Catégories
Économie Enseignement Jeunesse

Éducation financière : l’investissement des jeunes à l’épreuve des inégalités

1. Un monde sous tension : quand la géopolitique fait trembler les marchés Se souviendra-t-on du Liberation Day comme du jour qui a mis fin à la mondialisation ? Le 2 avril dernier, l’administration Trump annonçait l’instauration de tarifs douaniers pour un ensemble de pays – 20 % à l’encontre de l’Union européenne. Une mesure qui semble marquer un tournant dans l’histoire du commerce international, sinon le glas du libre-échange. En réaction, la Chine a riposté en fixant des droits de douane à hauteur de 34 %. Et si Ursula von der Leyen s’est dite prête à réagir, le Premier ministre Bart De Wever a préféré évoquer « la voie du dialogue »… La porte des négociations reste donc entrouverte. Les politiques protectionnistes du chantre de l’America First ne sont pourtant pas nouvelles : les déclarations du président américain sur le conflit russo ukrainien, celles de J.D. Vance lors de la Conférence de Munich et les interventions médiatiques d’Elon Musk avaient déjà rappelé l’urgence d’un sursaut européen ainsi que la nécessité de renforcer notre autonomie stratégique sur les plans économique, industriel, militaire et politique. En attendant, les marchés encaissent le choc du Liberation Day. Aux États-Unis, le S&P 500, qui avait atteint un sommet en février, a brutalement chuté. En Belgique, le Bel 20 a connu l’une de ses pires séances depuis la crise du Covid, effaçant l’intégralité de ses gains de l’année. Ironie de l’histoire : le baromètre ING publié quelques semaines plus tôt révélait une confiance étonnamment forte des investisseurs belges envers… les États-Unis, et en particulier les secteurs de l’industrie et de la technologie. Cette foi dans la résilience du marché américain semble se heurter aujourd’hui au retour du réel et mettre à l’épreuve les nouveaux investisseurs. La quête de “l’argent facile” ou du “bon coup” est pleine de promesses. En effet, les jeunes Belges sont de plus en plus nombreux à se diriger vers des Exchange-traded funds (ETF) qui répliquent l’indice boursier américain S&P 500 ou des actifs risqués tels que la cryptomonnaie (après avoir atteint 109.000 dollars le jour d’investiture de Donald Trump, le Bitcoin est ainsi redescendu à son niveau d’avant les élections de novembre). Ce constat mérite notre attention : dans un contexte où les certitudes économiques vacillent et où les règles du commerce mondial se redessinent, la capacité à investir avec discernement devient un enjeu stratégique pour les jeunes générations. 2. De l’inégalité d’accès au savoir à l’enjeu de la liberté financière Malgré cet intérêt croissant pour la Bourse, selon la Fédération belge du secteur financier Febelfin, les principales raisons qui freinent les jeunes Belges dans leur volonté d’investir sont le manque de moyens, la peur de perdre de l’argent, et un déficit de connaissances financières. Résultat : leurs économies, quand elles existent, dorment. L’un des principes fondamentaux en investissement – celui des intérêts composés – rappelle que plus on commence tôt, plus le capital croît de manière significative avec le temps. Mais encore faut-il en comprendre les mécanismes. La définition de l’éducation financière donnée par l’OCDE insiste sur l’importance de savoir comprendre et évaluer les produits financiers, prendre des décisions éclairées, et ainsi améliorer son bien-être économique. Or, ces compétences restent souvent hors de portée pour une grande partie de la jeunesse. Les disparités de revenus et les questions d’héritage ne doivent pas faire oublier combien le manque d’accès à une éducation financière de qualité exacerbe significativement les inégalités socio-économiques. Disposer de compétences financières de base est essentiel pour gérer efficacement son budget et développer un patrimoine à long terme. Cette fracture est d’autant plus préoccupante que l’on sait – selon les études de Febelfin – qu’il existe une forte corrélation entre la connaissance financière, le  sentiment d’implication et la probabilité de rencontrer des difficultés économiques. Certains jeunes, issus de milieux favorisés, évoluent dans des contextes où l’éducation financière est transmise de manière informelle, leur offrant un accès anticipé et privilégié aux mécanismes de l’investissement. À l’inverse, celles et ceux dont les familles perçoivent encore l’argent comme un sujet tabou, ou qui ne bénéficient d’aucun accompagnement éducatif structuré, sont souvent exclus de cette dynamique. Ils deviennent alors particulièrement vulnérables aux turbulences économiques, ce qui accentue les fractures sociales existantes. Une éducation financière robuste constitue un levier essentiel pour une gestion personnelle efficace, mais également pour garantir la stabilité économique et sociale sur le long terme. Face à ce constat, des valeurs comme l’autonomie, la responsabilité individuelle et l’égalité des chances doivent être réaffirmées. Une étude menée en 2017 soulignait déjà l’importance d’intégrer ces apprentissages dans le parcours scolaire. L’école aurait donc un rôle a jouer : « Celle-ci doit créer l’espace nécessaire pour soutenir les jeunes issus de milieu sociaux défavorisés, qui ont tendance à être moins confronté à la socialisation financière à la maison. L’éducation financière à l’école permet d’atteindre tous le jeunes, en développant leurs compétences financières dans un contexte changeant marqué par le vieillissement de la population et la complexité croissante de l’environnement financier. » Investir dans l’éducation financière des jeunes apparaît comme la réponse la plus durable à l’instabilité ambiante. Car ne pas comprendre les règles du jeu, c’est s’en exclure d’office. La liberté financière ne s’improvise pas : elle s’apprend. Références Febelfin, « L’éducation financière des jeunes à améliorer », 2023. OCDE, « Principes de base de l’éducation financière », consulté en 2024. Van Campenhout, G. et al., « L’éducation financière à l’école : une stratégie pour réduire lesinégalités économiques », 2017. Baromètre ING des investisseurs, Février 2025. L’Echo, « Les Belges investissent de plus en plus jeunes et prennent plus de risques », 23août 2024. L’Echo, « Pire séance depuis la crise du covid pour le Bel 20 », avril 2025. L’Echo, « Droits de douane : Trump fait vaciller les marchés », avril 2025 Marin Buyse Rédacteur

Catégories
Actualités Politique

La polarisation excessive du débat public : que penser ?

