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Le grand retour du nucléaire en Belgique

En avril dernier, le Parlement fédéral a voté la modification de la loi de 2003 sur la sortie du nucléaire. Ce vote acte un changement de paradigme, longtemps défendu par le MR, dans les politiques énergétiques belges. La fin du calendrier de sortie du nucléaire étant désormais prononcée, le gouvernement se tourne vers l’avenir, en cherchant à prolonger les infrastructures existantes et à en construire de nouvelles. La société semble soutenir cette décision, mais comment expliquer que le nucléaire, longtemps décrié, retrouve aujourd’hui la cote ? Pour comprendre cette évolution de l’opinion publique sur un sujet aussi clivant, marqué à la fois par l’espoir et la peur, un retour historique s’impose. Dans les années 1970, la Belgique démarre la construction des centrales de Tihange et de Doel. Le dernier réacteur est achevé en 1985. Cette période est marquée par un optimisme technologique : le nucléaire incarne l’avenir et le progrès. Mais en 1986, la catastrophe de Tchernobyl refroidit brutalement cet enthousiasme. Ce drame, la plus grande catastrophe nucléaire de l’histoire, suscite peurs et inquiétudes parmi les citoyens belges. De ce traumatisme naissent les mouvements antinucléaires, qui sont repris et portés par les écologistes dans les années 1990 et 2000. Ces mouvements influencent fortement le débat public de l’époque. En 2003, les Écolos remportent une victoire : la loi sur la sortie du nucléaire est votée, prévoyant l’arrêt progressif de toutes les centrales belges à partir de 2015. Dans les années 2010, les découvertes de microfissures dans certains réacteurs ravivent les craintes de la population. La fermeture de Doel 3 en 2022 et de Tihange 2 en 2023 marque le début du démantèlement des centrales belges. L’arrêt de Tihange 3 et Doel 4 était prévu pour 2025. Mais en 2022, la guerre en Ukraine éclate et entraîne une crise énergétique. La dépendance européenne, et belge, aux énergies fossiles russes fait exploser les prix de l’énergie. Face à cette crise, et sous l’impulsion du MR, le gouvernement décide de prolonger ces deux réacteurs pour dix années supplémentaires. Cette crise énergétique opère un tournant dans l’opinion publique belge et européenne. La crise a révélé notre dépendance aux énergies fossiles importées. Sans alternative immédiate au nucléaire, cette situation a représenté une perte de souveraineté énergétique. Cela explique pourquoi une majorité de la population soutient aujourd’hui un retour du nucléaire, perçu comme un moyen de redevenir producteur d’énergie et de renforcer notre autonomie. Ce regain d’intérêt pour le nucléaire se reflète aussi dans le discours politique et trouve son incarnation dans la figure de Mathieu Bihet, jeune ministre MR de l’Énergie, pour qui ce virage était indispensable. Il nous a fait le plaisir de développer sa vision en répondant à l’interview qui suit :             Interview de Monsieur le Ministre de l’Énergie, Mathieu Bihet Pourquoi ce retour en force du nucléaire en Belgique ? Parce que pendant trop longtemps, l’énergie nucléaire a été le parent pauvre de notre politique énergétique. Par dogmatisme, par idéologie pure. C’était presque devenu un gros-mot. Aujourd’hui, grâce au