et centraliser la prise en charge des victimes. C’est là que réside le cœur du problème systémique : cette nouvelle initiative est pensée pour répondre aux besoins de la majorité — des victimes capables de passer un appel vocal en cas d’urgence. Les victimes sourdes, malentendantes, ou ayant un trouble de locution, pourtant exposées à un risque accru de violences intrafamiliales, risquent d’être laissées de côté dans la conception du dispositif. L’idée d’un numéro d’appel unique à trois chiffres repose sur un principe d’accès facilité : une solution simple à mémoriser, rapide à composer, et censée garantir une réponse immédiate en cas d’urgence. Mais une telle initiative, bien qu’efficace pour la majorité, soulève une question fondamentale : Faciliter l’accès le rend-il réellement accessible à toutes et tous ? les femmes porteuses d’un handicap sensoriel ou verbal, incapables d’utiliser un appel vocal classique, seront-elles prises en compte dans la mise en œuvre de cette initiative ? Ce paradoxe, entre une volonté d’accessibilité et une exclusion persistante, est d’autant plus problématique que ces femmes sont justement plus exposées au risque de violences. Les femmes en situation de handicap sont deux fois plus menacées par les violences domestiques que les autres femmes. En France, une étude de la DREES, publiée en juillet 2020, a révélé que 9 % des femmes handicapées ont été victimes de violences physiques et/ou sexuelles, contre 5,8 % des femmes sans handicap. Cette vulnérabilité accrue découle directement d’une structure institutionnelle centré sur une norme fonctionnelle standardisée, ignorant leurs besoins spécifiques en matière de sécurité et d’efficacité dans la prise en charge. Cette tendance à négliger la diversité des profils des victimes se reflète également dans le fonctionnement concret des dispositifs de protection : Données clés sur les violences conjugales (2023) 82 interventions du dispositif DIViCo en un an 13 067 appels à la ligne d’écoute spécialisée (soit une moyenne de 36 appels/jour) 22 % des appels effectués par des proches ou des professionnels 2 % des appels émanant des auteurs de violences Mais combien de ces appels concernent des victimes en situation de handicap ? L’absence de ces données reflète la lacune institutionnelle dans la prise en compte des besoins spécifiques. Si ces dispositifs échouent pour les victimes en situation de handicap, c’est précisément parce que le système est calibré pour répondre uniquement au standard majoritaire. Un modèle d’exclusion ancré dans l’organisation du système. Cette logique d’exclusion systémique n’est pas une simple faille technique : elle est le produit d’une organisation institutionnelle qui laisse systématiquement en marge les besoins des minorités vulnérables. On observe une dynamique similaire dans l’accès à la santé : selon une étude du Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE), les personnes en situation de

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POURQUOI LES LIBÉRAUX SONT LÉGITIMES DANS LA DÉFENSE DES DROITS DES FEMMES ?

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, les libéraux ont réaffirmé leur engagement en faveur de cette cause qui leur est chère. Malheureusement, cet événement a aussi été l’occasion pour certains opposants hostiles aux idées libérales de remettre en question, voire de nier, leur légitimité dans ce combat. Au-delà des incidents survenus lors de la manifestation du 8 mars, cette tentative de délégitimation s’inscrit dans une tendance portée par la gauche radicale, visant à exclure du débat toute personne n’adhérant pas à sa vision de la société. Cette stratégie politique, qui cherche à diaboliser les libéraux pour les marginaliser au sein du mouvement féministe, est d’autant plus absurde lorsqu’on connaît les fondements du libéralisme et l’histoire même du féminisme. Cet article vise donc à démontrer la légitimité des libéraux dans le combat féministe. Toutefois, en raison de son format, il ne prétend pas être exhaustif et se concentre uniquement sur le féminisme libéral. Les femmes libérales ont joué et jouent encore un rôle clé dans la défense des droits des femmes à travers le féminisme libéral. Ce courant repose sur l’un des principes fondamentaux du libéralisme : l’égalité. Il vise l’élargissement total des droits et des libertés sociales, économiques et politiques des femmes, leur garantissant ainsi une égalité de traitement et d’opportunités avec les hommes. Pour les féministes libérales, les progrès des femmes sont entravés par la persistance de préjugés les cantonnant à une position d’infériorité. Elles dénoncent donc les discriminations et défendent la liberté individuelle, en militant pour des réformes qui permettent aux femmes de s’épanouir pleinement. Contrairement aux courants féministes radicaux ou révolutionnaires, qui prônent un renversement du système, le féminisme libéral adopte une approche réformiste, misant sur les outils démocratiques et législatifs pour faire évoluer la société et les mentalités de chacun. Ce courant de pensée apparaît aux 17 et 18ème siècles dans un contexte de bouleversements sociaux et politiques marqués par les révolutions française et américaine durant lesquelles des féministes libérales vont s’exprimer pour obtenir des droits politiques et juridiques égaux à ceux des hommes.  