La politique s’immisce aujourd’hui dans tous les aspects de notre société. Santé, éducation, culture, sécurité : chaque sujet est devenu un terrain propice à un affrontement entre partis. Et là où certaines thématiques auraient pu — et devraient — faire consensus, elles sont désormais instrumentalisées à des fins électorales, alimentant de fait une polarisation grandissante dans le débat public. Dans cet article, je vais d’abord revenir sur ce qu’est la polarisation, et sur la manière dont elle s’imbrique en politique. Ensuite, j’aborderais un exemple concret qui, à mon sens, illustre assez bien ce phénomène. Et enfin, j’essaierais de poser les briques fondatrices d’une réflexion autour de la question de la polarisation dans notre société, et sur la manière dont elle risque d’évoluer. La polarisation en politique : une mécanique bien rodée D’un extrême politique à l’autre, d’un pôle géographique à un autre, la polarisation semble avoir toujours existé. Faire apparaître deux pôles au sein d’une structure, comme l’une des définitions de la polarisation proposée par le Larousse le suggère, est en effet un processus qui facilite la clarté et une meilleure compréhension de manière générale. En politique, on peut dater l’apparition de cette polarisation à la Révolution française de 1789, lorsque les députés de l’Assemblée nationale étaient répartis selon leur affinité politique : à droite, les partisans de l’Ancien Régime et de la monarchie ; à gauche, les révolutionnaires favorables à la République. Quant aux extrêmes, ils apparaissent au XIXᵉ siècle avec, d’un côté, les mouvements royalistes ultraconservateurs et, de l’autre, l’émergence des premiers mouvements communistes. Cependant, malgré ces différences idéologiques profondes, la gauche et la droite ont su se rallier à des causes communes, telles que la défense de l’unité nationale en temps de guerre ou la promotion des valeurs démocratiques et universelles consacrées par la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Une perte de valeurs communes : retour sur un cas récent Ces valeurs communes et universelles, contenant notamment les libertés fondamentales ainsi que de nombreux droits humains, ne sont que très rarement contestés dans nos démocraties contemporaines — à l’exception des partis extrêmes, qui tiennent d’ailleurs cette appellation moderne de cette contestation de valeurs. Seulement, le 8 mars dernier, à l’occasion de la Journée internationale des Droits des Femmes, les membres du parti libéral ont été violemment exclus de la manifestation pour la défense des droits des femmes à laquelle ils participaient. Pire encore, la présidente du Conseil des Femmes Francophones de Belgique, Sophie Rohonyi, a tenu les mots suivants : « (…) je peux comprendre que la venue du MR avec de telles pancartes qui disent l’inverse de ce qu’ils ont fait, de ce qu’ils ont fait entrer dans l’accord du gouvernement, a été vécu comme une provocation ». Au-delà de la remise en question troublante de la légitimité du MR à défendre les droits des femmes par Sophie Rohonyi (cf. article https://debrief.be/pourquoi-les-liberaux-sont-legitimes-dans-la-defense-des-droits-des-femmes/), ces propos posent une question plus large sur l’un des droits fondamentaux de nos démocraties : le droit à manifester. Lorsque la présidente du CFFB, un organe pluraliste, dit « comprendre que la venue du MR (…) ait été vécu comme une provocation », cela suggère que certains partis seraient plus légitimes à manifester que d’autres. Cela revient à dire que certaines causes — pourtant universelles — n’appartiendraient plus qu’à un seul camp politique. Et c’est dangereux. Réflexion autour d’une polarisation excessive, provoquée et dangereuse La polarisation en politique est naturelle. Qu’elle soit souhaitable ou non dépend des convictions de chacun. Le fait est qu’elle existe et qu’il faut composer avec. Toutefois, lorsqu’elle devient artificielle, volontairement attisée et conçue pour façonner le paysage politique selon des intérêts électoraux, elle devient une menace pour la démocratie. Nous n’assistons plus à un débat d’idées basé sur un clivage politique gauche-droite, mais bien à une confrontation systématique entre les partis au pouvoir et ceux qui leur sont opposés. Cela pourrait sembler naturel, mais lorsqu’il s’agit de formations partageant une même base idéologique, l’opposition devient parfois factice et opportuniste. Il n’est pas exclu que certains partis renoncent à leurs valeurs fondatrices uniquement pour marquer leur opposition. Il n’est pas exclu que certains aillent jusqu’à remettre en question des principes universels simplement pour exister politiquement. Il n’est pas exclu, enfin, que ces incohérences soient masquées par un discours émotionnel destiné à capter l’attention des électeurs. Loin d’être un simple affrontement idéologique, la polarisation politique actuelle semble devenir un outil stratégique, où le désir de différenciation l’emporte sur la cohérence et l’intérêt général. Si la polarisation peut être utile pour structurer le débat public, elle devient dangereuse lorsqu’elle conduit à l’exclusion de certaines voix et à la fragmentation excessive de la société. Peut-on encore espérer un retour à un débat politique fondé sur des idées plutôt que sur une opposition artificielle ? La question reste ouverte, mais il est essentiel d’en prendre conscience pour ne pas sombrer dans un clivage stérile où l’idéologie prime sur la raison. Denis Sova Rédacteur

Catégories
Actualités Politique Santé Société

Quand la sécurité devient un privilège : pourquoi les dispositifs d’urgence échouent face à la diversité des besoins ?