Mouvement réformateur (MR), le nucléaire fait son grand retour dans notre mix énergétique. Nous opérons un changement de paradigme clair avec le passé, en passant d’un antinucléarisme primaire à un mix énergétique qui repose sur deux piliers : le nucléaire ET le renouvelable. Nous pensons qu’il est primordial de réduire la dépendance de notre pays aux importations pour mieux résister aux crises et à l’instabilité internationale. L’objectif avec le nucléaire est d’assurer une énergie durable, bas carbone, souveraine et abordable pour les citoyens et compétitive pour nos entreprises. Le retour du nucléaire, c’est le retour du bon sens ! La construction d’un nouveau réacteur (SMR) est prévue, mais les communes ne sont-elles pas réticentes à une construction de ce type sur leur territoire ? Il est normal que des questions se posent, tout changement implique son lot d’interrogations. La volonté du Gouvernement est de continuer la recherche et l’investissement sur les SMR. Il faut savoir que ces réacteurs modulaires sont très différents des réacteurs classiques. Ils sont conçus pour être plus compacts et plus faciles à intégrer dans l’environnement, pour répondre à des besoins locaux d’entreprises intenses en consommation d’énergie, par exemple. Le moment venu, le travail de concertation et de transparence sera central. Le soutien local ne se décrète pas, il se construit. L’énergie est indispensable pour notre indépendance, mais, avec ce virage vers le nucléaire, ne risque-t-on pas de tomber dans une dépendance aux pays producteurs d’uranium ? C’est une bonne question. Mais le risque de dépendance est moindre qu’avec les énergies fossiles comme le gaz ou le pétrole. Oui, l’uranium est importé. Mais sa densité énergétique est telle qu’il en faut très peu pour produire énormément d’électricité. Contrairement au gaz, il ne dépend pas de flux continus ni de partenaires instables. De plus, l’uranium provient de plusieurs régions du monde démocratiques et stables (Canada, Australie, etc.), ce qui diversifie les sources et réduit les risques. Sans parler du fait qu’il est stockable sur plusieurs années — un véritable atout stratégique. Quel serait votre mix énergétique idéal ? Un mix équilibré, dans lequel toute source d’énergie décarbonée à sa place. L’avenir énergétique ne repose pas sur une seule technologie, mais sur la complémentarité entre elles. Nous n’avons pas de tabou, nous recherchons le meilleur rapport coûts/bénéfices. Notre approche est pragmatique et équilibrée : nous ne misons pas sur une seule technologie, nous diversifions nos sources pour garantir une transition efficace et maitrisée. Est-ce qu’à long terme vous pensez que la Belgique pourra se passer d’énergie fossile ? La Belgique continue de se diversifier en s’éloignant des combustibles fossiles pour s’orienter vers une électrification accélérée des usages. Mais il faut des mesures pour accompagner cette transition. Ce qui est rare est cher : s’il n’y a pas assez d’électricité produite, elle sera chère. Et on ne fait pas une transition énergétique avec une électricité chère. Pensez-vous qu’un jour nous pourrons devenir des exportateurs d’énergie au même titre que la France ? La Belgique est déjà exportatrice d’électricité à certains moments, notamment grâce à sa production

