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« Femme, vie, liberté » : un cri qui traverse des frontières

« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. […] » – Simone Veil. Le slogan “Femme, Vie, Liberté”, né en Iran et repris dans de nombreux mouvements féministes à travers le monde, symbolise le combat pour les droits des femmes : vivre librement, disposer de son corps et de son avenir, et participer pleinement à la société. Si ce cri de liberté résonne dans les pays où les droits des femmes sont attaqués, il nous oblige à interroger nos propres sociétés et à mesurer ce que signifie vraiment être libre. « Afghanistan : un miroir des luttes pour les droits des femmes » En Afghanistan sous le régime des Talibans, ce combat est une question de survie. Depuis 2021, les femmes afghanes subissent des restrictions sévères : interdiction d’aller à l’université, limitation de l’accès à l’emploi, obligation de se couvrir entièrement, interdiction de pratiquer un sport ou de s’exprimer ou chanter en public. Ces femmes peuvent être victimes de violence physique ou sociale si elles osent protester. Pour elles, “Femme, Vie, Liberté” n’est pas un slogan abstrait, mais un cri pour préserver leur existence et leur dignité. Comparer les sociétés occidentales et l’Afghanistan peut surprendre, mais cela souligne l’importance de la vigilance. Dans les pays occidentaux, la liberté des femmes est souvent perçue comme acquise, ce qui peut engendrer l’indifférence face aux inégalités persistantes, contrairement aux autres pays, où les femmes ont conscience que leurs droits ne sont pas garantis. Les sociétés occidentales face à la question de la liberté Dans les sociétés occidentales, la situation est différente mais pas parfaite. Les droits des femmes y sont légalement protégés : accès à l’éducation, égalité professionnelle, droit à disposer de son corps (avortement inscrit dans la constitution en France). Pourtant, des inégalités persistent : écart salarial, violences sexuelles et sexistes, représentation insuffisante dans la politique et les entreprises ainsi que les pressions sociales qui dictent souvent le rôle des femmes. Le slogan “Femme, Vie, Liberté” nous rappelle que la liberté n’est pas seulement juridique, mais qu’elle nécessite aussi d’une égalité de fait. La lutte pour les droits des femmes : un combat toujours d’actualité Pour les libéraux, les droits des femmes restent un combat de chaque instant. Ils sont le fruit de combats menés avec force et courage et une vigilance qui jamais ne doit faiblir. Un exemple belge de femme ayant mené un combat sans relâche pour les droits des femmes et filles est Marie Popelin. Dans certains pays, les femmes subissent encore des violences et leurs droits sont remis constamment en question comme s’ils n’étaient que des accessoires. En Iran, la mort de Mahsa Amini en 2022, arrêtée pour « port du voile jugé incorrect » a redéclenché un mouvement massif de manifestations, sous le slogan « Femme, Vie, Liberté » ; symbole de la résistance contre l’oppression. Conclusion “Femme, Vie, Liberté” n’est pas seulement un cri universel qui transcende les frontières. Il est un rappel que la liberté et l’égalité des femmes sont à la fois des droits fondamentaux et une responsabilité collective. Protéger et défendre les droits des femmes est ainsi un combat global et quotidien, car la liberté d’une femme est un indicateur de la liberté de tous. Shana Rojtman – Van Wynsberghe Journaliste

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La situation des femmes dans le monde : entre progrès et défis persistants