Que faire lorsqu’on est confronté à une situation d’urgence — une crise médicale, une agression, un incendie — sans pouvoir appeler les secours ? C’est une réalité pour de nombreuses personnes sourdes, malentendantes ou ayant des troubles de locution. Pour répondre à ce besoin, le 112 a mis en place une application dotée d’un chat, censé permettre de contacter les services d’urgence par message écrit. Ce dispositif, pensé comme une solution d’égalité d’accès à la sécurité, devait offrir une alternative aux appels téléphoniques classiques. Au moment critique, le chat a échoué. Cette défaillance technique peut entraîner des conséquences graves, laissant la personne porteuse d’un handicap sensoriel ou verbal sans assistance. Dès que le problème a été médiatisé, la députée Julie Tatton a interpellé le gouvernement en commission parlementaire. Peu après, le ministre Bernard Quintin a annoncé qu’une « attention particulière » serait portée à la résolution de ce problème : « Nous renforçons les possibilités d’interaction non verbale lors des appels d’urgence, notamment pour les personnes malentendantes (sourdes et ayant des troubles de communication), et nous menons des actions pour le faire connaître au public. » Cette déclaration constitue une reconnaissance politique du problème. Mais elle met également en lumière une faille institutionnelle : pourquoi une défaillance dans un service destiné à une population vulnérable n’a-t-elle été détectée qu’après une médiatisation publique ? Ce n’est pas seulement une question de gestion technique : c’est le signe d’un modèle institutionnel centré sur une norme dominante, où l’accès à la sécurité reste conditionné à la capacité de fonctionner dans le cadre de cette norme. Une réponse politique ponctuelle, mais une défaillance systémique La mise en place du chat du 112 répondait à une volonté politique légitime : rendre les services d’urgence accessibles aux personnes qui ne peuvent pas utiliser la voie téléphonique classique. Cependant, le fait que le dispositif ait été opérationnel sans véritable contrôle ni test approfondi révèle une faille dans la gestion des services publics. L’accessibilité est trop souvent pensée comme une correction secondaire, et non comme une composante essentielle du dispositif de sécurité. Les services d’urgence sont conçus prioritairement pour les usagers « standardisés », capables de s’exprimer verbalement, laissant les autres à une prise en charge de second ordre. Le sociologue Robert Castel a théorisé ce modèle d’exclusion implicite dans son analyse des sociétés modernes : « La protection sociale repose sur un modèle d’intégration où la reconnaissance des droits est fondée sur la conformité à un modèle dominant de citoyenneté. Toute déviation par rapport à ce modèle crée une situation de vulnérabilité structurelle. » Autrement dit, l’accès aux services publics reste conditionné à la capacité de se conformer à une norme d’interaction sociale. Ce n’est pas une exclusion explicite, mais une incapacité systémique à concevoir la sécurité comme un droit fondamental garanti à toutes et tous. Une nouvelle initiative, un ancien schéma d’exclusion Le 8 mars dernier, lors de la Journée Internationale des Droits des femmes, le ministre Yves Coppieters a annoncé une série de mesures pour renforcer la lutte contre les violences conjugales. En visite au Pôle de Ressources Spécialisées en Violences Conjugales et Intrafamiliales à Liège, il a présenté deux axes stratégiques : L’augmentation des moyens alloués au Pôle DIViCo (Dispositif de Lutte contre les Violences dans le Couple) ; La création d’un numéro d’appel unique à trois chiffres pour simplifier et centraliser la prise en charge des victimes. C’est là que réside le cœur du problème systémique : cette nouvelle initiative est pensée pour répondre aux besoins de la majorité — des victimes capables de passer un appel vocal en cas d’urgence. Les victimes sourdes, malentendantes, ou ayant un trouble de locution, pourtant exposées à un risque accru de violences intrafamiliales, risquent d’être laissées de côté dans la conception du dispositif. L’idée d’un numéro d’appel unique à trois chiffres repose sur un principe d’accès facilité : une solution simple à mémoriser, rapide à composer, et censée garantir une réponse immédiate en cas d’urgence. Mais une telle initiative, bien qu’efficace pour la majorité, soulève une question fondamentale : Faciliter l’accès le rend-il réellement accessible à toutes et tous ? les femmes porteuses d’un handicap sensoriel ou verbal, incapables d’utiliser un appel vocal classique, seront-elles prises en compte dans la mise en œuvre de cette initiative ? Ce paradoxe, entre une volonté d’accessibilité et une exclusion persistante, est d’autant plus problématique que ces femmes sont justement plus exposées au risque de violences. Les femmes en situation de handicap sont deux fois plus menacées par les violences domestiques que les autres femmes. En France, une étude de la DREES, publiée en juillet 2020, a révélé que 9 % des femmes handicapées ont été victimes de violences physiques et/ou sexuelles, contre 5,8 % des femmes sans handicap. Cette vulnérabilité accrue découle directement d’une structure institutionnelle centré sur une norme fonctionnelle standardisée, ignorant leurs besoins spécifiques en matière de sécurité et d’efficacité dans la prise en charge. Cette tendance à négliger la diversité des profils des victimes se reflète également dans le fonctionnement concret des dispositifs de protection : Données clés sur les violences conjugales (2023) 82 interventions du dispositif DIViCo en un an 13 067 appels à la ligne d’écoute spécialisée (soit une moyenne de 36 appels/jour) 22 % des appels effectués par des proches ou des professionnels 2 % des appels émanant des auteurs de violences Mais combien de ces appels concernent des victimes en situation de handicap ? L’absence de ces données reflète la lacune institutionnelle dans la prise en compte des besoins spécifiques. Si ces dispositifs échouent pour les victimes en situation de handicap, c’est précisément parce que le système est calibré pour répondre uniquement au standard majoritaire. Un modèle d’exclusion ancré dans l’organisation du système. Cette logique d’exclusion systémique n’est pas une simple faille technique : elle est le produit d’une organisation institutionnelle qui laisse systématiquement en marge les besoins des minorités vulnérables. On observe une dynamique similaire dans l’accès à la santé : selon une étude du Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE), les personnes en situation de

Catégories
Actualités Politique

POURQUOI LES LIBÉRAUX SONT LÉGITIMES DANS LA DÉFENSE DES DROITS DES FEMMES ?

