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Jeunesse Politique

“Ce n’est pas un métier, c’est une mission que nous avons”

Véronique Durenne, originaire de Celles et pharmacienne de formation, occupe la fonction de sénatrice depuis juillet 2019 au sein du Mouvement Réformateur. Durenne est intervenue lors de la séance plénière du 17 mars 2023 au sujet de l’autonomisation économique des femmes, sujet central à améliorer en Belgique selon la sénatrice, et pour lequel elle avait également pu cosigner des propositions de résolution. Elle nous partage ici son parcours, sa place de femme dans le monde politique, la violence qu’elle a vécue de la part de ses collègues et son avis sur certains sujets d’actualité comme le revenu universel ou la sécurité sur les campus universitaires. Vous avez un parcours très intéressant, pharmacienne de formation à sénatrice. Pourriez-vous nous en dire un peu plus ? Ça me touche toujours quand on me pose cette question. J’étais donc pharmacienne dans un village près de Tournai, la pharmacienne du village comme on pourrait le dire. Et puis un jour, le premier échevin de ma commune passe la porte de l’officine et me dit que les élections approchent, qu’ils ont besoin d’une femme, de personnes porteuses de voix comme des médecins ou des pharmaciens et qu’il a pensé à moi. Je le regarde et je lui dis que jamais je ne pourrais faire ça. Il m’a laissé le temps de réfléchir. Alors, ce soir-là, je rentre chez moi et j’en parle à mon mari qui lui est agriculteur. Il faut savoir que mon mari est quelqu’un qui s’intéresse à tout, il a une culture extraordinaire et il adore la politique, mais de loin. Il me dit que c’est super intéressant et que je devrais essayer. Moi-même je suivais l’actualité mais jamais ne m’est venu l’idée de faire de la politique. Après beaucoup de discussions, j’ai dit oui. On me met alors en deuxième place. Je fais la campagne et je joue le jeu. Et puis le soir des élections on me dit : « Voilà, Véronique, tu es échevine ». Et là, je cours le dire à mon mari et je me rends compte que je me suis mise dans un embarras pas possible. Il faut savoir que je suis quelqu’un de très sensible, un homme m’avait même dit : “Mon Dieu, Véronique, mon petit, tu devras avoir de larges épaules” et je repense souvent à ce monsieur. J’ai pris le post, j’avais été élue. Après tout, le citoyen me faisait confiance et il me connaissait en tant que pharmacienne donc on ne peut pas dire que je tombais de n’importe où. Je me souviendrai toute ma vie du premier jour où je suis arrivée en collège. J’étais très scolaire avec mon petit cartable et ensuite, j’ai appris sur le terrain.On m’a alors confiée la petite enfance et la culture, des matières qui m’étaient chères et proches en tant que jeune maman. Et mon échevinat s’est très bien passé. Aux élections suivantes, six ans plus tard, je dépasse la tête de liste et je deviens bourgmestre. Ensuite, je suis devenue bourgmestre empêchée, mais je connaissais les règles du jeu. Je suis donc devenue députée. Dans ma commune, ils l’ont un peu mal pris, ils m’ont dit que je les avais abandonnés, ils m’avaient élue bourgmestre et je suis partie. Donc j’étais députée, et un jour Charles Michel m’a appelée pour me désigner sénatrice. Et voilà où j’en suis aujourd’hui. C’est pour ça que j’encourage vivement les jeunes à se lancer dans la politique, vraiment. Je suis le bel exemple qu’on peut apprendre et y arriver. Avez-vous trouvé cet apprentissage difficile ? La politique est-elle réellement un monde d’hommes ? Je dirais que pour apprendre, il faut vraiment être sur le terrain. Et puis, le métier de politique est assez éphémère, ce n’est pas un métier, c’est une mission que nous avons. C’était difficile par temps, mais j’ai toujours eu mon mari à mes côtés, il m’a beaucoup aidée. Il faut aussi savoir que de mon temps, c’était un milieu très macho. À mes débuts, j’ai eu beaucoup de mal. Je me suis pourtant toujours accrochée. J’ai eu beaucoup de soutien de la part des citoyens et du bourgmestre, ça m’a beaucoup aidée. Et avec le temps, on apprend à s’endurcir. Vous encouragez les femmes et les jeunes femmes à entreprendre des études STEM (science, technology, engineering, and mathematics) et à développer leur estime de soi. La sécurité sur les campus universitaires y joue un rôle primordial et reste parfois un frein au développement de l’estime de soi. Quelles seraient vos propositions ?  Malheureusement, sans remettre en cause le travail qui est déjà fait, je pense que la formation des agents de sécurité est déficiente. Après ce n’est pas évident, et la critique est très facile. Il faut bien se mettre en tête qu’on doit toujours essayer de s’améliorer et de trouver des solutions. On a pu, grâce aux habilitations, ouvrir d’autres sections de formation. Là aussi je pense qu’il y a une formation qui doit être renforcée et améliorée pour que vous, les jeunes, puissiez-vous sentir en sécurité. Il faut une réelle prise de conscience de la part des professionnels qui vont vous encadrer. L’installation de caméras de surveillance peut également être une solution. C’est aussi à nous de jouer notre rôle et d’attirer l’attention, et pourquoi pas proposer une résolution. Pour terminer, la N-VA est en faveur de la suppression du Sénat. Quelle est votre position par rapport au maintien ou non du Sénat ? Pour moi, le Sénat a toute son importance. Premièrement, c’est le lieu de rencontre entre les différentes entités fédérées, et je le vois. C’est très important de pouvoir échanger avec nos amis néerlandophones et voir les différentes pratiques mises en œuvre des deux côtés de la frontière linguistique. Il faut peut-être le réformer. Effectivement, c’est une discussion que l’on doit avoir. Mais le Sénat a toute son importance malgré les nombreuses critiques à son égard. On pense qu’au Sénat on ne fait rien, alors que c’est complètement faux. Quand on voit les comptes rendus des différentes commissions et les textes qui