À l’occasion de la Semaine des droits des femmes, il est essentiel de dresser un bilan de la situation des femmes à travers le monde. Alors que des avancées majeures ont été réalisées, les inégalités persistent, rappelant que l’égalité réelle reste un combat quotidien. La Belgique a écrit certaines des plus belles pages de l’histoire des droits des femmes en Europe. Les femmes ont obtenu le droit de vote pour les élections communales le 15 avril 1920. Figure emblématique, Jane Brigode, féministe et première femme à présider un parti, le parti liberal, entre 1937 et 1947, a marqué l’histoire par son engagement pour le suffrage féminin. Pourtant, il faudra attendre 1948 pour que les Belges accordent enfin le droit de vote aux femmes. Aujourd’hui, la Belgique se distingue par une représentation politique féminine relativement élevée, avec près de 42 % de députées à la Chambre. Cependant, les inégalités salariales persistent, les femmes gagnant en moyenne 20 % de moins que les hommes (bien que ce chiffre reste à nuancer), et les violences conjugales restent un fléau, selon l’IWEPS, ce sont en moyenne trois plaintes déposées chaque jour. En Europe, des avancées inégales En Islande, pays souvent cité en exemple, l’égalité salariale est une réalité depuis 2018, grâce à une législation stricte imposant aux entreprises de prouver qu’elles rémunèrent équitablement leurs employés. À l’inverse, en Pologne, les droits des femmes reculent : l’accès à l’avortement est quasi impossible depuis 2020, et les manifestations pour les droits reproductifs sont réprimées. En France, malgré des lois ambitieuses contre les violences conjugales, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint. En Afrique, entre traditions et modernité Au Rwanda, les femmes occupent 61 % des sièges au Parlement, un record mondial. Cette avancée s’explique par des quotas stricts et une volonté politique forte après le génocide de 1994. Pourtant, dans d’autres pays africains, les traditions pèsent lourd : au Niger, le taux de mariage précoce atteint 76 %, et l’accès à l’éducation reste un privilège pour les filles. En Afrique du Sud, malgré une constitution progressiste, les violences faites aux femmes sont endémiques, avec plus de 10 000 viols signalés chaque année. En Asie, des contrastes saisissants En Inde, les femmes sont de plus en plus présentes dans les secteurs technologiques et politiques, mais les violences sexuelles et les discriminations restent monstrueuses. En 2022, près de 32 000 viols ont été enregistrés, et les mariages forcés persistent dans les zones rurales. À l’inverse, en Corée du Sud, les femmes sont parmi les mieux éduquées au monde, mais elles subissent une pression sociale intense, avec des taux de suicide féminins parmi les plus élevés de l’OCDE. En Amérique, des combats toujours d’actualité Aux États-Unis, l’annulation de l’arrêt Roe v. Wade en 1973 a marqué un recul historique pour les droits des femmes, laissant chaque État libre d’interdire ou de restreindre l’avortement. Au Brésil, sous la présidence de Jair Bolsonaro, les politiques conservatrices ont affaibli les droits, tandis qu’en Argentine, la légalisation de l’avortement en 2020 a marqué une victoire majeure pour les féministes. En Belgique aussi, le combat continue Si la Belgique peut s’enorgueillir de certaines avancées, comme une parité en politique ou la reconnaissance des violences conjugales comme crime, le chemin vers l’égalité réelle est encore long. Les inégalités salariales, le plafond de verre dans les entreprises, et la charge mentale inégale au sein des foyers rappellent que les droits des femmes ne sont jamais définitivement acquis. La Semaine des droits des femmes est l’occasion de rappeler que chaque progrès est le fruit de luttes, et que la vigilance reste de mise, y compris dans un pays aussi avancé que le nôtre. Et vous, que pensez-vous des défis qui restent à relever pour l’égalité femmes-hommes en Belgique et dans le monde ? Justin Thomas Journaliste

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POURQUOI LES LIBÉRAUX SONT LÉGITIMES DANS LA DÉFENSE DES DROITS DES FEMMES ?