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, les libéraux ont réaffirmé leur engagement en faveur de cette cause qui leur est chère. Malheureusement, cet événement a aussi été l’occasion pour certains opposants hostiles aux idées libérales de remettre en question, voire de nier, leur légitimité dans ce combat. Au-delà des incidents survenus lors de la manifestation du 8 mars, cette tentative de délégitimation s’inscrit dans une tendance portée par la gauche radicale, visant à exclure du débat toute personne n’adhérant pas à sa vision de la société. Cette stratégie politique, qui cherche à diaboliser les libéraux pour les marginaliser au sein du mouvement féministe, est d’autant plus absurde lorsqu’on connaît les fondements du libéralisme et l’histoire même du féminisme. Cet article vise donc à démontrer la légitimité des libéraux dans le combat féministe. Toutefois, en raison de son format, il ne prétend pas être exhaustif et se concentre uniquement sur le féminisme libéral. Les femmes libérales ont joué et jouent encore un rôle clé dans la défense des droits des femmes à travers le féminisme libéral. Ce courant repose sur l’un des principes fondamentaux du libéralisme : l’égalité. Il vise l’élargissement total des droits et des libertés sociales, économiques et politiques des femmes, leur garantissant ainsi une égalité de traitement et d’opportunités avec les hommes. Pour les féministes libérales, les progrès des femmes sont entravés par la persistance de préjugés les cantonnant à une position d’infériorité. Elles dénoncent donc les discriminations et défendent la liberté individuelle, en militant pour des réformes qui permettent aux femmes de s’épanouir pleinement. Contrairement aux courants féministes radicaux ou révolutionnaires, qui prônent un renversement du système, le féminisme libéral adopte une approche réformiste, misant sur les outils démocratiques et législatifs pour faire évoluer la société et les mentalités de chacun. Ce courant de pensée apparaît aux 17 et 18ème siècles dans un contexte de bouleversements sociaux et politiques marqués par les révolutions française et américaine durant lesquelles des féministes libérales vont s’exprimer pour obtenir des droits politiques et juridiques égaux à ceux des hommes.  Parmi ses figures pionnières, on peut citer : En France, Olympe de Gouges, qui publie, en 1791, la «Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne», revendiquant l’égalité des droits civils et politiques, ainsi que le droit à la liberté, à la propriété, à la sécurité, au divorce et l’abolition de l’esclavage. En Angleterre, Mary Wollstonecraft et son ouvrage « A Vindication of the Rights of Woman », paru en 1792, qui critique l’infériorisation des femmes et plaide pour leur éducation afin qu’elles puissent devenir autonomes et citoyennes éclairées. Plus tard, John Stuart Mill, dans « The Subjection of Women», publié en 1869, défend l’égalité des sexes et milite pour le suffrage féminin.  Aux États-Unis, Elizabeth Cady Stanton et Lucretia Mott qui rédigent la « Déclaration de sentiments», en 1848, inspirée de la Déclaration d’indépendance, pour revendiquer les droits des femmes, notamment le droit de vote. Les féministes libérales remportent leur première grande victoire entre la fin du 19ème et le début du 20ème siècle avec l’obtention du droit de vote pour les femmes : Nouvelle-Zélande (1893) Royaume-Uni (1918 pour certaines, 1928 pour toutes) États-Unis (1920) France (1944) Belgique (1948) Dans la seconde moitié du XXe siècle, les féministes libérales obtiennent des victoires majeures,  notamment l’inscription de l’égalité salariale dans la loi et la dépénalisation de l’avortement dans plusieurs pays occidentaux. Aux États-Unis, le Civil Rights Act de 1964 interdit la discrimination fondée sur le sexe dans l’emploi, tandis qu’en France, la loi sur l’IVG défendue par la ministre libérale Simone Veil est promulguée en 1975. À ces avancées s’ajoutent d’autres conquêtes essentielles, telles que l’accès élargi à l’éducation supérieure, l’égalité des droits dans le mariage, le droit au divorce, ainsi que la légalisation et la généralisation de la contraception, qui ont renforcé l’autonomie des femmes dans toutes les sphères de la société. Ces avancées ont été rendues possibles par la conceptualisation et la diffusion du terme sexisme par les féministes libérales. Ce concept a permis de dénoncer la réduction des femmes à des objets sexualisés, notamment dans la publicité, l’espace public et le monde du travail, restreignant ainsi leur liberté de s’habiller, d’agir et de circuler librement. Il a également contribué à combattre les discriminations, les préjugés et les pratiques maintenant les femmes dans un rôle subordonné. Une figure emblématique de cette deuxième vague du féminisme libéral est Betty Friedan, journaliste et militante américaine. En 1963, elle publie « The Feminine Mystique », un ouvrage dans lequel elle critique l’idéologie américaine de la féminité, qui enferme les femmes dans les rôles d’épouse et de mère. Défendant une approche libérale du féminisme, elle plaide pour l’émancipation des femmes par l’accès à l’éducation, au travail et à l’indépendance économique. À l’heure actuelle, les féministes libérales continuent de s’engager dans des combats essentiels, tels que la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, ainsi que la promotion d’une meilleure représentation des femmes dans toutes les sphères de la société. En conclusion, vouloir exclure les libéraux de la défense des droits des femmes est un non-sens total au regard des avancées significatives obtenues grâce au féminisme libéral tout au long de l’histoire.  C’est en réalité cette méthode réformiste qui, bien que parfois lente, garantit une évolution durable des mentalités et une meilleure adhésion de la population aux lois protégeant les droits et libertés des femmes. Pour finir cet article, il convient de laisser carte blanche à une femme libérale : la députée-bourgmestre Florence Reuter afin qu’elle nous partage sa vision et son vécu : “Journaliste de formation, le respect des libertés fondamentales et la liberté de vote sur les matières éthiques ont été déterminants dans mon engagement politique. C’est pour cette raison que le choix du MR s’est imposé. L’égalité entre les hommes et les femmes est un droit fondamental qu’en tant que femme libérale, je défends au quotidien ! Le féminisme n’est pas le combat d’un noyau d’activistes mais de tous les démocrates, hommes et femmes. C’est