Parmi ses figures pionnières, on peut citer : En France, Olympe de Gouges, qui publie, en 1791, la «Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne», revendiquant l’égalité des droits civils et politiques, ainsi que le droit à la liberté, à la propriété, à la sécurité, au divorce et l’abolition de l’esclavage. En Angleterre, Mary Wollstonecraft et son ouvrage « A Vindication of the Rights of Woman », paru en 1792, qui critique l’infériorisation des femmes et plaide pour leur éducation afin qu’elles puissent devenir autonomes et citoyennes éclairées. Plus tard, John Stuart Mill, dans « The Subjection of Women», publié en 1869, défend l’égalité des sexes et milite pour le suffrage féminin.  Aux États-Unis, Elizabeth Cady Stanton et Lucretia Mott qui rédigent la « Déclaration de sentiments», en 1848, inspirée de la Déclaration d’indépendance, pour revendiquer les droits des femmes, notamment le droit de vote. Les féministes libérales remportent leur première grande victoire entre la fin du 19ème et le début du 20ème siècle avec l’obtention du droit de vote pour les femmes : Nouvelle-Zélande (1893) Royaume-Uni (1918 pour certaines, 1928 pour toutes) États-Unis (1920) France (1944) Belgique (1948) Dans la seconde moitié du XXe siècle, les féministes libérales obtiennent des victoires majeures,  notamment l’inscription de l’égalité salariale dans la loi et la dépénalisation de l’avortement dans plusieurs pays occidentaux. Aux États-Unis, le Civil Rights Act de 1964 interdit la discrimination fondée sur le sexe dans l’emploi, tandis qu’en France, la loi sur l’IVG défendue par la ministre libérale Simone Veil est promulguée en 1975. À ces avancées s’ajoutent d’autres conquêtes essentielles, telles que l’accès élargi à l’éducation supérieure, l’égalité des droits dans le mariage, le droit au divorce, ainsi que la légalisation et la généralisation de la contraception, qui ont renforcé l’autonomie des femmes dans toutes les sphères de la société. Ces avancées ont été rendues possibles par la conceptualisation et la diffusion du terme sexisme par les féministes libérales. Ce concept a permis de dénoncer la réduction des femmes à des objets sexualisés, notamment dans la publicité, l’espace public et le monde du travail, restreignant ainsi leur liberté de s’habiller, d’agir et de circuler librement. Il a également contribué à combattre les discriminations, les préjugés et les pratiques maintenant les femmes dans un rôle subordonné. Une figure emblématique de cette deuxième vague du féminisme libéral est Betty Friedan, journaliste et militante américaine. En 1963, elle publie « The Feminine Mystique », un ouvrage dans lequel elle critique l’idéologie américaine de la féminité, qui enferme les femmes dans les rôles d’épouse et de mère. Défendant une approche libérale du féminisme, elle plaide pour l’émancipation des femmes par l’accès à l’éducation, au travail et à l’indépendance économique. À l’heure actuelle, les féministes libérales continuent de s’engager dans des combats essentiels, tels que la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, ainsi que la promotion d’une meilleure représentation des femmes dans toutes les sphères de la société. En conclusion, vouloir exclure les libéraux de la défense des droits des femmes est un non-sens total au regard des avancées significatives obtenues grâce au féminisme libéral tout au long de l’histoire.  C’est en réalité cette méthode réformiste qui, bien que parfois lente, garantit une évolution durable des mentalités et une meilleure adhésion de la population aux lois protégeant les droits et libertés des femmes. Pour finir cet article, il convient de laisser carte blanche à une femme libérale : la députée-bourgmestre Florence Reuter afin qu’elle nous partage sa vision et son vécu : “Journaliste de formation, le respect des libertés fondamentales et la liberté de vote sur les matières éthiques ont été déterminants dans mon engagement politique. C’est pour cette raison que le choix du MR s’est imposé. L’égalité entre les hommes et les femmes est un droit fondamental qu’en tant que femme libérale, je défends au quotidien ! Le féminisme n’est pas le combat d’un noyau d’activistes mais de tous les démocrates, hommes et femmes. C’est

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“Ce n’est pas un métier, c’est une mission que nous avons”