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Éducation financière : l’investissement des jeunes à l’épreuve des inégalités

1. Un monde sous tension : quand la géopolitique fait trembler les marchés Se souviendra-t-on du Liberation Day comme du jour qui a mis fin à la mondialisation ? Le 2 avril dernier, l’administration Trump annonçait l’instauration de tarifs douaniers pour un ensemble de pays – 20 % à l’encontre de l’Union européenne. Une mesure qui semble marquer un tournant dans l’histoire du commerce international, sinon le glas du libre-échange. En réaction, la Chine a riposté en fixant des droits de douane à hauteur de 34 %. Et si Ursula von der Leyen s’est dite prête à réagir, le Premier ministre Bart De Wever a préféré évoquer « la voie du dialogue »… La porte des négociations reste donc entrouverte. Les politiques protectionnistes du chantre de l’America First ne sont pourtant pas nouvelles : les déclarations du président américain sur le conflit russo ukrainien, celles de J.D. Vance lors de la Conférence de Munich et les interventions médiatiques d’Elon Musk avaient déjà rappelé l’urgence d’un sursaut européen ainsi que la nécessité de renforcer notre autonomie stratégique sur les plans économique, industriel, militaire et politique. En attendant, les marchés encaissent le choc du Liberation Day. Aux États-Unis, le S&P 500, qui avait atteint un sommet en février, a brutalement chuté. En Belgique, le Bel 20 a connu l’une de ses pires séances depuis la crise du Covid, effaçant l’intégralité de ses gains de l’année. Ironie de l’histoire : le baromètre ING publié quelques semaines plus tôt révélait une confiance étonnamment forte des investisseurs belges envers… les États-Unis, et en particulier les secteurs de l’industrie et de la technologie. Cette foi dans la résilience du marché américain semble se heurter aujourd’hui au retour du réel et mettre à l’épreuve les nouveaux investisseurs. La quête de “l’argent facile” ou du “bon coup” est pleine de promesses. En effet, les jeunes Belges sont de plus en plus nombreux à se diriger vers des Exchange-traded funds (ETF) qui répliquent l’indice boursier américain S&P 500 ou des actifs risqués tels que la cryptomonnaie (après avoir atteint 109.000 dollars le jour d’investiture de Donald Trump, le Bitcoin est ainsi redescendu à son niveau d’avant les élections de novembre). Ce constat mérite notre attention : dans un contexte où les certitudes économiques vacillent et où les règles du commerce mondial se redessinent, la capacité à investir avec discernement devient un enjeu stratégique pour les jeunes générations. 2. De l’inégalité d’accès au savoir à l’enjeu de la liberté financière Malgré cet intérêt croissant pour la Bourse, selon la Fédération belge du secteur financier Febelfin, les principales raisons qui freinent les jeunes Belges dans leur volonté d’investir sont le manque de moyens, la peur de perdre de l’argent, et un déficit de connaissances financières. Résultat : leurs économies, quand elles existent, dorment. L’un des principes fondamentaux en investissement – celui des intérêts composés – rappelle que plus on commence tôt, plus le capital croît de manière significative avec le temps. Mais encore