Catégories
Actualités

Le Salon SIEP : Un Rendez-vous Incontournable pour l’Orientation Éducative

Du 12 avril au 13 avril, la ville de Mons accueillera le Salon SIEP – Service d’Information sur les Études et les Professions – qui est une asbl reconnue comme Organisation de Jeunesse et par la FWB et soutenue par la Région wallonne et bruxelloise. C’est un événement majeur dédié à l’orientation éducative. Depuis sa création, le Salon SIEP s’est imposé comme une plateforme incontournable pour les jeunes et leurs familles afin de les accompagner dans leurs choix d’orientation professionnelle et académique. Depuis combien de temps existe-t-il ? Le Salon SIEP a été crée en 1973 et est un rendez-vous annuel depuis. Depuis sa première édition, il n’a cessé de croître en popularité et en pertinence, attirant des milliers de visiteurs à chaque édition. Où se situe-t-il ? Le salon se déplace dans l’ensemble de la Wallonie : Bruxelles – Charleroi – Libramont – Liège – Mons – Mouscron – Namur et Wavre. Vous pouvez également retrouver leur unique point d’information dans le quartier des Marolles, à Bruxelles Quel est l’objectif principal du Salon SIEP ? Son but est d’informer, d’orienter et de conseiller les jeunes dans leurs choix d’études et de carrière. Que ce soit pour découvrir les différentes filières académiques, les métiers émergents, ou encore pour obtenir des conseils pratiques sur les démarches administratives, le Salon SIEP offre une multitude de ressources et d’opportunités pour les visiteurs. En somme, le Salon SIEP représente une opportunité unique pour les jeunes de s’informer, de réfléchir à leur avenir et de trouver les ressources nécessaires pour concrétiser leurs projets professionnels. Aujourd’hui, il est également essentiel de valoriser les métiers en pénurie  auprès des jeunes en Belgique afin d’assurer la vitalité économique du pays, offrir des perspectives d’avenir aux jeunes générations et répondre aux besoins du marché du travail. Cela représente un investissement dans l’avenir de la société dans son ensemble. Emma Lenaerts

Catégories
Actualités Culture Enseignement

8 mars : interview avec la députée Latifa Aït Baala

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ? Votre parcours scolaire et professionnel ? Je suis une femme d’origine marocaine, arrivée en Belgique en tant qu’expatriée française. Au fil du temps, je me suis pleinement investie dans la société belge et j’ai embrassé activement la politique, en rejoignant le parti MR (Mouvement Réformateur). Il y a 20 ans, j’ai été candidate aux élections européennes, marquant ainsi le début de mon engagement politique. Mon parcours académique m’a conduit à étudier en France et en Suisse, où je me suis spécialisée en droit européen et en études de genre. Professionnellement, j’ai eu l’opportunité de travailler aux Nations unies, où j’ai été confrontée à la diplomatie internationale et aux enjeux des droits humains à l’échelle mondiale. Mon passage au Parlement européen a renforcé mon désir de m’impliquer d’avantage dans la politique, en particulier pour répondre aux fractures sociales et territoriales que j’ai observé à Bruxelles. Au sein du MR, j’ai occupé divers postes, notamment celui de vice-présidente des femmes et j’ai contribué à des initiatives visant à promouvoir l’éducation permanente, en particulier pour les femmes lors de ma présidence au sein de l’ILFAC (Institut Libéral de Formation et d’Animation Culturelles). Actuellement, je suis députée bruxelloise, continuant ainsi mon engagement politique et mon désir de faire progresser les valeurs qui me sont chères, telles que la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité. Pourriez-vous nous en dire plus sur votre parcours au sein du Parlement bruxellois, et sur cette mandature qui se termine le 9 juin et de vos objectifs pour la prochaine ? Alors je crois qu’il n’aura échappé à personne qu’en fait cette législature a été marquée d’abord par une crise sanitaire, ensuite par une crise énergétique. Et donc quelque part notre mandature s’est imposée au fond à notre agenda politique, au moins ces deux volets- là. Ces événements ont mis en lumière les défis auxquels notre région est confrontée, et à la nécessité de répondre rapidement et efficacement. Malheureusement, en tant parti de l’opposition, nos propositions ont été systématiquement rejetées par la majorité. Cependant, je suis fière de travailler au sein d’un groupe politique paritaire, où huit députées femmes et huit députés hommes collaborent activement. Cette parité reflète notre engagement en faveur de l’égalité des sexes et de la représentation équilibrée au sein de nos institutions. Mon engagement s’est concentré sur plusieurs domaines clés, notamment les finances publiques, l’emploi, la formation et l’entrepreneuriat des femmes. Sur le plan financier, j’ai soulevé des préoccupations concernant la dette croissante de notre région, soulignant la nécessité d’une analyse approfondie de la situation budgétaire et d’une meilleure prise en considération de l’impact des politiques publiques sur le genre. En ce qui concerne l’emploi et la formation, j’ai plaidé en faveur d’une plus grande valorisation de l’apprentissage en alternance, soulignant son importance pour l’émancipation économique des individus. De plus, j’ai déposé des propositions visant à promouvoir l’entrepreneuriat féminin et à faciliter l’accès des femmes aux financements et aux ressources nécessaires pour démarrer leur propre entreprise. En matière de logement, j’ai souligné l’urgence d’agir face à la crise du logement qui touche de nombreuses familles bruxelloises. J’ai plaidé en faveur de mesures telles que l’allocation loyer, qui permet aux ménages les plus vulnérables de bénéficier d’une aide financière pour alléger le poids de leur loyer. Enfin, j’ai insisté sur la nécessité d’une action plus proactive en matière de sécurité et de lutte contre la drogue. J’ai souligné l’importance de coordonner les efforts entre les autorités régionales et fédérales pour répondre efficacement à ces défis, tout en appelant à une prise de conscience plus grande de la part de mes collègues politiques sur ces questions cruciales. En tant que femme et surtout en tant que femme en politique, quel est votre réalité sur le terrain ? Est-ce difficile au quotidien de se faire entendre ? Je pense que la réalité sur le terrain montre clairement que malgré les avancées vers l’égalité revendiquée par la société, les femmes, notamment en politique, rencontrent encore de nombreux défis. En tant que femme politique, il est souvent difficile de se faire entendre, surtout si l’on affiche un caractère affirmé. Bien que notre parti ait eu une première ministre, les combats pour les droits des femmes restent largement portés par des femmes, ce qui souligne le besoin continu de voix féminines dans les sphères politiques. Personnellement, j’ai dû forger une carapace pour affronter les obstacles, que ce soit sur le terrain ou au sein du Parlement. Malgré les progrès apparents, certaines attitudes et conceptions dépassées persistent, ce qui peut rendre notre travail difficile voire mettre en danger notre sécurité. Il est indéniable que les femmes politiques soient souvent confrontées à des menaces et des discriminations spécifiques, qui reflètent une vision de la femme comme un être inférieur et vulnérable. Cette perception, associée à des rapports de genre inégalitaires, crée un environnement où les femmes doivent souvent travailler deux fois plus dur pour obtenir la même reconnaissance que leurs homologues masculins. Pour surmonter ces défis, il est crucial de sensibiliser et d’éduquer à l’égalité des genres à tous les niveaux de la société. L’élimination des stéréotypes de genre dès le plus jeune âge est essentielle pour construire un avenir où les femmes sont pleinement valorisées et représentées dans tous les domaines de la vie publique et politique. Avez-vous des enfants ? Des filles ? Si oui, quels conseils leur donnez-vous et quels conseils donneriez-vous à toutes les jeunes filles qui grandiront pour devenir des femmes de demain ? Je suis maman d’une fille, aujourd’hui kinésithérapeute. Je crois fermement en l’importance de l’éducation et de la formation, un principe que j’ai transmis à ma fille. Ma propre mère m’a toujours enseigné que l’indépendance financière est cruciale pour les femmes, même celles qui choisissent de rester à la maison. Je suis heureuse d’avoir pu expérimenter cette indépendance dans ma propre vie. Je suis convaincue que l’autonomie financière est un élément-clé de la liberté individuelle. C’est cette conviction qui nous différencie, je pense, de certaines idéologies politiques.