Véronique Durenne, originaire de Celles et pharmacienne de formation, occupe la fonction de sénatrice depuis juillet 2019 au sein du Mouvement Réformateur. Durenne est intervenue lors de la séance plénière du 17 mars 2023 au sujet de l’autonomisation économique des femmes, sujet central à améliorer en Belgique selon la sénatrice, et pour lequel elle avait également pu cosigner des propositions de résolution. Elle nous partage ici son parcours, sa place de femme dans le monde politique, la violence qu’elle a vécue de la part de ses collègues et son avis sur certains sujets d’actualité comme le revenu universel ou la sécurité sur les campus universitaires. Vous avez un parcours très intéressant, pharmacienne de formation à sénatrice. Pourriez-vous nous en dire un peu plus ? Ça me touche toujours quand on me pose cette question. J’étais donc pharmacienne dans un village près de Tournai, la pharmacienne du village comme on pourrait le dire. Et puis un jour, le premier échevin de ma commune passe la porte de l’officine et me dit que les élections approchent, qu’ils ont besoin d’une femme, de personnes porteuses de voix comme des médecins ou des pharmaciens et qu’il a pensé à moi. Je le regarde et je lui dis que jamais je ne pourrais faire ça. Il m’a laissé le temps de réfléchir. Alors, ce soir-là, je rentre chez moi et j’en parle à mon mari qui lui est agriculteur. Il faut savoir que mon mari est quelqu’un qui s’intéresse à tout, il a une culture extraordinaire et il adore la politique, mais de loin. Il me dit que c’est super intéressant et que je devrais essayer. Moi-même je suivais l’actualité mais jamais ne m’est venu l’idée de faire de la politique. Après beaucoup de discussions, j’ai dit oui. On me met alors en deuxième place. Je fais la campagne et je joue le jeu. Et puis le soir des élections on me dit : « Voilà, Véronique, tu es échevine ». Et là, je cours le dire à mon mari et je me rends compte que je me suis mise dans un embarras pas possible. Il faut savoir que je suis quelqu’un de très sensible, un homme m’avait même dit : “Mon Dieu, Véronique, mon petit, tu devras avoir de larges épaules” et je repense souvent à ce monsieur. J’ai pris le post, j’avais été élue. Après tout, le citoyen me faisait confiance et il me connaissait en tant que pharmacienne donc on ne peut pas dire que je tombais de n’importe où. Je me souviendrai toute ma vie du premier jour où je suis arrivée en collège. J’étais très scolaire avec mon petit cartable et ensuite, j’ai appris sur le terrain.On m’a alors confiée la petite enfance et la culture, des matières qui m’étaient chères et proches en tant que jeune maman. Et mon échevinat s’est très bien passé. Aux élections suivantes, six ans plus tard, je dépasse la tête de liste et je deviens bourgmestre. Ensuite, je suis devenue bourgmestre empêchée, mais je connaissais les règles du jeu. Je suis donc devenue députée. Dans ma commune, ils l’ont un peu mal pris, ils m’ont dit que je les avais abandonnés, ils m’avaient élue bourgmestre et je suis partie. Donc j’étais députée, et un jour Charles Michel m’a appelée pour me désigner sénatrice. Et voilà où j’en suis aujourd’hui. C’est pour ça que j’encourage vivement les jeunes à se lancer dans la politique, vraiment. Je suis le bel exemple qu’on peut apprendre et y arriver. Avez-vous trouvé cet apprentissage difficile ? La politique est-elle réellement un monde d’hommes ? Je dirais que pour apprendre, il faut vraiment être sur le terrain. Et puis, le métier de politique est assez éphémère, ce n’est pas un métier, c’est une mission que nous avons. C’était difficile par temps, mais j’ai toujours eu mon mari à mes côtés, il m’a beaucoup aidée. Il faut aussi savoir que de mon temps, c’était un milieu très macho. À mes débuts, j’ai eu beaucoup de mal. Je me suis pourtant toujours accrochée. J’ai eu beaucoup de soutien de la part des citoyens et du bourgmestre, ça m’a beaucoup aidée. Et avec le temps, on apprend à s’endurcir. Vous encouragez les femmes et les jeunes femmes à entreprendre des études STEM (science, technology, engineering, and mathematics) et à développer leur estime de soi. La sécurité sur les campus universitaires y joue un rôle primordial et reste parfois un frein au développement de l’estime de soi. Quelles seraient vos propositions ?  Malheureusement, sans remettre en cause le travail qui est déjà fait, je pense que la formation des agents de sécurité est déficiente. Après ce n’est pas évident, et la critique est très facile. Il faut bien se mettre en tête qu’on doit toujours essayer de s’améliorer et de trouver des solutions. On a pu, grâce aux habilitations, ouvrir d’autres sections de formation. Là aussi je pense qu’il y a une formation qui doit être renforcée et améliorée pour que vous, les jeunes, puissiez-vous sentir en sécurité. Il faut une réelle prise de conscience de la part des professionnels qui vont vous encadrer. L’installation de caméras de surveillance peut également être une solution. C’est aussi à nous de jouer notre rôle et d’attirer l’attention, et pourquoi pas proposer une résolution. Pour terminer, la N-VA est en faveur de la suppression du Sénat. Quelle est votre position par rapport au maintien ou non du Sénat ? Pour moi, le Sénat a toute son importance. Premièrement, c’est le lieu de rencontre entre les différentes entités fédérées, et je le vois. C’est très important de pouvoir échanger avec nos amis néerlandophones et voir les différentes pratiques mises en œuvre des deux côtés de la frontière linguistique. Il faut peut-être le réformer. Effectivement, c’est une discussion que l’on doit avoir. Mais le Sénat a toute son importance malgré les nombreuses critiques à son égard. On pense qu’au Sénat on ne fait rien, alors que c’est complètement faux. Quand on voit les comptes rendus des différentes commissions et les textes qui