faut-il en comprendre les mécanismes. La définition de l’éducation financière donnée par l’OCDE insiste sur l’importance de savoir comprendre et évaluer les produits financiers, prendre des décisions éclairées, et ainsi améliorer son bien-être économique. Or, ces compétences restent souvent hors de portée pour une grande partie de la jeunesse. Les disparités de revenus et les questions d’héritage ne doivent pas faire oublier combien le manque d’accès à une éducation financière de qualité exacerbe significativement les inégalités socio-économiques. Disposer de compétences financières de base est essentiel pour gérer efficacement son budget et développer un patrimoine à long terme. Cette fracture est d’autant plus préoccupante que l’on sait – selon les études de Febelfin – qu’il existe une forte corrélation entre la connaissance financière, le  sentiment d’implication et la probabilité de rencontrer des difficultés économiques. Certains jeunes, issus de milieux favorisés, évoluent dans des contextes où l’éducation financière est transmise de manière informelle, leur offrant un accès anticipé et privilégié aux mécanismes de l’investissement. À l’inverse, celles et ceux dont les familles perçoivent encore l’argent comme un sujet tabou, ou qui ne bénéficient d’aucun accompagnement éducatif structuré, sont souvent exclus de cette dynamique. Ils deviennent alors particulièrement vulnérables aux turbulences économiques, ce qui accentue les fractures sociales existantes. Une éducation financière robuste constitue un levier essentiel pour une gestion personnelle efficace, mais également pour garantir la stabilité économique et sociale sur le long terme. Face à ce constat, des valeurs comme l’autonomie, la responsabilité individuelle et l’égalité des chances doivent être réaffirmées. Une étude menée en 2017 soulignait déjà l’importance d’intégrer ces apprentissages dans le parcours scolaire. L’école aurait donc un rôle a jouer : « Celle-ci doit créer l’espace nécessaire pour soutenir les jeunes issus de milieu sociaux défavorisés, qui ont tendance à être moins confronté à la socialisation financière à la maison. L’éducation financière à l’école permet d’atteindre tous le jeunes, en développant leurs compétences financières dans un contexte changeant marqué par le vieillissement de la population et la complexité croissante de l’environnement financier. » Investir dans l’éducation financière des jeunes apparaît comme la réponse la plus durable à l’instabilité ambiante. Car ne pas comprendre les règles du jeu, c’est s’en exclure d’office. La liberté financière ne s’improvise pas : elle s’apprend. Références Febelfin, « L’éducation financière des jeunes à améliorer », 2023. OCDE, « Principes de base de l’éducation financière », consulté en 2024. Van Campenhout, G. et al., « L’éducation financière à l’école : une stratégie pour réduire lesinégalités économiques », 2017. Baromètre ING des investisseurs, Février 2025. L’Echo, « Les Belges investissent de plus en plus jeunes et prennent plus de risques », 23août 2024. L’Echo, « Pire séance depuis la crise du covid pour le Bel 20 », avril 2025. L’Echo, « Droits de douane : Trump fait vaciller les marchés », avril 2025 Marin Buyse Rédacteur