Catégories
Actualités Culture Enseignement

Blocus, focus !

D’ici à quelques jours, les étudiants francophones seront en blocus. Ce « blocus » ou les vacances de Noël (Des vacances vraiment ??), est une période qui permet de se préparer au mieux aux examens à venir. Remettre ses notes à jour, réviser, bref une période où ça ne rigole pas. Mais sais-tu que pour optimiser tes chances de réussite, faudra adopter certains conseils clés ? Les connais-tu ? Non ? Bonne nouvelle, nous allons les découvrir ensemble😊 #1 Hypnos, le dieu du sommeil sera votre allié Le sommeil est très important. Pour le bon fonctionnement de notre corps, nous devons dormir au moins 7 à 9 heures. Maintenant, moment de sincérité… Combien de temps consacres-tu au sommeil pendant l’année académique (sans les périodes d’exams) ? Et pendant les périodes d’examens ? #2 L’organisation : ne pas s’y prendre à la dernière minute ! Pourquoi stresser inutilement ? L’organisation est une des clés de la réussite. Pour qu’une matière soit assimilée par le cerveau, il est nécessaire de la répéter 2 à 3 fois. Donc pourquoi reporter cela ? Sur internet, tu trouveras divers modèles de planning qui te permettront d’organiser au mieux ton étude. #3 Avoir un espace de travail rangé et propre Qui n’aime pas travailler dans un espace qui est bien rangé et propre ?  Pendant le grand nettoyage de printemps profite pour ranger ta chambre ou l’endroit dans lequel tu prévois de travailler pour tes examens. Avoir un espace rangé te permettra d’avoir une meilleure concentration ! Et pendant l’étude, n’hésite pas à éloigner tes appareils électroniques ! #4 Faut manger quoi pendant le blocus et la session d’examens ? L’alimentation est très importante pour ton bien-être, ton humeur et ta fonction cérébrale. Que faire pour maximiser l’efficacité de ton apprentissage ? Étape 1 : Une bonne hydratation L’hydratation du corps est importante non seulement pendant l’effort physique, mais aussi mental. La bonne quantité de liquides affecte notre efficacité, car même une légère déshydratation provoque une léthargie, des difficultés de concentration… Il est préférable de boire de l’eau minérale et d’éviter les boissons gazeuses ! Après ces périodes, c’est à vous de voir 😉 Étape 2 : Régime qui stimule le cerveau Lors du choix des produits alimentaires, nous devons nous concentrer sur ceux qui contiennent des protéines saines, c’est-à-dire les poissons gras, les produits laitiers et la viande maigre. Grâce aux protéines, notre cerveau absorbe mieux et plus rapidement les connaissances – nous devenons donc plus efficaces. Lors de la session, il faudra éliminer les aliments lourds, gras et rapides de notre alimentation. Ils donnent une sensation de satiété pendant une courte période et notre corps doit travailler dur pendant une longue période, n’est-ce pas ? De plus, ils nous rendent somnolents et nous empêchent de nous concentrer. Donc à bannir  pendant cette période ! Il me reste juste à te souhaiter un bon blocus et une bonne session d’examens ! Wojslawowicz Wiktoria

Catégories
Actualités papier

Débrief’ mag | n°03

Chères lectrices et chers lecteurs, Nous avons le plaisir de vous retrouver pour la troisième parution de notre Débrief’Mag. C’est pour moi un sacré challenge de prendre la relève du Débrief et d’attaquer, sans plus attendre, cette nouvelle édition. Je suis très heureuse de réaliser ce travail entourée d’une équipe de jeunes motivés, dynamiques et engagés. Nous avons, encore une fois, voulu pointer du doigt un sujet tabou sur lequel nous sommes très peu sensibilisés. Avez-vous déjà entendu parler de la prostitution estudiantine? Ce fléau de société qui touche les jeunes, mais qui involontairement, nous touche tous. Certains parleront de crise économique, d’autres d’égo mais la réalité en est assez loin. Pour la réalisation de ce travail, nous avons commencé par créer un sondage partagé dans plusieurs universités francophones belges. Celui-ci nous a rapporté plus de 200 réponses que nous avons méticuleusement analysées. Nous avons rencontré un inspecteur de police spécialisé dans la prostitution estudiantine, une ASBL qui vient en aide, accueille et soutient les TDS (travailleuses et travailleurs du sexe), une écrivaine ayant rédigé sur le phénomène nouveau qu’est le ‘sugar dating ’ et nous nous sommes également inspirés de diverses sources récentes parlant de cette prostitution. Dans chaque Débrief’Mag, nous aimons parler d’un sujet principal qui a pour but d’informer et de sensibiliser nos lecteurs en leur donnant peut-être une perspective différente sur ce sujet. En complément de notre dossier, nous voulions inclure un petit article sensibilisant sur la problématique du harcèlement. Nous sommes également partis à la rencontre d’un jeune entrepreneur. Inspirant !Et comme dans tout bon journal, une partie plus fun avec ‘les bonnes adresses du moment à Charleroi’, des conseils pour bien préparer sa rentrée dans l’enseignement supérieur et des jeux de fin de pages. L’équipe vous souhaite une agréable lecture, et au plaisir d’en discuter ultérieurement. Emma LenaertsRédactrice en chef