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Le cannabis dans le milieu médical

Saviez-vous qu’il existe une société belge qui extrait des molécules issues de la plante du cannabis pour les utiliser dans le secteur de la santé ? Le groupe de travail santé a eu l’opportunité d’aller à la rencontre de l’un de ces fondateurs, Flora, bio-ingénieur de formation. En collaboration avec deux autres fondateurs, Lionel et Jonathan, tous deux ingénieurs de gestion, Flora a créé CBX medical, il y a deux ans et demi. Cette société belge est spécialisée dans le développement de produits à base de cannabinoïdes, tel que le cannabidiol (CBD). Ces produits sont uniquement disponibles en pharmacie. Les trois fondateurs sont en effet convaincus des bienfaits pour la santé de ces molécules non-stupéfiantes présentes dans la plante de cannabis. Aujourd’hui, ces produits à base de CBD se vendent surtout dans des CBD shop ou sur internet, alors qu’ils devraient se retrouver en pharmacie où une qualité et un conseil de la part de spécialistes peuvent être assurés. Leur but est de ramener ces produits à base de CBD et d’autres cannabinoïdes non stupéfiant comme le cannabigérol (CBG) dans les pharmacies. Pour cela, une grande partie de leur travail est d’aller sur le terrain, présenter leurs produits aux spécialistes de la santé et donner des formations. CBX medical repose sur deux piliers importants, la science et l’éducation. Pour le pilier scientifique, le CBD a été découvert en 1964, suivi de la découverte du système endocannabinoïde. C’est un sujet de recherche en pleine effervescence car il y a encore pleins de choses à découvrir et CBX essaye de le faire de différentes manières. Ils ont par exemple coordonné des mémoires au sein d’universités européennes notamment avec la faculté de pharmacie de l’Université Libre de Bruxelles et l’Université de Gembloux. De plus, ils ont aussi créé une fondation, la « CBX Foundation » dont la première initiative a été de créer un concours pour la recherche académique, qui récompense les meilleurs sujets de mémoire : la « Research Award for cannabis in Europe (RACE) ». La prochaine édition de RACE est prévue en 2024 et les étudiants peuvent déjà s’inscrire. Le but de CBX à travers ces initiatives est de stimuler le corps académique à s’intéresser à la plante de cannabis et toutes ces utilisations pour pousser la recherche en Europe. Pour le pilier éducation, Flora attire notre attention sur le manque de connaissances du monde médical au sujet des cannabinoïdes. Elle nous explique qu’au début du projet, CBX a vite été confronté à des problèmes lors de la présentation de leurs produits dans les pharmacies car ces derniers pensaient soit qu’il s’agissait de drogues soit ils ne savaient pas comment utiliser ces produits. Dans une logique de former ces professionnels, CBX medical a donc mis en place une série de formation pour les professionnels de la santé. Une autre activité complémentaire à leurs 2 piliers est la mise en place d’un champ expérimental l’année passée, dans la région de Chaumont-Gistoux, pour aider à développer la filière au niveau de l’agriculture en Belgique. Ils y ont planté deux variétés autorisées au niveau de l’Europe car elles ont une concentration inférieure à 0,3% de THC. Cette expérience va être réitérée cette année dans la commune de Lasne. A côté de cette plantation, CBX a aussi fait une exposition sur l’utilisation « zéro déchet » de la plante de cannabis, où ils ont illustré l’utilité de toutes les parties de cette plante. En plus d’être acteur dans la recherche, ils ont leur gamme de produits vendus en pharmacie qui répond à trois catégories de besoins : (1) bouger, (2) relaxer et (3) régénérer. Ces produits n’ont pas d’effets planant car ils ne contiennent pas de THC. Par exemple, dans la catégorie « bouger » on retrouve un gel refroidissant à base de CBD, le canflex, et un gel chaud à base de CBG, le canmove, pour les articulations et muscles. Laetitia Tursugian, déléguée santé

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La Foire du livre de Bruxelles