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Actualités Économie

La disparition à petit feu de l’argent liquide

Le temps où nos grands-parents nous glissaient un billet de 50€ dans une carted’anniversaire en guise de dringuelle (de pourboire) est peut-être révolu et laisse place à unvirement bancaire avec « Bon anniversaire ! Mamy et Papy » en communication libre. Si certainssont attachés à leurs billets et aiment les avoir en main, d’autres préfèrent mettre leur argent surun compte en banque et payer uniquement par virement. La réalité, c’est que notre société évolue et l’argent liquide disparait peu à peu de la circulation pour diverses raisons, mais pas sans risque. Au fil du temps… Il est intéressant, avant tout, de revenir sur l’histoire de la monnaie. Pour rappel, lespremiers échanges étaient sous forme de troc (commercer un objet contre un autre). Mais cetteforme d’échange a vite posé quelques problèmes : parfois impossible si l’une des personnes neveut pas de l’objet proposé par l’autre, également compliqué si une grosse pièce ne peut êtredécoupée pour des petits échanges… Dès lors, la monnaie s’est rapidement imposée. Les objetsont alors une valeur monétaire. Si aujourd’hui « être riche » signifie avoir un chiffre à 6 zéros enactif, autrefois la richesse était le bétail. Cela a d’ailleurs eu une répercussion sur notre vocabulaire puisque pecus qui signifie troupeau en latin a donné « pécuniaire », idem pour caput (tête) qui a donné « capital ». Avant les pièces en métal et en or, la monnaie était du sel ou même des coquillages. Au fil des siècles, les Royaumes créent leur propre monnaie en vue d’unifier les échanges sur son territoire. Il faudra en revanche attendre 1750 pour connaitre la première monnaie internationale, le thaler (créé par l’impératrice Marie Thérèse de Habsbourg). A noter que le thaler va subir une distorsion phonétique et devenir « dollar ». À la fin du XVIIe siècle, suite à une pénurie de monnaie, les colons français installés au Canada inventent la monnaie fiduciaire. Mais c’est au XVIIIe siècle que la monnaie papier et les billets apparaissent en France. Dématérialisation Si l’argent liquide reste présent car il représente une réserve de valeur, actuellement, l’argent subi une dématérialisation. Il est maintenant possible de payer par carte mais aussi avec un smartphone et/ou avec une montre connectée. Ces paiements dématérialisés sont sans conteste nettement plus pratiques et rapides, d’autant plus depuis le « sans contact » : un bip et la transaction est faite ! La crise du coronavirus a évidement favorisé l’utilisation du « sans contact » pour une question d’hygiène. De plus, les paiements électroniques offrent aux commerçants une certaine sécurité. En effet, cela leur évite de tomber sur des faux billets ou sur des chèques en bois mais ce type de paiement permet aussi à n’importe qui de suivre et surveiller ses dépenses plus facilement. L’argent numérique, comme envisagé pour 2025, se présente comme des billets rangés à la banque centrale et non plus dans les portefeuilles des gens. Le passage historique de cet article oublie de rappeler qu’il existe actuellement une autre forme d’argent : la cryptomonnaie. Le dictionnaire Le Robert définit la cryptomonnaie comme unemonnaie numérique en usage sur internet, indépendante des réseaux bancaires et liée à un système de cryptage. Par exemple, le bitcoin est une cryptomonnaie. L’une des grandes caractéristiques de celle-ci est qu’elle ne laisse pas de traces. Alors, pour des transactions illégales, la cryptomonnaie sera privilégiée. Si cette monnaie récemment mise en place intéresse presque exclusivement aux jeunes, c’est parce que selon une étude allemande, ceux-ci n’ont grandi qu’avec des crises (crise de 2009, bulle d’internet, Brexit…) qui les encouragent à faire desinvestissements à risque comme les cryptomonnaies. Voilà donc un élément en plus qui va fairedisparaitre le cash dans les prochaines années. Quelle serait la réalité si l’argent liquide disparaissait définitivement?  D’après les dires de Jacques Fierens (avocat et professeur de droit à l’ULiège), il y aura un monde sans cash où il fait bon vivre et ensoleillé et un monde sombre avec de l’argent liquide en circulation où la souffrance et la misère sont prédominantes. De plus, si il n’y a plus de cash, cela veut donc dire que toutes les transactions se feront par carte bancaires, ce qui posera le problème de traçabilité. Personne n’aura de secret pour les banques.  Tous les paiements seront visibles par les banques et les influenceront sur le refus ou non d’un crédit (par exemple, une banque va refuser un prêt à quelqu’un qui joue souvent au casino). Pour les commerçants, la disparition du cash fera descendre le nombre de braquage mais il sera alors impératif de développer la cybersécurité des banques pour faire face aux hackers. Enfin, la suppression de l’argent liquide fera presque disparaitre le travail au noir. Cependant, la pauvreté ne disparaitra pas pour autant, un retour au troc est possible. Aussi, Il a été montré que sortir une liasse de billets de son portefeuille est plus significatif dans les esprits des individus que payer sans contact ou par une application. Que l’on préfère avoir son argent en main propre, que l’on préfère le savoir en sécurité dans une banque ou qu’on décide d’investir dans des cryptomonnaies, chacun gère son argent comme il l’entend. La marche vers la disparition totale de l’argent liquide est large mais il n’est pas impossible que dans quelques années le billets de 5€ tel que nous le connaissons actuellement devienne une pièce de collection, comme le franc. Sources – Histoire de la monnaie : https://group.bnpparibas/actualite/breve-histoire-monnaie– L’argent et ses métamorphoses : vidéo ARTE– La fin du cash : https://dossiers.lalibre.be/la-fin-du-cash/

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Rencontre avec Olivier Chastel