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, les libéraux ont réaffirmé leur engagement en faveur de cette cause qui leur est chère. Malheureusement, cet événement a aussi été l’occasion pour certains opposants hostiles aux idées libérales de remettre en question, voire de nier, leur légitimité dans ce combat. Au-delà des incidents survenus lors de la manifestation du 8 mars, cette tentative de délégitimation s’inscrit dans une tendance portée par la gauche radicale, visant à exclure du débat toute personne n’adhérant pas à sa vision de la société. Cette stratégie politique, qui cherche à diaboliser les libéraux pour les marginaliser au sein du mouvement féministe, est d’autant plus absurde lorsqu’on connaît les fondements du libéralisme et l’histoire même du féminisme. Cet article vise donc à démontrer la légitimité des libéraux dans le combat féministe. Toutefois, en raison de son format, il ne prétend pas être exhaustif et se concentre uniquement sur le féminisme libéral. Les femmes libérales ont joué et jouent encore un rôle clé dans la défense des droits des femmes à travers le féminisme libéral. Ce courant repose sur l’un des principes fondamentaux du libéralisme : l’égalité. Il vise l’élargissement total des droits et des libertés sociales, économiques et politiques des femmes, leur garantissant ainsi une égalité de traitement et d’opportunités avec les hommes. Pour les féministes libérales, les progrès des femmes sont entravés par la persistance de préjugés les cantonnant à une position d’infériorité. Elles dénoncent donc les discriminations et défendent la liberté individuelle, en militant pour des réformes qui permettent aux femmes de s’épanouir pleinement. Contrairement aux courants féministes radicaux ou révolutionnaires, qui prônent un renversement du système, le féminisme libéral adopte une approche réformiste, misant sur les outils démocratiques et législatifs pour faire évoluer la société et les mentalités de chacun. Ce courant de pensée apparaît aux 17 et 18ème siècles dans un contexte de bouleversements sociaux et politiques marqués par les révolutions française et américaine durant lesquelles des féministes libérales vont s’exprimer pour obtenir des droits politiques et juridiques égaux à ceux des hommes.  Parmi ses figures pionnières, on peut citer : En France, Olympe de Gouges, qui publie, en 1791, la «Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne», revendiquant l’égalité des droits civils et politiques, ainsi que le droit à la liberté, à la propriété, à la sécurité, au divorce et l’abolition de l’esclavage. En Angleterre, Mary Wollstonecraft et son ouvrage « A Vindication of the Rights of Woman », paru en 1792, qui critique l’infériorisation des femmes et plaide pour leur éducation afin qu’elles puissent devenir autonomes et citoyennes éclairées. Plus tard, John Stuart Mill, dans « The Subjection of Women», publié en 1869, défend l’égalité des sexes et milite pour le suffrage féminin.  Aux États-Unis, Elizabeth Cady Stanton et Lucretia Mott qui rédigent la « Déclaration de sentiments», en 1848, inspirée de la Déclaration d’indépendance, pour revendiquer les droits des femmes, notamment le droit de vote. Les féministes libérales remportent leur première grande victoire entre la fin du 19ème et le début du 20ème siècle avec l’obtention du droit de vote pour les femmes : Nouvelle-Zélande (1893) Royaume-Uni (1918 pour certaines, 1928 pour toutes) États-Unis (1920) France (1944) Belgique (1948) Dans la seconde moitié du XXe siècle, les féministes libérales obtiennent des victoires majeures,  notamment l’inscription de l’égalité salariale dans la loi et la dépénalisation de l’avortement dans plusieurs pays occidentaux. Aux États-Unis, le Civil Rights Act de 1964 interdit la discrimination fondée sur le sexe dans l’emploi, tandis qu’en France, la loi sur l’IVG défendue par la ministre libérale Simone Veil est promulguée en 1975. À ces avancées s’ajoutent d’autres conquêtes essentielles, telles que l’accès élargi à l’éducation supérieure, l’égalité des droits dans le mariage, le droit au divorce, ainsi que la légalisation et la généralisation de la contraception, qui ont renforcé l’autonomie des femmes dans toutes les sphères de la société. Ces avancées ont été rendues possibles par la conceptualisation et la diffusion du terme sexisme par les féministes libérales. Ce concept a permis de dénoncer la réduction des femmes à des objets sexualisés, notamment dans la publicité, l’espace public et le monde du travail, restreignant ainsi leur liberté de s’habiller, d’agir et de circuler librement. Il a également contribué à combattre les discriminations, les préjugés et les pratiques maintenant les femmes dans un rôle subordonné. Une figure emblématique de cette deuxième vague du féminisme libéral est Betty Friedan, journaliste et militante américaine. En 1963, elle publie « The Feminine Mystique », un ouvrage dans lequel elle critique l’idéologie américaine de la féminité, qui enferme les femmes dans les rôles d’épouse et de mère. Défendant une approche libérale du féminisme, elle plaide pour l’émancipation des femmes par l’accès à l’éducation, au travail et à l’indépendance économique. À l’heure actuelle, les féministes libérales continuent de s’engager dans des combats essentiels, tels que la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, ainsi que la promotion d’une meilleure représentation des femmes dans toutes les sphères de la société. En conclusion, vouloir exclure les libéraux de la défense des droits des femmes est un non-sens total au regard des avancées significatives obtenues grâce au féminisme libéral tout au long de l’histoire.  C’est en réalité cette méthode réformiste qui, bien que parfois lente, garantit une évolution durable des mentalités et une meilleure adhésion de la population aux lois protégeant les droits et libertés des femmes. Pour finir cet article, il convient de laisser carte blanche à une femme libérale : la députée-bourgmestre Florence Reuter afin qu’elle nous partage sa vision et son vécu : “Journaliste de formation, le respect des libertés fondamentales et la liberté de vote sur les matières éthiques ont été déterminants dans mon engagement politique. C’est pour cette raison que le choix du MR s’est imposé. L’égalité entre les hommes et les femmes est un droit fondamental qu’en tant que femme libérale, je défends au quotidien ! Le féminisme n’est pas le combat d’un noyau d’activistes mais de tous les démocrates, hommes et femmes. C’est