Amies lectrices, amis lecteurs, elle vous avait manqué, vous l’aviez attendue : la Foire du Livre de Bruxelles s’est tenue à Tour et Taxis du 30 mars au 2 avril dernier. Ce ne sont pas moins de 300 exposants, auteurs et éditeurs qui se sont rassemblés pour le plus grand plaisir des férus de lecture. Nous avons eu la chance d’être invités à la Soirée d’inauguration par le Centre Jean Gol. Son stand, au cœur de la fraichement rénovée Gare Maritime, valait certainement le détour. Nous avons pu y découvrir ouvrages et publications d’actualité. La présence de plusieurs personnalités politiques du Mouvement, notamment pour des séances de dédicaces, semblait également ravir les invités.  Le thème de cette édition, Osons l’imaginaire, nous a transporté au fil des allées, de rencontres en rencontres, vers un monde magique, formé de papiers et de mots. Nous avons, notamment, eu le plaisir de rencontrer le Verviétois Christian Janssen-Déderix, qui nous a parlé, avec passion, de son ouvrage ‘La Lignée Dorval’. La Foire du Livre, c’est aussi ça, des rencontres, des visages, des histoires et une ode à la culture et au partage. L’impressionnante foule présente et l’enthousiasme criant qu’elle dégageait nous ont rappelé à quel point le livre papier a encore de belles années devant lui. A l’heure de la technologie, il est cependant crucial de le promouvoir et de le préserver. Conservant ceci à l’esprit, nous attendons d’ores-et-déjà la prochaine édition avec impatience.  Alison Clément

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Actualités Politique

Chars occidentaux en approche !

La 25 janvier 2023, la nouvelle tombe. Les Etats-Unis donnent leur feu vert pour la livraison des chars M1 Abrams. Cette annonce suit celle de l’Allemagne qui après des semaines d’hésitation a donné enfin son aval pour l’envoi de ses chars lourds du nom de Léopard II à l’Ukraine. Le feu vert est également donné aux pays de l’Otan qui disposent de ces chars de production allemande. Le Royaume-Uni lui aussi enverra ses chars du nom de Challenger II.  Les chars occidentaux peuvent-ils changer le cours de cette guerre ?   Les chars qui seront livrés prochainement à l’Ukraine sont très puissants. Mundo Frank Ledwidge, ancien officier de l’armée britannique et actuellement professeur de stratégie et de capacité militaires à l’université de Portsmouth en Angleterre, a confié à la BBC que les meilleurs chars du monde sont allemands, britanniques et américains. Ces chars vont apporter une très grande aide aux hommes qui se battent sur le front.  Cette action implique-t-elle l’OTAN dans ce conflit armé ? L’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord garantit une sécurité qui repose sur un engagement sans failles en faveur de la défense collective, ce qui assure aux Alliés une sécurité lors de l’envoi des armes à l’Ukraine. Leur sécurité ne sera pas compromise. En d’autres termes, les pays membres de l’OTAN qui fournissent une aide militaire, financière à l’Ukraine ne seront pas impliqués directement dans ce conflit qui oppose l’Ukraine (pas encore membre de l’OTAN) et la Russie.  Comment évoluera ce conflit à l’est de l’Europe ? L’Ukraine s’approche-t-elle d’une victoire ? Combien va durer cette guerre ? Deux ans ? Cinq ans ? L’avenir nous le dira. Wiktoria Wojslawowicz Sources : https://www.bbc.com/afrique/articles/ceqg7de1901o https://www.nato.int/cps/fr/natohq/topics_192648.htm https://www.nato.int/cps/fr/natohq/topics_133127.htm https://www.touteleurope.eu/l-ue-dans-le-monde/guerre-en-ukraine-ou-en-est-l-union-europeenne/