Rencontre avec Olivier Chastel   Le Débrief’Mag est parti à la rencontre de Olivier Chastel, eurodéputé et membre de Renew Europe.     Comment est-ce qu’on passe de pharmacien à homme politique et député européen ?   De manière assez simple. D’abord, on est intéressé par la chose publique et puis il faut ce brin de hasard, ou de chance, qui te fait rencontrer la bonne personne et ça a été mon cas. L’anecdote veut que ma mère fût pharmacienne à Charleroi et un jour en rentrant de l’université, je passe derrière le comptoir de la pharmacie et là devant quelqu’un que je n’avais jamais vu, mais qui lui demande si elle veut bien être candidate aux élections communales qui s’annoncent. Ma mère dit « non, absolument pas. Je suis sympathisante du parti libéral, mais je n’ai pas le temps de m’occuper de ça.» Et, moi, en blaguant, je dis au type qui est là devant : « Si elle veut pas, moi je veux bien ». Je continue ma route sans attendre, parce que je le faisais vraiment en blaguant. Et 3 jours après, cette personne m’a rappelé en disant : « Oui, j’étais celui qui se trouvait devant votre maman. Est-ce qu’on peut se voir pour en discuter [des élections communales] ? » Pour moi, c’était en blaguant. Mais il voulait quand même en parler. Toute cette histoire démarre de cette anecdote puisque j’ai été candidat aux élections communales de 1988. Si je suis encore candidat en 2024, c’est peut-être bien ma septième élection. Puis de là, les élections législatives, d’abord comme suppléant, puis comme effectif. Ensuite une carrière ministérielle à différents niveaux jusqu’à même président du Mouvement Réformateur, puis député européen. C’est une suite de concours de circonstances, mais évidemment un intérêt pour la chose publique.     De manière un peu plus générale, on dit souvent que la jeunesse est désintéressée de la politique et particulièrement celle européenne. Comment est-ce qu’on peut faire pour intéresser cette jeunesse à la politique en générale et européenne ?     Je pense que, très globalement, notre population s’intéresse, si on en croit les études et opinions, de moins en moins à la politique. Probablement, parce qu’ils sont déçus, qu’ils ne se sentent pas concernés ou parce qu’ils ne se reconnaissent plus dans ceux qui sont élus. J’ai la faiblesse de penser que moins on maîtrise le niveau de pouvoir, à la fois dans son institutionnel et dans son mode de décision; nos citoyens ne s’y retrouvent plus, la jeunesse en particulier. C’est donc ce qui pose problème au niveau européen. Ce niveau est plus éloigné de nos concitoyens et de nos jeunes en particulier. On peut débattre de ça car c’est tout l’inverse, tout ce qui se discute au niveau européen est retranscrit dans les lois et législations fédérales. C’est aussi le niveau de pouvoir où la complexité institutionnelle est redoutable.    Qui décide en Europe ? C’est toujours la bonne question. Parfois, il n’y a qu’un siège pour deux, on l’a vu dans des circonstances particulières et donc, plus le niveau de pouvoir est éloigné, plus le niveau institutionnel est éloigné et plus le mode de décision est compliqué. Il n’y a pas plus compliqué qu’une décision européenne, puisqu’on sait que si la commission propose un certain nombre de texte, pour que ces derniers entrent en application dans les 27 états membres, il faut que le parlement et le conseil européen tombent d’accord sur un texte de compromis tout en sachant que pour certaines matières, il faut que tous les membres soient d’accords entre eux. Il faut avouer que quand on additionne les trois paramètres, l’éloignement, l’institutionnel et le mode de décision, on ne peut qu’être éloigné de nos concitoyens et des jeunes, même si l’Europe donne beaucoup d’énergie à faire connaître les thématiques qu’elle aborde. On a eu à la suite de cette législature, avec la pandémie de Covid, une bonne occasion de montrer à nos concitoyens tout l’intérêt de l’Union Européenne, le fait d’être solidaire, d’être soudé et prendre des décisions rapides et communes. L’Europe a des atouts pour montrer qu’elle s’occupe d’un certain nombre de sujets qui touchent au plus proche de nos concitoyens et qu’elle sait être efficace. C’est vrai qu’on constate qu’elle est très forte après une crise ou pour répondre à une crise.    Pourquoi est-elle surtout efficace à l’occasion d’une crise ?    Parce que c’est à l’occasion d’une d’entre-elle que 27 chefs d’états crient au secours. Sinon, dans le fonctionnement normal de l’Union Européenne, les différents chefs et ministres d’états ont surtout comme motivation de faire en sorte que les décisions prises favorisent le pays qu’ils représentent. Ce n’est pas avec cet état d’esprit qu’on prend des décisions responsables, cohérentes, solidaires sur l’ensemble du territoire européen. Par contre, en temps de crise, quand on se rend compte que tout seul, on est pas grand chose (même pour des grands pays européens), c’est à ce moment là qu’on commence à se serrer les coudes jusqu’à prendre – et on l’a vécu dans la foulée du Covid – des décisions historiques qu’on aurait pas imaginé il y a quelques années. La manière de financer le plan de relance, c’est-à-dire faire en sorte que les 27 États membres soient solidaires dans des emprunts contractés ensembles dans l’Union Européenne. Les crises permettent à l’Union d’avancer. Ce qu’on doit faire, c’est valoriser notre capacité de solidarité ensemble sur l’Union Européenne. C’est en mettant en avant des succès, comme ceux qu’on a vécu durant la crise Covid, qu’on peut faire comprendre aux gens  que l’Union Européenne est ce qu’on fait de mieux sur notre continent.   Mais justement, vous parlez de crise et d’atouts, si on devait faire un check-up « santé », comment se porte l’Europe maintenant ? Bien, pas bien, encore des améliorations à faire ?   Ni très bien, ni très mal. Comme je viens de le dire, on a pas inventé mieux comme démocratie et efficacité européenne. Je pense que l’Europe doit évoluer pour montrer à