Catégories
Culture Jeunesse Uncategorized

De la virtualité à la réalité : comment l’éloquence devient un outil essentiel dans notre monde connecté

ON CONTEXTUALISE… Nous sommes en 2023 et les réseaux sociaux ont pris une place importante dans notre vie. Qu’il s’agisse de Facebook, Instagram, TikTok ou encore LinkedIn, nous avons tous une raison d’utiliser ces applications. Toujours est-il qu’une question mérite d’être posée : qu’en est-il du réel ? Pour des jeunes de notre génération, il n’est pas difficile d’avoir une communication correcte et d’élargir notre sphère d’influence pour celles et ceux le souhaitant… mais disposons-nous encore des outils pour prendre la parole aisément et exprimer nos idées de manière percutante ?À mon humble avis, dans le système éducatif, les efforts faits sont largement insuffisants et beaucoup d’étudiants sortent de « rhéto » (cette dernière année du secondaire dont le nom fait référence au fait de bien s’exprimer) dépourvus de cette capacité à exprimer leurs idées correctement. Paradoxalement, nous sommes dans une période où la voix des jeunes à plus d’importance qu’avant, et nous l’avons surtout vu ces dernières années. En effet, la pandémie, le confinement ont grandement conscientisé la société sur l’importance de la jeunesse. C’est donc important que nous puissions disposer des outils pour avoir un impact dans ce que nous voulons en ce qui concerne nos projets personnels, professionnels, et j’en passe.Cette volonté de faire parler davantage et mieux notre jeunesse, c’est la raison pour laquelle j’ai rejoint Felobel, la Fédération d’Éloquence Belge… FELOBEL Felobel, c’est une organisation qui réunit des jeunes de tout âge et de divers horizons autour de la passion de l’éloquence. Nous sommes apartisans politiquement, et cela nous permet encore davantage de placer la diversité comme moteur de notre évolution ! En effet, nous prenons beaucoup de plaisir et tirons beaucoup d’apprentissages à explorer ce qui rend chaque personne unique mais nous explorons aussi de nombreux styles liés à la prise de parole… parce que oui, l’éloquence, ce n’est pas juste ces grands orateurs en costume qui parlent avec des mots complexes de sujets philosophiques ou techniques ! L’éloquence ça peut être effectivement de la plaidoirie, mais aussi du slam, du rap, de la négociation, de l’interprétation, de la poésie, du théâtre, des discours de motivation, des débats parlementaires, des pitch’s entrepreneuriaux, des présentations en classe, et j’en passe !À terme, notre fédération souhaite enraciner l’éloquence au sein de la culture belge, à l’instar de nos voisins français qui ont une culture de l’éloquence plus importante que nous, comme nous avons pu le remarquer lorsque nous sommes partis en délégation à Bordeaux, à la rencontre d’un cercle d’éloquence local, l’année passée.Ceci dit, nous ne cherchons pas la « concurrence », mais nous souhaitons réunir ! Qu’il s’agisse du niveau national en réunissant et en soutenant les organismes d’éloquences locaux, régionaux et nationaux mais aussi au niveau international en établissant des liens d’amitié avec d’autres fédérations à l’étranger et en nous inspirant de ce qu’ils font, en mettant en avant le partage et que tout le monde puisse s’enrichir en expérience. Nous agissons suivant une structure à projets. C’est-à-dire que nous avons de nombreux concepts liés à la prise de parole : EloCoaching (coaching d’organisations externes), FeloTrainings (formations internes), EloJury (venir comme jury lors d’un évènement), etc. Parmi ces concepts, nous avons la possibilité de nous impliquer dans ce que nous voulons. Chaque aspect nécessite une communication, une mise en relation avec des acteurs propres ou extérieurs au milieu de l’éloquence, des manières de procéder, etc.Me concernant, j’ai suivi des formations internes pour acquérir les outils nécessaires au coaching en prise de parole, mais quand je le peux, je me forme en tant que coach lors d’ateliers de coaching pour à terme obtenir une certification de coach en éloquence.En plus de toute cette implication, nous passons aussi beaucoup de temps entre nous pour nous former, renforcer nos liens, etc. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous nous sommes rendus en Toscane, au mois d’avril. Cette « EloDelegation » était un teambuilding de quelques jours où nous avons appris à mieux nous connaitre, à nous amuser, à améliorer nos skills, etc.Nous avons logé dans une villa à proximité de Lucca, une charmante ville toscane que nous avons eu l’occasion de visiter et où nous avons pu pratiquer un peu d’éloquence sur la place publique. Au logement, nous avons eu l’occasion de faire plusieurs ateliers d’éloquence également, de danser et chanter ensemble mais aussi de visiter le village et piqueniquer sur une hauteur où nous avons pu voir un magnifique panorama des environs. Personnellement je me suis super bien amusé, j’ai adoré la visite de Lucca et cette matinée d’ateliers sur la place. Ça nous a appris un peu à sortir de notre zone de confort, les Italiens étaient d’ailleurs très curieux et s’arrêtaient pour nous regarder, nous applaudir, ce fut une chouette expérience dont je me souviendrai ! Nous devions d’ailleurs visiter Florence, mais ironie du sort pour des Belges, nous avons subi une grève des trains sur place ! Cependant, ça nous a permis de voir aussi à quel point nous pouvions aussi improviser quand le plan ne se déroule pas comme prévu et nous amuser malgré tout !Au point de vue culinaire, nous avons évidemment raffolé de moultes pâtes et pizzas !En tout cas, une chose est sûre, je ne compte pas quitter de sitôt Felobel et pour ceux qui souhaitent partager avec nous des moments de formation et de cohésion, nous vous accueillons les bras ouverts ! Nous vous invitons à nous suivre sur les réseaux pour vous tenir informés des prochains évènements mais également des prochaines phases de recrutement ! Simon Liegeois