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Actualités Économie

La disparition à petit feu de l’argent liquide

Le temps où nos grands-parents nous glissaient un billet de 50€ dans une carted’anniversaire en guise de dringuelle (de pourboire) est peut-être révolu et laisse place à unvirement bancaire avec « Bon anniversaire ! Mamy et Papy » en communication libre. Si certainssont attachés à leurs billets et aiment les avoir en main, d’autres préfèrent mettre leur argent surun compte en banque et payer uniquement par virement. La réalité, c’est que notre société évolue et l’argent liquide disparait peu à peu de la circulation pour diverses raisons, mais pas sans risque. Au fil du temps… Il est intéressant, avant tout, de revenir sur l’histoire de la monnaie. Pour rappel, lespremiers échanges étaient sous forme de troc (commercer un objet contre un autre). Mais cetteforme d’échange a vite posé quelques problèmes : parfois impossible si l’une des personnes neveut pas de l’objet proposé par l’autre, également compliqué si une grosse pièce ne peut êtredécoupée pour des petits échanges… Dès lors, la monnaie s’est rapidement imposée. Les objetsont alors une valeur monétaire. Si aujourd’hui « être riche » signifie avoir un chiffre à 6 zéros enactif, autrefois la richesse était le bétail. Cela a d’ailleurs eu une répercussion sur notre vocabulaire puisque pecus qui signifie troupeau en latin a donné « pécuniaire », idem pour caput (tête) qui a donné « capital ». Avant les pièces en métal et en or, la monnaie était du sel ou même des coquillages. Au fil des siècles, les Royaumes créent leur propre monnaie en vue d’unifier les échanges sur son territoire. Il faudra en revanche attendre 1750 pour connaitre la première monnaie internationale, le thaler (créé par l’impératrice Marie Thérèse de Habsbourg). A noter que le thaler va subir une distorsion phonétique et devenir « dollar ». À la fin du XVIIe siècle, suite à une pénurie de monnaie, les colons français installés au Canada inventent la monnaie fiduciaire. Mais c’est au XVIIIe siècle que la monnaie papier et les billets apparaissent en France. Dématérialisation Si l’argent liquide reste présent car il représente une réserve de valeur, actuellement, l’argent subi une dématérialisation. Il est maintenant possible de payer par carte mais aussi avec un smartphone et/ou avec une montre connectée. Ces paiements dématérialisés sont sans conteste nettement plus pratiques et rapides, d’autant plus depuis le « sans contact » : un bip et la transaction est faite ! La crise du coronavirus a évidement favorisé l’utilisation du « sans contact » pour une question d’hygiène. De plus, les paiements électroniques offrent aux commerçants une certaine sécurité. En effet, cela leur évite de tomber sur des faux billets ou sur des chèques en bois mais ce type de paiement permet aussi à n’importe qui de suivre et surveiller ses dépenses plus facilement. L’argent numérique, comme envisagé pour 2025, se présente comme des billets rangés à la banque centrale et non plus dans les portefeuilles des gens. Le passage historique de cet article oublie de rappeler qu’il existe actuellement une autre forme d’argent : la cryptomonnaie. Le dictionnaire Le Robert définit la cryptomonnaie comme unemonnaie numérique en usage sur internet, indépendante des réseaux bancaires et liée à un système de cryptage. Par exemple, le bitcoin est une cryptomonnaie. L’une des grandes caractéristiques de celle-ci est qu’elle ne laisse pas de traces. Alors, pour des transactions illégales, la cryptomonnaie sera privilégiée. Si cette monnaie récemment mise en place intéresse presque exclusivement aux jeunes, c’est parce que selon une étude allemande, ceux-ci n’ont grandi qu’avec des crises (crise de 2009, bulle d’internet, Brexit…) qui les encouragent à faire desinvestissements à risque comme les cryptomonnaies. Voilà donc un élément en plus qui va fairedisparaitre le cash dans les prochaines années. Quelle serait la réalité si l’argent liquide disparaissait définitivement?  D’après les dires de Jacques Fierens (avocat et professeur de droit à l’ULiège), il y aura un monde sans cash où il fait bon vivre et ensoleillé et un monde sombre avec de l’argent liquide en circulation où la souffrance et la misère sont prédominantes. De plus, si il n’y a plus de cash, cela veut donc dire que toutes les transactions se feront par carte bancaires, ce qui posera le problème de traçabilité. Personne n’aura de secret pour les banques.  Tous les paiements seront visibles par les banques et les influenceront sur le refus ou non d’un crédit (par exemple, une banque va refuser un prêt à quelqu’un qui joue souvent au casino). Pour les commerçants, la disparition du cash fera descendre le nombre de braquage mais il sera alors impératif de développer la cybersécurité des banques pour faire face aux hackers. Enfin, la suppression de l’argent liquide fera presque disparaitre le travail au noir. Cependant, la pauvreté ne disparaitra pas pour autant, un retour au troc est possible. Aussi, Il a été montré que sortir une liasse de billets de son portefeuille est plus significatif dans les esprits des individus que payer sans contact ou par une application. Que l’on préfère avoir son argent en main propre, que l’on préfère le savoir en sécurité dans une banque ou qu’on décide d’investir dans des cryptomonnaies, chacun gère son argent comme il l’entend. La marche vers la disparition totale de l’argent liquide est large mais il n’est pas impossible que dans quelques années le billets de 5€ tel que nous le connaissons actuellement devienne une pièce de collection, comme le franc. Sources – Histoire de la monnaie : https://group.bnpparibas/actualite/breve-histoire-monnaie– L’argent et ses métamorphoses : vidéo ARTE– La fin du cash : https://dossiers.lalibre.be/la-fin-du-cash/