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Les Russes se moquent de nous !

Par Gauthier JACQUES

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Crédit-temps, c’est quoi?

Le crédit-temps, c’est quoi ?

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Nuoceans, les tongs de l’avenir !

Par Frédéric Steenhoudt

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Le Haut Karabagh: éternel conflit dans les montagnes du Caucase

Par Olivier Humblet

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Le revenu universel selon Thomas Spence

Le revenu universel selon Thomas Spence   Par Gauthier JACQUES   Thomas Spence, né en 1750 et décédé en 1814, était un démocrate radical et un avocat de la collectivisation de la terre. Il est le fils d’un cordonnier écossais. Thomas Spence a embrayé le pas avec son ouvrage Le droit des Enfants (de son titre original The Rights of Infants). Il reprend la théorie de Thomas Paine, jugée « insatisfaisante », en la modifiant quelque peu. En effet, selon Spence, dix pourcents ne sont pas suffisants ; c’est toute la rente foncière qui devrait être reversée. Il propose, à la place, de verser, au niveau de chaque municipalité, un véritable revenu de base distribué périodiquement à tous les membres de la communauté, sans exception. Ce système serait financé par le surplus des profits des loyers récoltés au niveau de chaque paroisse :   On peut raisonnablement supposer que ce surplus, qui doit être distribué à toutes les âmes vivant dans la paroisse au premier jour de chaque trimestre, se monte à deux tiers du total des loyers prélevés. Mais quel que soit son montant, cette part du surplus des loyers est un droit imprescriptible de tout être humain dans la société civilisée, au titre d’équivalent des ingrédients naturels de leur patrimoine commun, dont ils sont privés du fait de leur mise en location à des fins de culture et d’amélioration (Spence, 1797 : 87).   Sources   Damon Julien, Pauvreté et précarité en chiffres, Les Cahiers français, n° 390, 2016, pp. 8-14.   Lacroix, Jean-Michel. Histoire des États-Unis, PUF, coll. « Quadrige », 2006, p. 74.   Ferry, Jean-Marc. 2016. L’allocation universelle: pour un revenu de citoyenneté. Nouvelle éd. Lexio. Paris: les Éditions du Cerf.   Spence, Thomas.  The Rights of Infants. 1797, p.87.   Vanderborght, Yannick. Van Parijs, Philippe. L’allocation universelle. 2005. Repères 412. Paris: la Découverte.   Vigil-Ripoche, Marie-André. « Souffrance », Monique Formarier éd., Les concepts en sciences infirmières. 2ème édition. Association de Recherche en Soins Infirmiers, 2012, pp. 283-285.   Zinn, Howard. Une histoire populaire des États-Unis. De 1492 à nos jours, Agone, 2002, p. 85.