Catégories
Actualités Enseignement

L’obligation scolaire

Le droit à l’éducation est un droit fondamental inscrit dans la Constitution belge mais aussi dans différents textes internationaux. Mais quelles sont les règles belges de l’obligation scolaire à respecter ? 🙋Qu’en est-il de l’obligation scolaire en Belgique ? L’obligation scolaire concerne tous les enfants qui sont domiciliés ou qui résident sur le territoire belge. Ils doivent commencer à aller à l’école lors de l’année scolaire qui prend cours dans l’année durant laquelle les enfants ont 5 ans. Par exemple, le cas de l’enfant qui a 5 ans le 30 novembre, sera soumis à l’obligation scolaire dès septembre alors qu’il n’a encore que 4 ans. Ou le cas de l’enfant qui a 5 ans le 30 janvier, il sera dès lors soumis à l’obligation scolaire à partir de la rentrée scolaire du mois de septembre. Pour respecter l’obligation scolaire, il faut que les élèves soient inscrits dans une école de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de la Communauté flamande ou de la Communauté germanophone. Les élèves peuvent également être inscrits dans une école dont l’enseignement est reconnu (soit une école qui n’est pas organisée ou subventionnée par l’une des trois Communautés, comme les écoles européennes, SHAPE…). L’élève, pour respecter l’obligation scolaire, peut aussi s’inscrire dans un IFAPME ou un SFPME. Enfin, deux autres options sont que la condition est d’envoyer une déclaration d’enseignement à domicile. Enfin, il existe, en Belgique, l’obligation scolaire à temps partiel. Cette obligation signifie que les élèves doivent suivre un enseignement qui combine une formation générale et de la pratique. C’est le cas de l’enseignement en alternance et des SFPME /IFAPME. 🚸Fréquentation et absentéisme Absolument toutes les absences doivent être légalement justifiées ! À partir de la neuvième demi-journée d’absence injustifiée, la direction de l’école doit avertir la direction générale de l’enseignement obligatoire et doit convoquer l’élève concerné ainsi que ses parents. La direction devra rappeler aux parents et à l’élève leurs responsabilités quant à l’obligation scolaire. Autrement dit, les parents sont responsables de s’assurer que leurs enfants fréquentent régulièrement et assidûment l’école. Si un élève fait preuve d’absentéisme, des mesures peuvent être prises à la fois à l’égard des parents et de l’élève lui-même. En ce qui concerne les parents, s’ils ne veillent pas à ce que leurs enfants fréquentent régulièrement l’école, ils peuvent être soumis à des sanctions administratives. Cela peut inclure des avertissements écrits, des amendes ou même des poursuites pénales. Les sanctions spécifiques peuvent varier d’une région à l’autre en Belgique, puisque l’enseignement est principalement de compétence régionale. Pour ce qui est des élèves, s’ils sont absents de manière répétée et non justifiée, ils peuvent faire l’objet de mesures disciplinaires de la part de l’école. Celles-ci peuvent inclure des avertissements, des retenues, des travaux supplémentaires ou, dans les cas graves, une exclusion temporaire ou définitive de l’établissement scolaire. À noter que, généralement, les écoles mettent en place des procédures visant à résoudre les problèmes d’absentéisme comme des réunions avec les parents et l’élève, des offres de soutien ou d’un suivi personnalisé. 📰Actualité au Sénat Le 26 mai dernier, le Sénat a voté un texte de proposition de résolution demandant au gouvernement fédéral d’abaisser l’âge de l’obligation scolaire à 3 ans, contre 5 ans actuellement. 👍Les avantages de l’obligation scolaire dès 3 ans Les avantages de cette proposition sont nombreux. Chaque enfant devrait pouvoir bénéficier des mêmes chances dès le plus jeune âge, de pouvoir accéder à l’école peu importe son milieu familial ou social, mais aussi à tous les bienfaits que cela peut lui apporter. Un rythme adapté à son âge, des habitudes de vie saines et des activités en phase avec son développement par exemple. A l’heure du numérique, l’école reste un lieu où le jeu et les apprentissages rythment les journées et ça ne peut qu’être bénéfique pour nos jeunes enfants. Aller à l’école maternelle c’est bien plus que d’apprendre à se séparer de ses parents. Le travail des institutrices/teurs offre un véritable panel de propositions visant à préparer les enfants au mieux aux apprentissages scolaires de l’école primaire. Leur travail exceptionnel doit être mis en lumière et être utilisé à renforcer cette proposition du Sénat. Enfin, à 3 ans, un enfant apprend plus facilement une nouvelle langue. Nous savons que dans certaines communes ou quartiers, le fait de ne pas baigner dans le français ou dans le néerlandais peut être un véritable frein aux apprentissages des enfants. Ces deux années peuvent réellement faire la différence. L’école se doit d’être un moteur d’émancipation, d’égalité et pousser nos plus jeunes le plus haut possible. 👎Les inconvénients de l’obligation scolaire dès 3 ans Bien que l’enseignement obligatoire dès 3 ans présente de nombreux avantages, il faut aussi prendre en considération les variations des besoins des enfants de cet âge. En effet, les enfants de 3 ans peuvent avoir des besoins très différents les uns des autres. Certains enfants pourraient bénéficier d’un environnement scolaire précoce, tandis que d’autres pourraient avoir besoin d’une approche plus souple et adaptée à leurs besoins individuels. Un autre point à ne pas négliger est le manque de ressources. L’abaissement de l’âge d’entrée à l’école pourrait nécessiter des investissements supplémentaires dans les infrastructures scolaires, les enseignants et les ressources pédagogiques adaptées aux jeunes enfants. Si ces ressources ne sont pas disponibles en quantité suffisante, cela pourrait entraîner des classes surchargées et une qualité d’enseignement réduite. L’obligation scolaire, avant d’être une obligation, est une opportunité pour tous les enfants d’acquérir les savoirs et les savoir-faire pour s’intégrer au mieux dans la société. Elle permet à tous les enfants, de tout milieu, de jouir d’une égalité des chances. Rédigé par ROBBEN Maylis et EGGERMONT Amandine du GT Enseignement