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Actualités Société

Rencontre avec Géraldine Demaret

C’est sur une note positive que le bilan de la Loterie Nationale s’est terminé en 2022. 1,48 milliard d’euros, c’est le chiffre. L’année dernière, la baisse du pouvoir d’achat et les crises successives ont raboté de 2,7% le chiffre d’affaires de la loterie, après un exercice 2021 record, qui avait coïncidé avec la sortie de la crise Covid. L’entreprise tourne avec 430 collaborateurs et en a engagé 67 l’année dernière. Intéressons-nous quelques instants à la nouvelle présidente du conseil d’administration et à cette société philanthrope quelque peu méconnue du public. Peux-tu te présenter et retracer ton parcours ? Je suis sortie en 2011 de l’université avec un diplôme d’ingénieure commerciale et j’ai directement commencé à travailler dans le secteur privé pour la boite Ice Watch qui était en plein essor. Je travaillais au développement de la marque à l’international ; je m’occupais du Moyen-Orient et du continent européen. C’était très instructif. Ensuite, j’ai eu l’opportunité de travailler pour une PME qui développait des magasins retail en Belgique et au Grand-Duché de Luxembourg.  Dans la foulée, j’ai passé un examen pour faire de l’audit au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles, j’ai réussi mon examen pour être statutarisée mais j’ai passé également en 2014 l’examen du MR que j’ai réussi. J’ai donc arrêté l’audit et j’ai commencé à travailler au groupe MR du parlement. Denis Ducarme était chef de groupe à l’époque et je m’occupais de la commission Finances et Budget. Ensuite, Denis est devenu ministre des PME, Indépendants, Classe moyenne et Agriculture et là je l’ai suivi et je suis devenue directrice des Budget/Finances dans son cabinet. A l’heure actuelle je suis cheffe de cabinet adjointe pour le ministre David Clarinval et je suis en charge des cellules statut social, travailleurs indépendants et cellule PME. Depuis mai 2021, j’occupe la fonction de présidente du conseil d’administration de la Loterie Nationale. Connaissais-tu le secteur avant d’y rentrer ? Je ne connaissais pas les particularités du secteur des jeux de hasard. Je connaissais la Loterie Nationale en tant qu’entreprise publique. Je traitais en effet avec cette entreprise lorsque je travaillais au parlement au niveau de la commission finances/budget. Quand je suis arrivée à la loterie, j’ai dû très vite apprendre comment fonctionnait cette belle entreprise publique mais aussi le cadre réglementaire dans lequel elle évoluait et le secteur des jeux de manière plus large. D’abord son fonctionnement : sa stratégie, son contrat de gestion avec le gouvernement mais aussi le secteur des jeux de hasard de manière plus globale puisque la loterie a également une branche « paris sportifs » qui est régie par la loi sur les jeux de hasard et donc là effectivement c’était plus technico-juridique et j’ai dû m’en imprégner. En mai 2021, quand je suis arrivée comme présidente de la loterie, presque l’ensemble du conseil avait été renouvelé. Il s’agissait donc de matières nouvelles pour la plupart des membres. Les séances étaient donc plus didactiques car pour chacun des dossiers sur la table, un rétroacte était nécessaire. L’année 2021 a été marquée une fois de plus par la crise du Covid. Malgré cela, le nouveau CA mis en place a pu être témoin de l’adaptation rapide de la stratégie de la LN à la situation exceptionnelle qu’a représenté le Covid. L’entreprise publique a pu tirer profit de ses investissements dans le digital et dans les points de vente. Un conseil d’administration qui respecte les quotas de parité ? Oui, niveau quotas « entreprises publiques ». Je suis particulièrement fière que ce soit une femme à la présidence du conseil d’administration. Il y a 5 autres femmes qui siègent au conseil d’administration donc on atteint quasiment les 50% ; on va même au-delà de ce qui est imposé et c’est très positif. Est-ce que ce système de quotas est une bonne chose ? Non. Tout d’abord, je partage évidemment le constat qu’il reste encore beaucoup de travail pour assurer une bien meilleure représentativité des femmes dans certains milieux de la société et ce, notamment dans la haute fonction publique et dans la sphère politique. Néanmoins, et idéologiquement parlant, je suis contre le fait d’imposer un système de quotas « en faveur des femmes » et je suis encore optimiste de croire qu’il existe d’autres solutions pour promouvoir la représentativité des femmes que ce soit dans le secteur privé ou le secteur public. Il s’agit d’une fausse bonne idée selon moi car on stigmatise la femme qu’on choisit en fonction de son sexe plutôt qu’en fonction de ses compétences/connaissances. Pour certaines femmes, la parité forcée peut même paraître humiliante/stigmatisante. Les quotas sont selon moi une discrimination positive car ils créent une nouvelle inégalité  afin de promouvoir une égalité.  Le sujet de légalité homme-femme est un problème sociétal plus profond ancré dans les pratiques et les cultures et pour lequel la formation, l’éducation et la sensibilisation restent primordiales. Cependant, au vus des arguments que je viens d’énumérer, le système de quotas ne me semble pas suffisant pour améliorer la parité. Ce n’est pas en forçant les choses qu’on y arrivera. In fine, imposer des quotas reste pour moi une énorme faiblesse en tant que société. C’est quoi la Loterie ? La première loterie a été organisée en 1441 à Bruges et depuis elle a évolué et s’est diversifiée à travers le temps pour arriver à la loterie que nous connaissons de nos jours. C’est un modèle assez unique en Belgique, c’est un monopole d’état. Il faut se rappeler que la LN a une double mission : Offrir à chacun la chance d’assouvir son envie de jouer ; En contribuant ainsi positivement au plaisir de jouer, au bien-être et à la société (responsabilité sociétale). C’est pour ce faire que la LN : Assume sa mission de canalisation en organisant des jeux attractifs, accessibles et responsables caractérisés par leur dimension collégiale et leur transparence, et développés, commercialisés et soutenus dans cette optique.  La raison d’être de la LN est la collecte de fonds pour soutenir les bonnes causes par la canalisation active des joueurs. Mets les bénéfices qu’elle enregistre