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L’utilisation des armes à feu aux États-Unis, le combat face au lobbying

L’utilisation des armes à feu aux États-Unis, le combat face au lobbying Le mardi 24 mai dernier, un individu âgé de 18 ans a ouvert le feu dans une école élémentaire du Texas. Ce dernier a tué 21 personnes, deux adultes et dix-neuf enfants. Cet événement a bien évidemment choqué une multitude de personnes. Chaque année, de nombreuses attaques visant des écoles ont lieu. En moyenne, il y a 1,75 tueries par jour aux États-Unis. Le président américain, Joe Biden, et la vice-présidente Kamala Harris ont affirmé qu’ils lutteront contre les armes à feu : « trop c’est trop » a martelé la vice-présidente. Mais est-ce aussi simple que ça ? Les États-Unis d’Amérique sont l’un des pays qui vendent le plus d’armes au monde. Dans le pays de l’oncle Sam, on considère qu’avoir une arme est un droit inaliénable. La lutte s’annonce compliquée. Avant tout, il est nécessaire de rappeler quelques chiffres. Chaque année, aux États-Unis, en moyenne, 40.620 personnes meurent à cause des armes à feu. Soit 111 personnes par jour. De nombreuses victimes sont dues à des homicides. En 2021, il y avait 45.010 morts, dont 20.920 pour homicide, soit 46%. Les tueries de masses sont omniprésentes et la situation ne s’améliore pas. De nombreuses voies, dont celle du président Joe Biden, se lèvent pour tenter de réduire la vente d’armes. Toutefois, elles doivent faire face à un puissant lobby : la NRA ou National Rifle Association of America. Cette puissante organisation a été créée en 1871. À son début, elle regroupait des chasseurs. Aujourd’hui, l’association compte six millions d’adhérents. Son but est de protéger le second amendement de la Constitution qui donne à chacun le droit de posséder une arme. La NRA a une énorme influence au sein du paysage politique américain. En effet, l’association soutient de nombreux candidats du parti Républicain qui sont assez conservateurs. La NRA n’hésite pas à donner des dons à des sénateurs. Elle compte parmi ses rangs de forts soutiens comme Donald Trump ou Chuck Norris. À chaque tuerie, la NRA n’implique pas les armes à feu mais les « personnes instables qui détiennent des armes ». Ce puissant lobby bloque les nouvelles démarches dont l’objectif est de régulariser la vente l’utilisation d’armes à feu aux États-Unis. Toutefois, des associations se mettent en place et de plus en plus de personnes tiennent tête au lobby des armes à feu. Malgré tout, la situation n’est pas encourageante. Les Américains achètent toujours plus d’armes. Actuellement, 400 millions d’armes sont en circulation. La lutte ne fait donc que de commencer. Sources: https://information.tv5monde.com/info/etats-unis-pourquoi-la-nra-le-lobby-des-armes-americain-continue-de-dicter-sa-loi-458260?amp https://amp.france24.com/fr/amériques/20220527-après-la-tuerie-d-uvalde-le-tout-puissant-lobby-des-armes-tient-son-assemblée-annuelle https://www.moustique.be/actu/monde/2022/05/25/usa-les-chiffres-terrifiants-de-la-violence-par-arme-a-feu-239044?amp=1 https://www.lemonde.fr/international/article/2022/05/25/l-amerique-sous-le-choc-d-une-nouvelle-tuerie-dans-une-ecole-au-texas_6127575_3210.html https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/fusillades-aux-etats-unis/etats-unis-quinze-morts-dont-quatorze-enfants-dans-une-fusillade-dans-une-ecole-primaire-au-texas_5157031.html https://www.tf1info.fr/amp/international/fusillade-d-uvalde-au-texas-aux-etats-unis-deplore-t-on-deja-251-tueries-de-masse-depuis-le-1er-janvier-2221105.html