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Actualités Entrepreneuriat

Une chocolaterie familiale éthique

Par Cédric Sevrin S’il y a bien un endroit à ne pas louper quand vous passez par Beaumont, c’est la chocolaterie Bressant. Située dans un cadre rustique où règne une ambiance de travail familiale et conviviale ainsi qu’une odeur exquise de chocolat, la chocolaterie artisanale a été créée par Alain Bressant il y a presque 30 ans. Facebook – Chocolaterie Bressant Bonjour, pourriez-vous vous présenter ? Je m’appelle Alain Bressant, j’ai 59 ans et je suis maître chocolatier à Beaumont. Comment êtes-vous devenu chocolatier ? Alain : J’ai d’abord été apprenti de 1977 à 1981 à la boulangerie-pâtisserie Solbreux, qui est une boulangerie familiale beaumontoise produisant les fameux macarons de Beaumont.  À l’issue de mon apprentissage, j’ai été engagé comme ouvrier. J’ai ensuite fait mon service militaire pour ensuite retourner à la maison Solbreux jusqu’en 1998. À partir de 1994, je suis passé en mi-temps à la boulangerie et j’ai ouvert mon atelier sur le côté. Actuellement, notre équipe est composée de Cathy, mon épouse et Laurent, mon fils, qui travaillent à plein temps. Nous avons également deux employés à mi-temps et Flavien, mon autre fils vient nous aider de temps en temps. Quelle est votre production de chocolat par an? Nous atteignons actuellement une production de 4 à 5 tonnes de chocolat par an. Et qu’est-ce qui explique le succès de la chocolaterie ? Je pense qu’il y a plusieurs facteurs qui expliquent cela. Tout d’abord : la matière première. Nous travaillons avec un fournisseur de cacao durable. Les cultivateurs ont reçu une formation pour produire des fèves de qualité. Ensuite nos produits et la fabrication artisanale font certainement la renommée de la chocolaterie. On organise aussi pas mal de journées porte ouverte pendant lesquelles les gens peuvent découvrir l’atelier, comment le chocolat est préparé et comment nos produits gardent une qualité constante avec un prix juste. On est également repris dans le Gault&Millau, guide gastronomique, depuis 5 ans environ. Facebook – Chocolaterie Bressant Pourquoi avoir fait le choix du cacao durable ? Avec mon épouse, nous avons découvert le Cacao Trace lors d’une soirée de présentation il y a quelque année de ça. Nous avons vraiment été marqués par notre voyage sur place, à la rencontre des travailleurs de première ligne. Les planteurs et récolteurs sont d’une grande gentillesse, et nous avons pu visiter une école que le programme a aidé à construire. C’est ce qui nous a décidés à adhérer au programme. Depuis, je travaille avec Cacao-trace, un vaste programme qui consiste à donner une meilleure qualité de vie aux « cacao farmer » et aux « cacao cultivateur ». L’objectif est de mieux rémunérer les personnes travaillant à la production en achetant les fèves de chocolat plus cher. À chaque kilo acheté par cacao trace, un « bonus cacao » est intégré dans l’association. L’argent récolté sert ensuite à construire des écoles, des cantines, des maternités et des cliniques dans les pays producteurs de cacao. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué sur place ? Définitivement les conditions de travail sur place. Une journée de travail équivaut à 500 francs CFA, soit +-0.75 cent. Pendant la période de production, les personnes travaillent 8 à 10h par jour avec 1 seul jour de repos. L’hygiène y est chaotique… Des enfants travaillent. Certains enfants sont présents sans même que l’on ne connaisse leur âge, car ils ne sont pas déclarés. Je me souviendrai toujours de ce qu’un local m’a dit : “Nous, chez vous, on peut vivre avec vos poubelles…”. Ça fait réfléchir. Comment le consommateur belge peut-il améliorer les conditions de travail des cultivateurs sur place ? En se renseignant quand il achète du chocolat et en privilégiant celui qui provient d’associations telles que Cacao trace ou de chocolatiers qui adhère aux projets de Cacao trace.

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Débrief’ mag | n°02

Chères lectrices, chers lecteurs, Quel plaisir de vous retrouver pour ce second Débrief’Mag qui – j’ose espérer – vous ravira autant que le premier. D’aucuns prédisaient l’année 2020 comme une année charnière, l’année dont tout le monde allait se rappeler. Cependant, nous nous souviendrons certainement de cette pandémie qui – pour des raisons sanitaires – a considéré nos libertés comme des simples laissés-pour-compte. Puis, les crises se sont enchaînées les unes après les autres: crise sociale, crise énergétique, crise économique, crise écologique et j’en passe; ne laissant ainsi qu’un présage sombre pour l’avenir de nos jeunes. La jeunesse qui est également touchée par des crises existentielles: wokisme et culture d’annulation (cancel culture). Cette jeunesse ne peut malheureusement plus s’exprimer librement sous peine de passer sous le joug de l’idéologie bien-pensante actuelle. Sans repère, sans culture, sans histoire, sans fierté pour son pays, cette dernière ne peut plus avancer, ne peut plus penser par elle-même ! Heureusement, elle est écoutée et aidée; j’en veux pour exemple – pour n’en citer qu’un – la réforme de l’enseignement supérieur promulguée par notre Ministre Valérie Glatigny. Cette correctio non grata est frappée d’ostracisme par la cohorte estudiantine qui fait trop souvent preuve d’incompréhension. Nonobstant, malgré les crises, nous avons, jeunes et aînés, essayé de protéger et défendre nos droits fondamentaux. Un de ces droits est celui d’avoir une mort décente et paisible. Thème encore tabou à l’heure actuelle tant par les religions que par certaines personnes du monde médical, l’euthanasie est le sujet qui nous occupera tout au long de ce magazine. Loin de nous l’envie de vous inculquer une quelconque pensée, il nous semblait important de vous proposer un petit retour historique, un comparatif entre certains pays de l’Union européenne, une interview exclusive de “Docteur Death” et bien plus encore. Le but étant de vous donner toutes les clés pour laisser place à votre libre arbitre puisque “penser fait la grandeur de l’homme” comme l’aurait dit Blaise Pascal. Excellente lecture! Gauthier JACQUESRédacteur en chef.

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Dis, c’est quoi l’euthanasie ?

Sources complémentaires utiles Histoire de l’euthanasie Abiven M., Chardot C., Fresco R. (2000), Euthanasie. Alternatives et controverses. Presses de la Renaissance. Aumonier N., Beignier B., Letellier P. (2006), L’euthanasie, PUF, Que sais-je ? n°3595. Broussouloux C., Charles E. (2012), Euthanasie. enjeu humain et social, Editions Pascal. Ferry L., Kahn A. (2010), Faut-il légaliser l’euthanasie ? Odile Jacob. Fourneret E. (2012), Choisir sa mort. Les débats de l’euthanasie, PUF. Goffi j.-Y. (2004), Penser l’euthanasie, PUF. Hintermeyer Pascal (2003), Euthanasie, la dignité en question, Buchet/Chatel. Kahn A. (2008), L’ultime liberté, Plon. Puybasset Pr Louis, Lamoureux M. (2002), Euthanasie, le débat tronqué, CalmannLévy. Raphael-Béthune M. (2015), L’euthanasie : un débat volontairement étouffé. Les points sur les i. Point de vue des religions https://www.cairn.info/revue-infokara1-2006-2-page-79.htm L’euthanasie en europe: états et juridiction https://leif.be/data/press-articles/Reformatorisch_Dagblad_-_Rechter_oordeelt_over_euthanasie_in_Italie_21-09-19.pdf  https://www.genethique.org/italie-un-deuxieme-cas-de-suicide-assiste-autorise/   https://www.genethique.org/italie-les-deputes-votent-la-depenalisation-du-suicide-assiste/  Bilsen, J., Cohen, J. & Deliens, L. (2007). La fin de vie en Europe : le point sur les pratiques médicales. Population & Sociétés, 430, 1-4. https://doi.org/10.3917/popsoc.430.0001 Euthanasia: Where it’s legal in Europe [Internet]. European Data News Hub. 2021 [cited 2022 Sep 21]. Available from: https://ednh.news/euthanasia-where-its-legal-in-europe-2/ Italy’s top court rules assisted suicide not always a crime [Internet]. euronews. 2019 [cited 2022 Sep 21]. Available from: https://www.euronews.com/2019/09/25/italy-s-constitutional-court-to-clarify-law-on-assisted-suicide Bathelémy Gaillard. Toute l’Europe, l’euthanasie dans l’Union européenne, 23/03/2021,https://www.touteleurope.eu/societe/l-euthanasie-en-europe/ De Taillac Mathieu, Bakaloglou Sarah et Lanche Jérémie. France info, radio France, Euthanasie et fin de vie : comment la Pologne, la Suisse et l’Espagne se sont saisies du débat 08/04/2022, https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-club-des-correspondants/euthanasie-et-fin-de-vie-comment-la-pologne-la-suisse-et-l-espagne-se-sont-saisi-du-debat_4346263.html Jean-Luc Godard est mort en ayant recours à l’assistance au suicide, Le Monde, 13/09/2022, https://www.lemonde.fr/culture/article/2022/09/13/mort-de-jean-luc-godard-le-cineaste-a-eu-recours-a-l-assistance-au-suicide_6141446_3246.html  Jérôme Béatrice, Sur la fin de vie, le tournant du comité d’éthique, Le Monde, 13/09/2022, https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/09/13/fin-de-vie-le-tournant-du-comite-d-ethique_6141496_3224.html  L’euthanasie active par administration d’une substance létale reste rare.(1) Bilsen, J., Cohen, J. & Deliens, L. (2007). La fin de vie en Europe : le point sur les pratiques médicales. Population & Sociétés, 430, 1-4. https://doi.org/10.3917/popsoc.430.0001 

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Rencontre avec Olivier Chastel

Rencontre avec Olivier Chastel   Le Débrief’Mag est parti à la rencontre de Olivier Chastel, eurodéputé et membre de Renew Europe.     Comment est-ce qu’on passe de pharmacien à homme politique et député européen ?   De manière assez simple. D’abord, on est intéressé par la chose publique et puis il faut ce brin de hasard, ou de chance, qui te fait rencontrer la bonne personne et ça a été mon cas. L’anecdote veut que ma mère fût pharmacienne à Charleroi et un jour en rentrant de l’université, je passe derrière le comptoir de la pharmacie et là devant quelqu’un que je n’avais jamais vu, mais qui lui demande si elle veut bien être candidate aux élections communales qui s’annoncent. Ma mère dit « non, absolument pas. Je suis sympathisante du parti libéral, mais je n’ai pas le temps de m’occuper de ça.» Et, moi, en blaguant, je dis au type qui est là devant : « Si elle veut pas, moi je veux bien ». Je continue ma route sans attendre, parce que je le faisais vraiment en blaguant. Et 3 jours après, cette personne m’a rappelé en disant : « Oui, j’étais celui qui se trouvait devant votre maman. Est-ce qu’on peut se voir pour en discuter [des élections communales] ? » Pour moi, c’était en blaguant. Mais il voulait quand même en parler. Toute cette histoire démarre de cette anecdote puisque j’ai été candidat aux élections communales de 1988. Si je suis encore candidat en 2024, c’est peut-être bien ma septième élection. Puis de là, les élections législatives, d’abord comme suppléant, puis comme effectif. Ensuite une carrière ministérielle à différents niveaux jusqu’à même président du Mouvement Réformateur, puis député européen. C’est une suite de concours de circonstances, mais évidemment un intérêt pour la chose publique.     De manière un peu plus générale, on dit souvent que la jeunesse est désintéressée de la politique et particulièrement celle européenne. Comment est-ce qu’on peut faire pour intéresser cette jeunesse à la politique en générale et européenne ?     Je pense que, très globalement, notre population s’intéresse, si on en croit les études et opinions, de moins en moins à la politique. Probablement, parce qu’ils sont déçus, qu’ils ne se sentent pas concernés ou parce qu’ils ne se reconnaissent plus dans ceux qui sont élus. J’ai la faiblesse de penser que moins on maîtrise le niveau de pouvoir, à la fois dans son institutionnel et dans son mode de décision; nos citoyens ne s’y retrouvent plus, la jeunesse en particulier. C’est donc ce qui pose problème au niveau européen. Ce niveau est plus éloigné de nos concitoyens et de nos jeunes en particulier. On peut débattre de ça car c’est tout l’inverse, tout ce qui se discute au niveau européen est retranscrit dans les lois et législations fédérales. C’est aussi le niveau de pouvoir où la complexité institutionnelle est redoutable.    Qui décide en Europe ? C’est toujours la bonne question. Parfois, il n’y a qu’un siège pour deux, on l’a vu dans des circonstances particulières et donc, plus le niveau de pouvoir est éloigné, plus le niveau institutionnel est éloigné et plus le mode de décision est compliqué. Il n’y a pas plus compliqué qu’une décision européenne, puisqu’on sait que si la commission propose un certain nombre de texte, pour que ces derniers entrent en application dans les 27 états membres, il faut que le parlement et le conseil européen tombent d’accord sur un texte de compromis tout en sachant que pour certaines matières, il faut que tous les membres soient d’accords entre eux. Il faut avouer que quand on additionne les trois paramètres, l’éloignement, l’institutionnel et le mode de décision, on ne peut qu’être éloigné de nos concitoyens et des jeunes, même si l’Europe donne beaucoup d’énergie à faire connaître les thématiques qu’elle aborde. On a eu à la suite de cette législature, avec la pandémie de Covid, une bonne occasion de montrer à nos concitoyens tout l’intérêt de l’Union Européenne, le fait d’être solidaire, d’être soudé et prendre des décisions rapides et communes. L’Europe a des atouts pour montrer qu’elle s’occupe d’un certain nombre de sujets qui touchent au plus proche de nos concitoyens et qu’elle sait être efficace. C’est vrai qu’on constate qu’elle est très forte après une crise ou pour répondre à une crise.    Pourquoi est-elle surtout efficace à l’occasion d’une crise ?    Parce que c’est à l’occasion d’une d’entre-elle que 27 chefs d’états crient au secours. Sinon, dans le fonctionnement normal de l’Union Européenne, les différents chefs et ministres d’états ont surtout comme motivation de faire en sorte que les décisions prises favorisent le pays qu’ils représentent. Ce n’est pas avec cet état d’esprit qu’on prend des décisions responsables, cohérentes, solidaires sur l’ensemble du territoire européen. Par contre, en temps de crise, quand on se rend compte que tout seul, on est pas grand chose (même pour des grands pays européens), c’est à ce moment là qu’on commence à se serrer les coudes jusqu’à prendre – et on l’a vécu dans la foulée du Covid – des décisions historiques qu’on aurait pas imaginé il y a quelques années. La manière de financer le plan de relance, c’est-à-dire faire en sorte que les 27 États membres soient solidaires dans des emprunts contractés ensembles dans l’Union Européenne. Les crises permettent à l’Union d’avancer. Ce qu’on doit faire, c’est valoriser notre capacité de solidarité ensemble sur l’Union Européenne. C’est en mettant en avant des succès, comme ceux qu’on a vécu durant la crise Covid, qu’on peut faire comprendre aux gens  que l’Union Européenne est ce qu’on fait de mieux sur notre continent.   Mais justement, vous parlez de crise et d’atouts, si on devait faire un check-up « santé », comment se porte l’Europe maintenant ? Bien, pas bien, encore des améliorations à faire ?   Ni très bien, ni très mal. Comme je viens de le dire, on a pas inventé mieux comme démocratie et efficacité européenne. Je pense que l’Europe doit évoluer pour montrer à